COMBATTRE POUR LE SOCIALISME

“On ne peut aller de l'avant si l'on craint d'aller au socialisme” Lénine

Cercle pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, de l’Internationale ouvrière révolutionnaire

Supplément ratp à cps n°27 – 15 mars 2007

 

 

Prolongation de service, Ouragan, Reflexe, … et plan d’entreprise

Comment faire front aux attaques de la Direction ? 1ère condition : rompre avec le « dialogue social »

 

« Nous allons connaître une année décisive avec l’élaboration d’un nouveau plan d’entreprise… » (« Vœux » du président, le 8/1/2007)


 

Le président n’a donné aucun objectif chiffré, mais ils sont connus. Quand il parle de « formidable potentiel de productivité », de faire en sorte que la Ratp « soit toujours plus réactive et plus performante », un « chiffre-clé » vient à l’esprit : tripler la productivité, passer donc de 200 à 600 postes à supprimer par an, soit 6 000 en 10 ans !

« Au seuil d’un séisme » (tract Cgt métro Rer du 11/9/2006) Avant que la Direction ait livré ses « 17 orientations », le 6/10, la Cgt avait dévoilé une liste des mesures que la Direction prépare et engage pour augmenter la productivité. Aperçu : « flexibilité des agents B1 avec diminution des nécessaires puis suppression des postes; diminution du taux d’encadrement; services en 2 fois pour les roulants; embauche d’intérims; réduction du temps de battement pour les machinistes… »

« Je sais pouvoir compter sur les représentants des personnels et les organisations syndicales, pour moderniser la Ratp. » (le président)

En présentant ses vœux, le pdg s’est donc adressé aux dirigeants des syndicats : « J’ai souhaité conclure dans les prochains jours un accord de méthode sur le plan d’entreprise; c’est pour moi le symbole d’un état d’esprit car quand nous sommes d’accord, il faut signer… »

« Le dialogue social constitue le moteur du changement. » Ce sont les mots, bien pesés, du président pour rappeler aux représentants syndicaux que pour lui la réussite de sa politique est déterminée par leur participation. 2 semaines plus tard, « l’accord de méthode » (« privilégier le dialogue, la réactivité et la compétitivité au service des voyageurs ») a été signé par la plupart des organisations syndicales, à l’exception notable de 3 syndicats Cgt sur 5, celui du ferré, de Bus et des cadres.


 

La prolongation de service d’une heure supplémentaire mise en œuvre : la responsabilité des dirigeants syndicaux


 

En mai 2006, la Direction présentait aux organisations syndicales le projet de prolongation de service, les samedis et veilles de férié. Dénonçant le projet qui « remet en cause l’unicité du métro et du Rer, les règles d’embauche pour les jeunes conducteurs », les règles d’utilisation et de travail des personnels, « la Stc15 et instaure de la flexibilité à la conduite »…, les syndicats « exigeaient le retrait pur et simple de ce projet scandaleux ». Et, en conclusion d’un communiqué commun, le 24/5, ils affirmaient alors que « leur détermination pour le retrait reste totale ».

Mais, à la demande de dirigeants Cgt, désavouant ouvertement ceux qui avaient responsablement représenté le syndicat, ce communiqué ne fut pas diffusé. Et les autres syndicats suivirent.

Depuis, pas une fois, la revendication centrale : « retrait du projet » ne sera défendue. [Cps Ratp avait publié les interventions - qui lui avaient été communiquées - de militants pour faire prévaloir cette prise de position : au comité ferré Cgt, le 6/6, lors de l’assemblée des militants Cgt, le 4/9]. Bien plus, à la suite d’initiative militante, une assemblée tenue à Austerlitz-10 le 16/11 appelait « les dirigeants syndicaux à se prononcer pour le retrait du projet » : position adoptée par 40 présents, puis par 100 agents de la ligne.

Au mépris de la démocratie ouvrière la plus élémentaire, le black-out fut organisé sur ces prises de position !

Au contraire, les tracts syndicaux ont martelé que le syndicat « sans ambiguïté, est pour la prolongation de service » et obsessionnellement réclamé « de véritables négociations » !

On comprend la réaction des travailleurs stupéfaits : les bonzes syndicaux nous livrent à la direction !

