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COMBATTRE POUR LE SOCIALISME
“On ne peut aller de l'avant
si l'on craint d'aller au socialisme” Lénine |
Groupe pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire et de
l’Internationale ouvrière révolutionnaire Supplément ratp à cps n°29 –
27/9/2007 |
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discours de guerre contre le prolétariat, et une « priorité » pour Sarkozy : liquider les régimes spéciaux
de retraite
La
défense du régime de retraites, des régimes spéciaux, exige :
-
Le refus de toute négociation
-
L’unité des organisations syndicales : qu’elles appellent à la grève
générale jusqu’au retrait du projet gouvernemental
La
mise en œuvre des mesures annoncées par le président de la république, les 18
et 19 septembre, provoquerait des reculs, sans précédent depuis la Guerre, des
conditions de vie et de travail du prolétariat.
Pour
engager ce bouleversement, Sarkozy l’a souligné : « La priorité, c'est de traiter la question
des régimes spéciaux de retraites. » « L'objectif (…) : à tout
le moins, harmoniser les régimes spéciaux avec celui de la fonction publique. »
« La réforme devra être prête avant
la fin de l'année 2007. » « Dans
quelques mois, une étape décisive dans l'harmonisation des régimes de retraites
aura été franchie ».
L’alignement
sur le régime des fonctionnaires, c’est en particulier porter le nombre
d'annuités nécessaires de 37,5 ans à 40 ans, en 2008 et « demain, à 41 ans », a dit Sarkozy,
instaurer un système de décote, ne plus indexer les pensions sur les salaires…
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Depuis
longtemps déjà, la bourgeoisie a enjoint aux médias (pour l’essentiel aux mains
des grands groupes capitalistes quand ils ne sont pas soumis au pouvoir) de
mener une campagne de stigmatisation des régimes spéciaux et des travailleurs
qui sont affiliés. Son objectif va de soi : isoler les travailleurs
ciblés. Et Sarkozy a poussé à son paroxysme cette campagne contre l’existence
des régimes spéciaux en déclarant que « cette situation est indigne ».
Non,
le personnel de la Régie n’a pas à prouver qu’ils seraient « dignes »
de leur régime particulier des retraites; pas plus que les travailleurs de la
Sncf, Edf, Gdf,… n’ont à justifier qu’ils méritent leurs régimes respectifs,
arrachés par les générations précédentes aux patrons et à leur Etat !
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Voici
un gouvernement qui, d’entrée, a accordé des cadeaux gigantesques (plus de 15
milliards d’euros par an, selon les experts !) aux patrons, aux bourgeois,
aux riches, en instaurant un pillage supplémentaire de la Sécurité sociale
(suppression des cotisations sociales pour les heures supplémentaires) et des
cadeaux fiscaux, et qui se prévaut d’avoir refusé aux smicards le minuscule
« coup de pouce » habituel ! Il s’agit bien de mesures
réfléchies d’un pouvoir qui a entrepris de mettre en œuvre une politique
d’attaque généralisée contre les masses laborieuses et la jeunesse.
Avec
le déluge de contre-réformes annoncées sous les applaudissements frénétiques
des patrons, le gouvernement Sarkozy s’est fixé l’objectif d’en finir, en
quelques mois, avec des acquis historiques (généralement issus des concessions
lâchées par les capitalistes dans la situation pré-révolutionnaire
ou révolutionnaire de l’après-guerre, en Europe et en France) : poursuivre
le pillage des caisses de sécurité sociale [exonérations + charges indues +
chômage total et partiel : la responsabilité des patrons est totale dans
le « déficit » de la Sécurité sociale], étendre les non-remboursements médicaux et ouvrir toujours plus le
marché de la santé aux requins de la finance, achever la contre-réforme de
l’hôpital public, en finir avec « les
protections qui entourent les contrats de travail », « le trop-plein de droit » (sic !); déréglementer le temps de
travail, remettre en cause le smic, harceler les
chômeurs (et fusion Anpe-Unedic), supprimer un poste
de fonctionnaire sur 2 (départs en retraite), engager la destruction du statut
des fonctionnaires, l’individualisation de leur salaire…
Après
l’ouverture historique de l’Université au capital (loi sur l’autonomie), la privatisation de Gaz de
France, le gouvernement entend aussi poursuivre la privatisation des
entreprises publiques (une proposition de loi a été déposée au Sénat, se fixant
l’éclatement et la privatisation de la Ratp).
Il
y a aussi : la loi contre le droit de grève dans les transports publics,
le renforcement permanent des lois répressives, les lois anti-travailleurs
immigrés… Mais Sarkozy promet d’en finir avec la pénalisation du droit des
affaires (patrons).
Ce
qui « indigne » le pouvoir, les capitalistes, c’est que des
prolétaires aient pu conserver leur droit acquis, alors qu’ils se préparent à
de nouvelles mises en cause du régime général et de celui des fonctionnaires,
en 2008.
Notre
régime des retraites n’a pas besoin d’être justifié, mais d’être défendu.
« Afin
que le dialogue soit constructif et permanent… » (le
président de la république)
Aussi
catégorique que soit Sarkozy, son plan repose sur une condition : la
participation des directions des organisations syndicales, des confédérations
aux fédérations et aux syndicats concernés.
