|
Supplément Hôpitaux 27 11 2007 “On
ne peut aller de l'avant si l'on craint d'aller au socialisme” Lénine |
Groupe pour
la construction du Parti ouvrier révolutionnaire et de l’Internationale
ouvrière révolutionnaire
Sarkozy veut privatiser
dès 2008 l’Hôpital public en s’appuyant sur le « dialogue social »
avec les directions syndicales
La
responsablité des directions syndicales CGT et FO :
Prononcez vous pour le retrait du projet gouvernemental de
privatisation
Boycottez la commission Larcher qui le prépare
Sarkozy a liquidé les régimes
spéciaux : « Cette réforme, je l’ai promise, je l’ai tenue »
Sarkozy
peut pavoiser : il a réussi à franchir la première étape dans son combat
pour liquider l’essentiel des conquêtes ouvrières arrachées par la lutte révolutionnaire
du prolétariat pour la plupart d’entre elles de plus d’un demi siècle. Il a
réussi à liquider les régimes spéciaux des cheminots, traminots, électriciens
et gaziers notamment. La responsabilité n’en incombe en aucun cas aux cheminots
et travailleurs de la RATP. Ils ont combattu avec ténacité et courage, mais ils
ont été trahis par les dirigeants syndicaux, par ceux de la CGT suivis aussitôt
par tous les autres. A la revendication de défense des régimes spéciaux,
formulée dans toutes les assemblées de dépôts SNCF et d’attachements de la
RATP, les dirigeants syndicaux n’ont cessé d’opposer de prétendues
« compensations » en échange de la mise en œuvre de la réforme
gouvernementale. Quelques heures avant que les travailleurs se mettent en
grève, le 13 Novembre, les dirigeants de la CGT immédiatement suivis par ceux
de FO proposaient, conformément au plan du gouvernement des « négociations
entreprise par entreprise » , les mêmes négociations que Thibault disait
quinze jours plus tôt refuser ! Ces négociations valaient acceptation de la réforme
gouvernementale et qui visaient ouvertement à faire reprendre le travail.
Sarkozy a « rendu hommage au sens des responsabilités des grandes
organisations syndicales. Ce n’était pas facile pour eux ». Hommage reconnaissant du gouvernement !
La défaite- trahison des
cheminots et agents de la RATP ouvre la voie à l’avalanche d’attaques contre
les travailleurs
Immédiatement
le COR (Conseil d’Orientation des Retraites où collaborent tous les dirigeants
syndicaux depuis 7 ans) a formulé ses recommandations pour l’ensemble des
retraites dans l’optique de la concertation prévue début 2008 avec les dirigeants syndicaux à savoir comme
première mesure : 41 annuités pour tous.
Quant
à la Fonction Publique, le discours de Nantes
du 19 septembre est un discours de
liquidation : un fonctionnaire sur deux partant en retraite non
remplacé, fin du recrutement sur concours, embauches nouvelles sur la base de
contrats de droit privé négociés de gré à gré, individualisation des carrières
et des rémunérations, proposition d’un « pécule » pour le
fonctionnaire qui voudrait partir, véritable prime de licenciement déguisée. Là
aussi le gouvernement associe
étroitement les dirigeants syndicaux à travers 29 réunions de concertation.
En attendant, les 23000 suppressions de poste
sont passées au budget 2008 et pour ce qui est des salaires ce sera 0%
d’augmentation générale. Quant à Sarkozy, lui, il s’est augmenté de 200%. Payés
par le rétablissement de la redevance télé pour les plus de 65 ans non
imposables sur le revenu ?
L’hôpital
public, première cible du plan de destruction de la
Fonction Publique
Au
CHU de Bordeaux Sarkozy l’a dit clairement : « La révolution
managériale que je souhaite à l’Hôpital doit être…un des premiers terrains d’application
du contrat que j’ai évoqué dans mon discours sur la Fonction Publique »
Qu’est
ce que cette « révolution managériale » ? C’est la privatisation. Le directeur de
l’Hôpital seul patron pourra d’ailleurs être un manager du privé. Les patriciens hospitaliers – dont
le statut a déjà été modifié seront rémunérés sur la base des objectifs
d’économies réalisées. L’individualisation des salaires, via « l’intéressement
individuel et collectif » des
agents sera généralisée. L’individualisation des salaires est un aspect de la
liquidation générale des garanties statutaires. Au nom de la « reconnaissance des compétences
acquises », le plan du
gouvernement prépare la déqualification générale (transférer des actes médicaux
réservés à ce jour aux médecins aux sages femmes et aux infirmières, aux aides
soignants des actes infirmiers etc.). C’est la mise en œuvre de la flexibilité
du temps de travail dont Sarkozy propose de revoir « la gestion »
La privatisation, c’est aussi la privatisation des
services : « le directeur… doit pouvoir transférer au
secteur privé des activités logistiques qui ne sont pas au cœur des missions de l’Hôpital »
La privatisation, c’est l’introduction de la notion
de « rentabilité », de « performance » à tous les
niveaux, la marche forcée vers la
disparition des déficits des établissements au prix de centaines de
suppressions de postes et d’emploi (qui
commencent par le licenciement des précaires), la fermeture de lits , de service et d’établissements ( un hôpital sur trois
selon Robert Debré !) la généralisation inscrite dans la loi dès 2008 de la tarification à l’activité .