 

Extension de la prolongation de service : à nouveau, la responsabilité des organisations syndicales engagée

Fort de ce 1er succès, la Direction entend désormais « appliquer l’heure supplémentaire, le vendredi soir » et obtenir des « partenaires sociaux » un accord cadre avant l’été 2007 (cf. Quinzo 8/2). Négocier un accord cadre serait livrer à nouveau les travailleurs à la Direction et à son opération de productivité !

Boycott de toute négociation pour faire échec à la Direction, retrait du projet, remettre en cause ce que la Direction a commencé à appliquer depuis fin décembre, réaliser l’unité, telle est la responsabilité des syndicats.


 

Ouragan, c’est la liquidation d’une sous filière et de 500-600 postes B2 :

 « Améliorer les mesures d’accompagnement… » ? – Non ! pas un poste en moins, pas un agent en moins !


 

En votant pour le projet Ouragan, en janvier 2004, le conseil d’administration avait donné le coup d’envoi officiel à l’opération de suppression de centaines d’agents B2. Les élus, Cgt et autres, votaient pour et n’ont jamais été désavoués. Depuis, le cdep (métro) a pris le relais.

Extraits de l’intervention d’un élu Cgt au mois de janvier 2007 : « La Cgt n’est nullement opposée au programme de modernisation du métro pour laquelle elle a toujours fait des propositions concrètes ! Ce chantier a été une opportunité pour la Ratp de lancer une grande opération de productivité avec la disparition de l’ensemble d’une sous filière : la B2 avec la disparition de 500 à 600 emplois ! (…) La Cgt souhaite donc une réouverture des négociations, sans remettre en cause la protocole Ouragan et son avenant, dont la Cgt n’est pas signataire, mais afin de l’améliorer. La Cgt estime que les mesures sociales et d’accompagnement de ce protocole sont largement insuffisantes. » (bulletin des élus Cgt au cdep métro)

Et voici qu’un tract Cgt (27/2) indique en en-tête : « Surveillance réciproque : la Cgt revendique son intégration dans les services conducteurs avec une réelle qualification et une amélioration de nos déroulements de carrière »

 

« Réouverture des négociations …sans remettre en cause le protocole… améliorer… » signifie donc tout simplement : prendre en charge les contre-réformes, dresser une catégorie contre une autre (conducteurs contre B2) !

Répétons-le inlassablement : combattre la « participation », le « dialogue social » (dénoncer le protocole), démission des organismes de participation, et d’abord du conseil d’administration et des cdep ! Voilà ce qu’exige la défense des travailleurs !


 

Reflexe le prouve : les travailleurs de la Ratp rejettent résolument les opérations et les accords de « modernisation ».


Après une délégation du collectif B1 Cgt (LB) au bureau syndical, lui demandant que la Cgt retire sa signature du protocole Reflexe (mise en œuvre de la télébillétique) en mai 2006, et une adresse de 106 signataires aux organisations syndicales portant la même exigence, un tract Cgt (2/1) le confirme : 95% des agents B1 du Rer consultés sont opposés à Reflexe. Tous les syndicats sont signataires. Pour qui n’est responsable que de la défense du personnel, il n’est que temps de passer à l’acte : dénoncer le protocole et - ce qui s’en suit - combattre toute suppression de poste, défendre la qualification et les garanties statutaires.


 

 


Les travailleurs subissent, d’année en année, des reculs, la remise en cause des acquis et la Direction, elle, peut se flatter d’être « devenue leader en continuité de service par le dialogue social ».

Les organisations syndicales ont la responsabilité de défendre les travailleurs, leurs revendications : pas un poste en moins, pas un agent (statutaire) en moins; défense du pouvoir d’achat (augmentation du point nécessaire au rattrapage du pouvoir d’achat perdu et échelle mobile); grille des salaires sur le principe du respect de la qualification, excluant l’individualisation, le rendement; défense pied à pied de tous les acquis : conditions de retraite, santé, garanties réglementaires des conditions de travail, statut…

Mais que font les dirigeants syndicaux ? Il faut le constater, par exemple, que - point d’appui à une opération de destruction du régime des retraites, quand les conditions politiques s’y prêteront - le financement des pensions a pu être sorti des comptes de la Ratp, le système « adossé », c’est-à-dire annexé au régime général, sans le moindre appel à la grève, sans qu’une organisation syndicale exige et combatte pour le retrait de l’opération ! Le Monde (27-28/11/2005) pouvait titrer : « La Ratp réforme ses retraites en douceur ».


