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"On ne peut aller de
l'avant si l'on craint d'aller au socialisme" (Lénine) |
CERCLE pour la construction
du Parti et de l'Internationale ouvriers révolutionnaires Supplément
enseignement public à CPS n°17 - 19/11/2004 |
Comment barrer la route au
projet de loi d’orientation
Les
premières mesures du projet de loi d’orientation ont été annoncées par Fillon
le 18 novembre sur France 2 : c’est bien un projet de guerre contre les
enseignants, les personnels, l’enseignement public :
-
obligation aux professeurs de remplacer leurs collègues absents, et même en
dehors de leur discipline
-
Formation continue placée en plus du temps de travail
-
Expulsion par milliers des collégiens vers l’alternance, et ce dès 13 ans, et
détermination à « réajuster l’enseignement professionnel
aux besoins de l’économie ».
-
Régionalisation des concours de l’enseignement.
Et
Fillon n’a pas tout dit : le rapport Thélot, base du projet (Raffarin dixit),
acclamé par le Medef, préconise d’accroître partout le poids de la hiérarchie
(regroupement d’écoles dotés d’un véritable chef dans le 1er degré,
création d’un «conseil pédagogique» dans le secondaire ).
Avec
le statut, c’est tout l’édifice de l’enseignement public que le gouvernement
veut faire entériner par l’Assemblée UMP en février prochain, en réalisant,
comme Fillon l’annonçait en octobre dans le Figaro « l’autonomie
des établissements », considérant que «nous ne sommes pas allés
assez loin dans la différenciation des moyens ».
C’est
cela que recouvre la notion du « socle minimum » : en dehors du
périmètre de ce sous-SMIC éducatif, plus aucune
garantie nationale ne subsisterait quant aux moyens, aux programmes. Fillon l’a
confirmé sur France 2 : les moyens seraient attribués en fonction des projets
locaux. Ainsi, les établissements seraient mis en concurrence, et le cadre
national de l’enseignement public passerait aux oubliettes : voilà
pourquoi Fillon a annoncé le basculement du bac vers le contrôle continu. Tout
se tient.
Pour faire passer son projet, le gouvernement veut
« porter la réforme avec les syndicats» (Fillon)
Le
21 octobre, Fillon a déclaré : « Je souhaite porter la réforme
avec les syndicats (…) aller le plus loin possible ensemble dans la
construction du projet de loi ».
Tout
le dispositif gouvernemental depuis plus d’un an y concourt, depuis le
« grand débat sur l’école » qu’ont cautionné les directions
syndicales jusqu’à des tables rondes quasi- permanentes depuis la parution du
rapport Thélot, avant que le PS et le PCF ne passent sur le devant de la scène
lors de la discussion parlementaire. « On se revoit lundi !» a
lancé Fillon à G.Aschiéri, secrétaire de la FSU, devant les caméras. Et après que
ce dernier ait salué les « objectifs » du ministre, n’ait rien dit
des revendications enseignantes pour faire des « propositions »
au ministre !
Des
« propositions » ? Mais les dirigeants syndicaux savent ce que
sera ce « projet de loi Chirac » (Fillon dixit) ! Ne savent-ils
pas que la loi de décentralisation adoptée en juillet autorise « à titre
expérimental » la création de super-établissements dans le primaire ?
Ignoreraient-ils que le plan Borloo donne une nouvelle impulsion à l’apprentissage? Ne protestent-ils pas eux-mêmes contre les
nouvelles règles du mouvement des enseignants qui « élargissent les
pouvoirs des chefs d’établissements » (pétition SNES) ? Et qui
ignore que le budget de l’éducation procède à des milliers de suppressions de
postes ?
Les
enseignants, eux, le savent : ce gouvernement, qui a cassé les régimes de
retraites, le statut d’EDF-GDF, l’assurance-maladie, facilite les
licenciements, ne peut vouloir et rechercher qu’une chose : la destruction
de l’enseignement public. Ils savent que pour vaincre ce gouvernement, la
responsabilité des directions syndicales est totale, comme ces enseignants d’un
collège de Fontenay (92) qui exigeait d’eux qu’ils rompent avec le gouvernement
et appellent «à une manifestation
nationale à l’Assemblée contre l’adoption par les députés du budget 2005 de
l’Education. ». Mais les
dirigeants syndicaux ont regardé passer le budget en agitant leurs dérisoires
« cartons rouges » tout en répondant aux convocations de Fillon pour
« porter ensemble » le projet de loi, lui ouvrant la route.
Aussi,
pour barrer la route au projet de loi d’orientation, pour empêcher la destruction des
statuts du cadre national, doit monter à l’adresse des directions syndicales
l’exigence exprimée le 9 novembre par l’assemblée générale des enseignants d’un
lycée de Nice:
« - Votre rôle n'est pas de définir de manière concertée la mise à mort
de l'école publique et des statuts des
personnel. - Rejetez de manière pure et simple de rapport Thélot!-
Ne participez pas à la concertation sur la loi d'orientation! »
Pour barrer la route au
projet de loi d’orientation, la responsabilité immédiate des dirigeants des
fédérations et syndicats de l’enseignement public (FSU, SNES, SNUIPP, SE, CGT,
FO, …), c’est :
- de rompre
immédiatement la concertation avec le gouvernement Chirac-Raffarin-Fillon,
- de rejeter le projet de loi d’orientation et engager
dans l’unité le combat pour son retrait
Depuis deux
ans le gouvernement Chirac-Raffarin et le Medef frappent à coups redoublés les
travailleurs et la jeunesse. Pour que cela cesse, il n’est d’autre issue que de
militer pour briser la collaboration des directions syndicales avec le
gouvernement, lui opposer le front unique des organisations syndicales (CGT,
FO, FSU) du PS et du PCF pour le combattre et le vaincre. La constitution d’un
tel front ouvrirait immédiatement la possibilité qu’un autre gouvernement
vienne au pouvoir, issu de ce front, dont les masses exigeraient la
satisfaction de leurs revendications les plus urgentes. Pour cela, il faut
rompre avec le Medef, les capitalistes et leurs exigences, et s’engager sur la
voie du socialisme. C’est pour cette issue que combat le Cercle pour la
construction du Parti Ouvrier Révolutionnaire. Prenez contact, participez
aux réunions qu’organise le Cercle.