En matière de privatisation, le séminaire d’Octobre
2007 des directeurs généraux de CHU avait d’ailleurs montré la voie à Sarkozy
en proposant quelques jours plus tôt un
changement de statut des CHU transformés « d’établissements publics
administratifs en établissement publics de santé ». Mais en réalité c’est la transformation du CHU
en entreprise privée. Les directeurs de CHU auraient la possibilité de rémunérer
librement les médecins – en augmentant leur rémunération pour éviter la fuite
vers le privé. Ils auraient une autonomie de décision en matière de
recrutement, de gestion, de rémunération des personnels
Pour les achats de matériel, pour les travaux, les
directeurs proposent que les CHU soient « détachés des contraintes imposées
actuellement par le code des marchés publics »
Fin du droit à partir à 55 ans pour les personnels soignants, rapt des
milliers d’heures dues au titre du « Contrat Epargne Temps »
Si le plan de Sarkozy doit permettre de payer
davantage les médecins « rentables », il a par contre comme
conséquence d’aggraver l’exploitation des travailleurs hospitaliers du rang.
Ainsi au titre de la « compensation » de la reconnaissance de la
qualification à Bac +3 pour les infirmiers, Sarkozy a-t-il prévu la fin du
droit à partir en retraite à 55 ans.
Quant aux millions de jours dus au personnel au titre du Contrat Epargne Temps,
il propose qu’ils soient happés par les fonds de pension : « les
hôpitaux pourraient convertir ces jours en cotisations pour financer des
retraites complémentaires »
Front Unique des organisations syndicales contre le plan de
privatisation de l’Hôpital Public
C’est
sur cet objectif que Sarkozy a annoncé la mise en place de la commission
Larcher. Cette commission a pour objectif fin novembre de faire un « état
des lieux », puis début 2008 de convoquer les « états généraux
de la démographie médicale » visant selon les mots de Sarkozy à
l’établissement d’un « diagnostic partagé » autrement dit un
diagnostic sur les restructurations à opérer, les services et établissements à
fermer etc.
Car
il est clair qu’à l’hôpital comme dans tous les secteurs, le gouvernement
Sarkozy Fillon ne peut faire passer ses
réformes sans la coopération des dirigeants syndicaux. Voilà pourquoi le même
Sarkozy a annoncé une longue phase de « concertation » tout au long
du printemps 2008 à la suite de quoi « la synthèse de la concertation
donnera lieu à une série de mesures concrètes de modernisation de
l’hôpital »
Tel
est le rôle assigné par Sarkozy aux directions syndicales : participer à
la « synthèse » - sur la base de la feuille de route fixée par
Sarkozy lui-même.
La première responsabilité des
directions syndicales en particulier de celles des fédérations de la Santé CGT
et FO est donc clair : annoncer qu’elles boycotteront la commission
Larcher et réaliseront le Front Unique contre le projet de privatisation
du gouvernement
Or,
les directions syndicales font strictement l’inverse. Dans Le Peuple d’octobre
2007, Nadine Prigent, responsable CGT Santé ose
déclarer : « Tout reste ouvert pour des solutions novatrices afin
de maintenir un système de santé fort, solidaire …. Le président de la
République a lancé la mission Larcher sur l’avenir de l’Hôpital… Nos
propositions contenues dans ce numéro du Peuple tombent à pic… provoquons le
débat avec eux et entre nous ». Sarkozy siffle les directions
syndicales pour la mise en œuvre de son plan de destruction de l’Hôpital. Non
seulement la direction de la CGT accoure, mais elle devance l’appel !
Même
son de cloche à FO. Après avoir – justement – indiqué que le discours de
Sarkozy sur l’Hôpital « remet fondamentalement en cause les bases du
statut des personnels et la nature du service hospitalier, ouvrant largement la
voie à la privatisation et à l’individualisation des rapports de travail,
la direction FO Santé conclut : « Nous rencontrerons la commission
Larcher »
L’expérience
amère des cheminots trahis par les directions syndicales vient récemment
de le montrer: les directions syndicales ne rompront pas d’elles même avec le gouvernement. Il faudra que les travailleurs leur imposent. Nous vous
invitons à vous associer aux initiatives prises par les militants du Groupe
pour la Construction du Parti Ouvrier Révolutionnaire, de l’Internationale Ouvrière
révolutionnaire pour œuvrer à ce but.
Toute
la situation politique appelle la création d’un nouveau parti pour mener le
combat contre le gouvernement. Or la politique de ce dernier découle des
exigences du mode de production capitaliste, menacé aujourd’hui par la crise
financière ouverte aux Etats-Unis.
En
s’inscrivant dans le cadre du capitalisme, le PS, le PCF, les appareils
syndicaux acceptent le principe des « réformes » destructrices, et
s’inscrivent dans la perspective d’un chômage toujours plus massif, d’une
précarité toujours plus grande, d’une vie toujours plus chère.
Revendiquer
sérieusement le droit au travail, à la
santé, aux études, au logement ou à la culture, exige de rompre avec la loi du
profit, de combattre pour porter au pouvoir un gouvernement expropriant les grands groupes
industriels et financiers; dénonçant la dette publique, impulsant la production
en fonction des besoins des masses. Bref, un gouvernement révolutionnaire,
satisfaisant les revendications, brisant la 5ème République, rompant
avec l’UE, s’engageant dans la voie qui mène aux Etats-Unis Socialistes
d’Europe.
C’est pour cela qu’il faut construire un
parti ouvrier révolutionnaire, et c’est dans l’affrontement avec le gouvernement
UMP que pourront mûrir les conditions de sa construction.