 

Les permanents se refusent à rompre avec la Direction, à combattre sa politique, à organiser la mobilisation nécessaire. Beaucoup de travailleurs manifestent leur indignation, et certains leur colère, mais l’indignation, la colère ne suffisent pas.

Les travailleurs ont à trouver les ressources pour contraindre les dirigeants syndicaux, pour que la puissance, toute la puissance des syndicats, soit mise à leur service, au service de leurs intérêts, pour qu’ils mènent au combat contre la Direction et son offensive généralisée.

Il faut y contribuer, multiplier et soutenir toute initiative militante. Il faut s’organiser pour ce juste combat.


 

Faire tout ce qui est possible pour battre Sarkozy Bayrou, Le Pen, tous les candidats des partis bourgeois

 


Depuis l’élection de Chirac et d’une écrasante majorité de députés Ump, au printemps 2002, renforcée par l’existence d’un Sénat immuablement réactionnaire et de tous les moyens ultra-antidémocratiques fournis par la Vème république, le pouvoir et le patronat ont porté les coups les plus durs à la population laborieuse. Ont été reprises des conquêtes historiques : régime de retraite des fonctionnaires; dénationalisation d’Edf-Gdf; nouvelle étape de la casse de la Sécurité sociale, de l’hôpital public. Les exonérations des cotisations patronales, c’est-à-dire le vol du salaire différé, ont atteint de nouveaux sommets; réduction plantureuse d’impôt pour les riches… Et aussi : 10 lois répressives, l’état d’urgence, pour la 1ère fois depuis la guerre d’Algérie.

Et pourtant la bourgeoisie proclame que « l’essentiel des contre-réformes reste à faire » (Le Figaro).

Si Sarkozy était élu, il a déclaré qu’il s’attaquerait en priorité : à la liquidation des régimes spéciaux de la Ratp et autres, au droit de grève dans les entreprises publiques, à la suppression massive de fonctionnaires, à une nouvelle étape dans la casse de la Sécurité sociale; il mettrait en place le contrat unique de travail – la flexibilité rêvée des patrons -… Il faut faire tout ce qui est possible pour le battre.

 

Il n’existe pas de parti ouvrier (ni même d’organisation) révolutionnaire, seul capable de présenter une alternative pour en finir avec le capitalisme, l’Etat bourgeois et tous les maux qu’ils engendrent, et de combattre pour un gouvernement ouvrier, rompant avec le moteur du profit, expropriant le capital, planifiant sous le contrôle du prolétariat les besoins des masses et leur satisfaction, œuvrant à la réalisation des Etats-unis socialistes d’Europe.

 

Dans les conditions actuelles, pour battre les candidats des partis bourgeois il faut donc voter au 1er tour pour le candidat du parti ouvrier traditionnel de son choix (Ps, Pcf) ou Lcr ou Lo; au 2ème tour pour celui y accédant.

Aucune illusion : Le Ps est un parti ouvrier traître, dégénéré, et cela vaut autant pour le Pcf. Il a constitué et soutenu, à 3 reprises depuis 1981, des gouvernements d’Union de la gauche/gauche plurielle, avec le Pcf, les Verts et d’autres partis bourgeois, au compte du capitalisme français et de son régime. L’essence de son « programme » : agir en « gérants honnêtes et loyaux » de l’impérialisme français, y compris dans ses interventions militaires en Afrique, au Proche-Orient et ailleurs.

Puis, Ps et Pcf – comme la Lcr et les dirigeants de la Cgt - ont appelé à voter pour Chirac au 2ème tour en 2002.

Si, à la suite d’abstentions ou de votes calamiteux, Sarkozy, par exemple, était élu, la bourgeoisie se sentirait, d’abord, forte d’avoir infligé une nouvelle défaite à la classe ouvrière. Si, au contraire, les candidats de partis bourgeois étaient battus, ce serait un encouragement pour les masses laborieuses, une raison supplémentaire pour exiger du Ps, du Pcf qu’ils forment et soutiennent un gouvernement sans aucun représentant de parti bourgeois; pour mettre en avant leurs revendications et de ce gouvernement en exiger la satisfaction.

Voilà pourquoi il faut voter pour le candidat du Ps ou du Pcf ou de la Lcr ou de Lo au 1er tour; pour celui qui demeure en lice, au 2ème tour (abstention si aucun n’était présent).

 

 

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