"On ne peut aller de l'avant si l'on craint d'aller au socialisme" (Lénine)

CERCLE pour la construction du Parti et de l'Internationale ouvriers révolutionnaires

Supplément à CPS n°10  - 18 janvier 2002

 

Contre le gouvernement UMP (et la direction CGT), les travailleurs  d'EDF-GDF ont affirmé:

Bas les pattes devant nos régimes de retraites!

Maintien des 37,5 annuités!

 

Les agents d'EDF-GDF ont imposé aux dirigeants CGT l'exigence "ne signez pas!".

Face à l'offensive générale du gouvernement Chirac-Raffarin contre les régimes de retraite et les 37,5 annuités dans le public, il s'agit d'imposer aux dirigeants des confédérations et fédérations CGT, FO et FSU:

- Défendez les régimes de retraite et les 37,5 annuités dans le public

- préparez dans l'unité l'inévitable combat contre le gouvernement

- refusez de participer à la "concertation" qu'il organise

Les travailleurs d'EDF-GDF ont dit Non à la casse de leur régime de retraite.
Ils ont imposé aux dirigeants CGT de ne pas signer


Le 10 janvier, les agents d'EDF-GDF ont rejeté sans appel un "relevé de conclusions" visant à liquider leur régime de retraite actuel, lors d'une consultation de type "référendum" pourtant particulièrement anti-démocratique, organisée par quatre fédérations syndicales dont trois en étaient déjà signataires(!). C'est à près de 60% que les travailleurs actifs d'EDF-GDF ont rejeté la consigné de vote "pour" des dirigeants de la fédération CGT majoritaire, infligeant un camouflet à celle-ci autant qu'au gouvernement. Ainsi la direction CGT n'a pu signer ce texte qu'elle avait négocié de bout en bout.

 

Les agents d'EDF-GDF ont à l'évidence pris appui sur de nombreuses prises de positions de syndicats, notamment de syndicats CGT et sur la position de la fédération FO qui avait refusé à juste titre de participer à des "négociations" ayant comme seul objectif de liquider le régime des retraites particulier. Ils ont rejeté un texte qui liquide leur régime pour en créer un nouveau "adossé" au régime général, augmentant de 5% leurs cotisations et ouvrant la porte à l'allongement ultérieur de la durée de cotisation. Ils ont imposé une première fois en décembre, et maintenant à nouveau, à la direction CGT qu'elle ne signe pas.

La "grande presse" a marqué le coup. Car à EDF-GDF, bastion de la classe ouvrière, il s'agit pour le gouvernement Chirac-Raffarin d'ouvrir une première brèche dans les régimes de retraites particulier (en plus que de préparer la privatisation de l'entreprise), grâce à la collaboration des dirigeants syndicaux.

Aussitôt, Raffarin et Mer ont annoncé qu'un projet de loi modifiant le statut d'EDF-GDF (privatisation, régime des retraites) serait présenté avant l'été sur la base de ce protocole. Mais ce qui s'est passé à EDF indique, et pas seulement pour cette branche, que les travailleurs peuvent dicter leurs volontés aux organisations syndicales.

 

A EDF-GDF, face à la volonté affichée du gouvernement de maintenir sa politique, il s'agit d'imposer aux dirigeants CGT et FO qu'ils revendiquent le retrait du protocole d'accord, et que si tel n'était pas le cas ils appellent dans l'unité à la grève générale d'EDF-GDF jusqu'à satisfaction.

 

A EDF comme ailleurs: il ne sera pas possible de sauver les régimes particuliers de retraites sans affronter le gouvernement et lui porter un coup d'arrêt.


Tous les régimes de retraite sont dans le collimateur du gouvernement UMP et du Medef


Le dispositif gouvernemental est d'ores et déjà arrêté. Selon F.Mer (dimanche 12 – Europe 1)

"Au plus tard en juillet prochain, le gouvernement aura présenté devant l'Assemblée nationale sa politique de retraite et la fera passer"

Quelle politique? Le gouvernement veut faire passer les fonctionnaires à quarante annuités de cotisation (Chirac: "une partie du chemin a déjà été accomplie en 1993"). Il entend s'attaquer à tous les régimes spéciaux (après  EDF, la presse évoque déjà la RATP). Il veut introduire des fonds de pension individuels, source d'immense revenus pour les capitalistes ("il est souhaitable de développer l'épargne-retraite", Chirac, encore). Et globalement d'aller vers de nouveaux reculs dans les régime général et les retraites complémentaires, main dans la main avec le Medef ("il faudrait aller à 42 ou 43 années de cotisations d'ici dix à quinze ans" – Seillière). C'est le programme des capitalistes, celui du Medef, dont l'Assemblée a réservé une standing ovation à son chargé de mission Raffarin.

 

Et ces objectifs sont ceux de la "concertation" que le gouvernement veut ouvrir avec les dirigeants confédéraux et fédéraux syndicaux, nationalement, ainsi que sous l'égide des organismes de participation que sont les Conseils Economiques et Sociaux régionaux.

 

Cette concertation est supposée aboutir avant les congés d'été, date déjà choisie par Balladur (et Chirac) en 1993 pour porter un coup dur aux travailleurs du secteur privé.


Aucun "consensus" n'est possible avec le gouvernement Chirac-Raffarin


Fillon en appelait une nouvelle fois le 15 janvier au "consensus" (mais dans la bourgeoisie on n'exclut pas l'usage du référendum). Et c'est un fait que les dirigeants syndicaux ou le PCF ne disent pas autre chose, aujourd'hui, que ce que disait F.Hollande au lendemain du rejet de l'accord EDF par les électriciens et gaziers:

"Le PS  estime que la réforme des retraites doit être traitée globalement en associant tous les partenaires sociaux dans un souci de concertation et de négociation large"

 

Mais les régimes de retraites n'ont pas besoin de "réforme", en réalité de contre-réforme. Derrière les prétextes démographiques, il y a la volonté du patronat, de l'Etat, de payer de moins en moins, en bref de baisser les salaires de tout le prolétariat, dont les retraites sont une partie différée.