Le
18/9, il a insisté :
« Je crois à la réforme par le dialogue
social, je l'ai prouvé et je vais continuer. (…) Je saisis d'ailleurs cette occasion pour dire toute mon estime à ces
grands acteurs sociaux. (…) Je joue
cartes sur table : depuis le tout début, avant même mon entrée en fonctions,
j'ai reçu les partenaires sociaux pour leur indiquer l'ensemble des réformes
que j'entendais conduire (…). Depuis,
je les ai revus à plusieurs reprises… »
2
jours avant d’annoncer publiquement ce programme d’attaques généralisées contre
les travailleurs, il a appelé pour un tête à tête les secrétaires généraux des
confédérations. Ceux-ci se sont-ils dépêchés de sonner le tocsin ? Non, au
mépris de la défense des travailleurs, ils se sont même refusés à la plus
élémentaire information !
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La défense du régime de
retraite exige :
- Que les organisations syndicales se
prononcent immédiatement pour le retrait du projet gouvernemental,
- Qu’elles boycottent toute consultation;
négociation, concertation,
- L’unité des organisations syndicales,
- Qu’elles appellent à la mobilisation
générale des personnels, que d’ores et déjà elles appellent à la grève générale
jusqu’à satisfaction, c’est-à-dire : le retrait du projet.
Cette
exigence s’applique à la Ratp, et à l’ensemble des corporations concernées.
Elle concerne les confédérations syndicales comme les fédérations et les
syndicats de la Sncf, d’Edf, Gdf…
Il
va de soi que tout combat réel pour la défense des retraites exige en outre
tout refus de négocier quoi que soit dans le cadre de la loi scélérate contre
le droit de grève.
·
Réunies 2 jours après l’annonce faite par Sarkozy, les bureaux
syndicaux de la Ratp ont déclaré dans un communiqué commun : « …Le calendrier imposé nous apparaît ne pas
être de nature à un dialogue social serein et de qualité. Voulant réformer à ‘‘
marche forcée ’’, les salariés ne seront pas en capacité d'être informés ni mis
au cœur de ce débat majeur… »
En
fait, ils ont refusé de condamner la destruction du régime des retraites et
d’agir pour l’abandon du projet. Les travailleurs ne peuvent que comprendre
qu’ils acceptent la liquidation du régime des retraites.
Qu’attendent
les bonzes syndicaux ? Que les travailleurs se résignent à la suppression de
leur régime ? Qu’ils s’inclinent devant cette prise de position, avec
toutes les conséquences dévastatrices qu’elle entraîne ?
La
bourgeoisie et son gouvernement n’auraient aucune indulgence. Ils ont un besoin
trop pressant d’infliger les coups les plus brutaux à la classe ouvrière et à
la jeunesse. La situation d’ensemble du capitalisme français est
désastreuse : record du déficit du commerce extérieur; et Fillon a
lâché : « Je suis à la tête
d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier. Ca ne peut
pas durer » (21/9). Et la récession économique internationale, qui
menace, exacerberait cette nécessité (et que dire, si la crise financière, qui
affleure, éclatait !)
La
liquidation des régimes spéciaux serait un test réussi pour les patrons et le
pouvoir, les galvanisant pour faire déferler les mesures anti-ouvrières. Et
plus encore, si elle passait sans un réel combat des personnels de la Ratp, de
la Sncf, d’Edf, Gdf, tous secteurs où la classe ouvrière conserve toujours des
positions stratégiques dans la lutte des classes.
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·
Mais que les
travailleurs se dressent vent debout contre, et la situation serait
bouleversée, à leur avantage ! Désintégrant le « dialogue
social » entre les dirigeants syndicaux et le gouvernement et les
entreprises, dont le but est de les paralyser. Les travailleurs seraient en
mesure d’utiliser les syndicats à leur profit.
C’est le moment de
rappeler que depuis 1995, c’est par 2 fois que les travailleurs ont empêché la
liquidation des régimes spéciaux :
En 1995, c’est à
leur initiative que la grève a été déclenchée. La puissance du mouvement
(grèves et flot de manifestations) des cheminots, à la Ratp, des
fonctionnaires…, avait pris le gouvernement Chirac-Juppé
à la gorge et il avait fini par retirer son projet (tout en maintenant la loi
Juppé de saccage de la Sécurité sociale).
En 2003, la
détermination de la grève, le 13 mai, à la Ratp, a poussé le gouvernement Chirac-Raffarin à sortir la Régie du champ de sa loi; idem pour les autres entreprises
publiques. Les dirigeants syndicaux ont alors appelé à la reprise…
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Voilà pourquoi il
faut agir. Agir, répétons-le, sur l’orientation de rupture avec le
gouvernement : que les organisations syndicales se prononcent pour le
retrait du projet gouvernemental; qu’elles boycottent toute négociation; qu’elles
combattent pour le retrait du plan annoncé et appellent à la grève générale
jusqu’à satisfaction.
Il faut s’engager
dans des initiatives militantes. Toute initiative est précieuse. Il faut
s’organiser !
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