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"On ne peut aller de l'avant si l'on craint d'aller au
socialisme" (Lénine) |
CERCLE pour la construction
du Parti et de l'Internationale ouvriers révolutionnaires Supplément METALLURGIE à CPS n°27 - 03/03/2007 |
A Airbus : épreuve de force entre le
gouvernement et la classe ouvrière.
La responsabilité des dirigeants de la CGT,
de FO (du PS et du PCF), c’est de combattre dans l’unité pour :
Pas un licenciement, pas une
suppression d’emploi !
En 2006, les groupes du CAC 40 ont engrangé au bas
mot plus de 100 milliards d’euros de profits. Mais dans tout le pays, et
notamment dans l’industrie, les plans de restructurations et de suppressions
d’emploi (à commencer par les intérimaires) pleuvent. C’est notamment le cas
dans des entreprises largement bénéficiaires comme Alcatel-Lucent
ou dans l’automobile.
Et à Airbus, les gouvernements français et allemand
(au compte de Daimler) viennent d’engager une épreuve de force dont l’issue
concerne toute la classe ouvrière, et à ce titre captive l’attention de tous
les travailleurs. Et comment ne pas
s’indigner !
Voilà une entreprise comblée d’aides et de
commandes publiques, aux carnets de commandes remplis, qui domine avec son
unique concurrent mondial Boeing un secteur de pointe. Une entreprise, enfin,
dont les profits juteux ont été livrés au capital financier français
(Lagardère) par le gouvernement Jospin-Gayssot-Voynet.
Résultat : 10 000 suppressions d’emploi et plusieurs liquidations de
sites !
Airbus symboliserait, paraît-il « l’Europe unie ». Mensonge ! On
voit bien aujourd’hui les gouvernements français et allemand se battre comme
des chiffonniers, n’étant d’accord que sur une chose : présenter la facture
à la classe ouvrière.
Les
travailleurs n’acceptent pas ! A Airbus, les dirigeants syndicaux CGT et
FO doivent appeler à
la grève générale du groupe pour le retrait total du plan de suppression
d’emplois.
Dans plusieurs usines Airbus – EADS, en Allemagne
et en France, les travailleurs ont spontanément débrayé. Ce fut aussi le cas à
Alcatel. Ces dernières semaines, de multiples mouvements ont eu lieu dans la
métallurgie et au-delà contre les licenciements, pour des augmentations de
salaire (Areva, automobile, etc.).
Les grévistes
montrent la voie ! Encore faut-il que les dirigeants syndicaux FO et CGT
du groupe refusent toute discussion des plans de restructuration, et appellent
à
la grève générale du groupe pour obtenir :
pas un poste en moins, pas une cession de site !
Une telle grève serait un appel d’air
extraordinaire pour tous les ouvriers, employés, techniciens, ingénieurs,
confrontés à de tels plans destructeurs partout en France.
La grève générale du groupe Airbus poserait
immédiatement la question, pour briser l’isolement boîte par boîte, de l’appel
par les fédérations CGT et FO de la métallurgie à la manifestation nationale des métallos à
Paris, au siège du gouvernement, avec le
soutien des confédérations, mais aussi des candidats PS, PCF, LO et LCR, avec
les moyens que leur donne la campagne électorale.
Mais aujourd’hui, les dirigeants syndicaux à Airbus
ont convoqué ... une « demi
–journée » de grève pour le 6 mars et des manifestations dispersées
dans quatre villes. L’intersyndicale FO-CFTC-CGC espère ainsi « convaincre les actionnaires et
notamment l’Etat» pour qu’ils investissent, la
direction CGT demandant quant à elle que les Etats « ou les régions » prennent une part plus importante du capital.
Bernard Thibault a d’ores et déjà annoncé une
future journée de grève « européenne ». J-C.Mailly pour FO,
majoritaire à Airbus, multiplie les rodomontades, mais
s’est fendu d’une lettre à Chirac, afin de lui demander entre autres de
défendre la partie française d’Airbus … contre
l’allemande.
Mais les travailleurs d’Airbus,
en Allemagne ou en France, ont eux le même intérêt : arracher le retrait total
du plan « power 8 ». Et, derrière le PDG Louis Gallois, c’est
précisément au gouvernement de Chirac qu’ils sont confrontés, celui-là que
Mailly voudrait charger d’être comme son porte-parole ! La grève de quatre heures, « l’eurogrève », correspondent à la volonté des
bureaucrates syndicaux de trouver un accord avec la direction et le
gouvernement.
Au contraire : seule la grève générale du
groupe peut imposer le retrait du plan de suppressions d’emplois !
Et ce serait une défaite de ce gouvernement, une
victoire au compte de toute la classe ouvrière.
Pour
enrayer les licenciements, les suppressions d’emploi,
il faut infliger une défaite au gouvernement UMP-UDF Chirac-Villepin-Sarkozy,
au Medef.
L’émoi suscité par le plan anti-ouvrier à Airbus a
poussé aussi tous les candidats aux présidentielles à s’exprimer. Et un fait
est incontestable : les candidats UMP, UDF et FN ont apporté leur soutien
sans réserves à la direction d’Airbus-EADS.
A l’évidence, de même qu’il faut, pour obtenir
satisfaction des revendications, infliger une défaite au gouvernement et au
Medef, de même il faudra lors des élections présidentielles chercher à battre
les candidats des partis bourgeois, à commencer par Sarkozy.
Mais pour autant, que réclament le PS et le
PCF ? Mme Buffet demande la convocation du parlement…. à majorité absolue
UMP ! Mme Royal demande un « moratoire »
sur les suppressions de postes, et propose avec le PS que les régions entrent
au capital d’Airbus.
Mais Airbus n’a pas besoin d’être « recapitalisé » !
Au contraire, il faut en expulser les capitalistes,
les exproprier sans indemnité ! Car c’est directement la logique du
capitalisme qui est en cause à Airbus comme dans les différents plans de
licenciements qui s’abattent. Le seul moyen d’empêcher les suppressions
d’emploi, et plus largement d’assurer le droit au travail, de satisfaire
réellement les revendications, c’est d’exproprier les grands groupes
capitalistes, notamment les banques, afin d’orienter la production en fonction
des besoins de l’immense majorité, et non plus du profit. Mais cette politique,
aucun candidat aux élections présidentielles ne la défend.
Aussi, il est clair qu’attendre les élections de
fin avril, comme y pousse le plan de « journées d’actions » échafaudé
par les dirigeants FO et CGT, serait en fait y préparer les conditions de la
victoire des partis bourgeois, du Medef. Intervenir dès maintenant pour l’appel
uni à la grève générale à Airbus, pour la manifestation centrale des métallos à
Paris, voilà aujourd’hui l’issue pour les ouvriers, employés, techniciens de l’industrie.
C’est ce que propose le Cercle pour la construction du parti ouvrier
révolutionnaire.