C'est accepter comme intangible l'affirmation de Seillière aux Echos du 13/01 "il n'est pas possible d'augmenter les cotisations des entreprises". Mais à ce compte là, autant dire qu'il n'est pas non plus possible d'augmenter les salaires, ni d'en finir avec les dizaines de milliards d'euros de cadeaux offerts aux capitalistes chaque année sous forme d'allègement de "charges", les dépenses militaires croissantes, le paiement de la dette publique. Il y aurait un déficit prévisible? Alors les patrons, l'Etat, doivent payer!

Or, l'ensemble des organisations syndicales présentes dans le Conseil d'Orientation des Retraites mis en place précisément pour accréditer la nécessité d'une réforme, ont adopté (avec les dirigeants CGT, FO et FSU) le 6 janvier une plate-forme commune, pour ensemble "aborder les négociations à venir". Et cette plate-forme ne souffle mot du maintien des 37 annuités et demie, des régimes particuliers, premières conditions du retour aux 37,5 pour tous, de l'abrogation de la réforme Balladur de 1993. Le gouvernement a apprécié:

"Cette plate-forme montre que les organisations syndicales se placent dans la démarche que nous leur proposons, c'est-à-dire dans une démarche de négociation, de dialogue, de concertation (…)c'est une initiative que je considère comme positive." (Fillon, le 8 janvier)

 

S'engager dans les "négociations" avec le gouvernement ne signifie qu'une chose: vouloir faire accepter aux travailleurs salariés (prolétaires) qu'il serait possible de trouver une bonne "réforme" de concert avec le gouvernement UMP, avec le Medef. C'est le contraire.


Pour défendre les régimes de retraite: l'affrontement avec le gouvernement UMP est inéluctable


Le gouvernement ne s'en cache pas: 2003 doit être l'année des "réformes structurelles". Autour de l'offensive contre les régimes de retraite, s'articulent d'autre contre-réformes, telles la "décentralisation" qui vise à casser des pans entiers de la fonction publique, la "réforme de l'Etat" pour laquelle Chirac et Raffarin ont promis qu'ils procèderaient par ordonnances, une nouvelle contre-réforme de la Sécurité Sociale, etc. Doivent aussi s'appliquer les lois Fillon aggravant la flexibilité et facilitant les licenciements. Avec les lois Sarkozy, lois mettant en cause les libertés démocratiques, avec l'intervention militaire coloniale en Côte d'ivoire, le gouvernement Chirac-Raffarin s'est affirmé comme un gouvernement totalement dévoué à la défense de l'ordre patronal, de l'ordre policier, de l'ordre colonial. Il est d'autant plus agressif qu'il dispose de moyens politiques considérables, mais aussi que la situation économique internationale particulièrement incertaine du capitalisme l'y pousse.

 

L'enjeu de la guerre des retraites que le gouvernement Chirac-Raffarin engagée est considérable. Le seul moyen de ne pas la perdre est d'affronter le gouvernement, de lui infliger une défaite sur cette question décisive, de se préparer au combat, à la grève générale, au moins de la fonction et des entreprises publiques.

 

Préparer l'affrontement exige aujourd'hui de combattre pour que les organisations syndicales jouent leur rôle: non pas de "discuter" de la remise en cause d'acquis fondamentaux, mais combattre en leur défense.

Ce qui signifie combattre pour que les dirigeants confédéraux CGT et FO, les dirigeants des fédérations de fonctionnaires FSU, CGT, FO, se prononcent sans ambiguïté:

Maintien des 37,5 annuités ! Défense inconditionnelle des régimes particuliers de retraite

(ce qui est la première condition à l'abrogation de la "réforme" Balladur" de 1993)

 

Et qu'ils annoncent qu'ils refuseront toute participation aux discussions ouvertes par le gouvernement pour en finir avec les 37,5 annuités et les régimes particuliers, le code des pensions.


 


En combattant pour que se réalise le front unique de leurs organisations syndicales, du PS et du PCF, contre le gouvernement Chirac-Raffarin et sa politique, les travailleurs, la jeunesse, pourront s'ouvrir la voie pour vaincre le gouvernement ULMP, et pour porter au pouvoir un gouvernement issu de ce front unique, sans représentants des capitalistes, de leurs partis.

 

Car l'offensive contre les régimes de retraite s'inscrit dans une situation où le mode de production capitaliste n'a reporté un effondrement économique  qu'en détruisant systématiquement, depuis des années les conquêtes ouvrières, les libertés démocratiques, qu'en refoulant des couches sociales sans cesse plus larges dans les bas-fonds de la misère, qu'en multipliant les guerres (Irak) et développant sans cesse l'industrie d'armement, qu'en développant un parasitisme financier qui atteint aujourd'hui ses limites sur la base d'un accroissement incessant de l'exploitation, de l'oppression.

 

Pour satisfaire les aspirations et revendications du prolétariat, telles l'interdiction des licenciements, le droit au travail, à la retraite, à la santé, il faut rompre avec les exigences du capital, en finir avec la 5ème République, rompre avec l'Union Européenne, et aller vers un plan de production élaboré en fonction des besoins des masses: exproprier le Capital.

 

Il faut porter au pouvoir un gouvernement s'engageant dans cette voie, celle du socialisme. Pour cela il faut s'organiser. Notre Cercle veut contribuer à construire le Parti Ouvrier Révolutionnaire pour le socialisme, et appelle à s'associer à cette action.

 

 

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