Contre les 3 millions de
manifestants du 28 mars, Chirac a promulgué le C.P.E.
Il propose une « concertation »
sur une nouvelle loi … aménageant les détails du C.P.E.
A bas le C.P.E !
A bas Chirac, Villepin, Sarkozy
et leur « majorité » UMP!
● Le 28 mars, ce sont près
de trois millions de manifestants qui ont défilé dans tout le pays pour exiger
le retrait du C.P.E., et, avec ainsi porter un coup décisif qui briserait
l’offensive du gouvernement UMP-UDF et du Medef.
● Le 31 mars Chirac, retranché
derrière la constitution bonapartiste de la 5ème république, a
promulgué la loi qui crée le CPE. Chirac a aussi annoncé une autre loi, dans un
certain délai, pour en modifier des détails.
Il manœuvre, mais maintient l’essentiel : un
contrat dérogatoire pour la jeunesse, un contrat précaire pour la faire taire, la
deuxième étape, après le CNE, pour casser tout le droit du travail en France.
Comment
cela est-il possible ? Alors que des dizaines d’universités, des
centaines de lycées, sont en lutte avec une détermination remarquable, alors
que tout le mois de mars, ce sont des centaines de milliers de travailleurs et
de jeunes qui ont répondu chaque fois plus nombreux à l’appel des directions à
manifester et à faire grève, il faut répondre à cette question.
Ce sont les dirigeants syndicaux réunis le 29 mars
après-midi à Paris qui ont à en répondre.
En effet ce sont eux qui ont décidé d’écarter ce
que notamment, la coordination étudiante leur demande depuis des semaines, à
savoir l’appel à la grève générale. Ils ont écarté l’appel à une manifestation
nationale et centrale à Paris, au siège du pouvoir, là où des milliers de
jeunes ont voulu se rendre le 31 au soir : l’Elysée, Matignon, l’Assemblée nationale.
Les directions syndicales CGT, FO, FSU, UNEF, etc., ont décidé de convoquer une nouvelle journée d’actions,
à 4 jours du début des vacances scolaires. Pourquoi ? Ils ne veulent pas
« infliger une défaite politique au
gouvernement », dont ils « ne
demandent pas la démission », a précisé au nom de tous, à l’issue de
l’intersyndicale, Julliard (UNEF). Ils s’en sont tous remis à Chirac, tout
comme l’a fait la « gauche unie » (PS, PCF, Verts, LCR…), laquelle
vient de décider... le lancement d’une pétition ! Voilà pourquoi Chirac,
appuyé sur son conseil constitutionnel, a promulgué la loi. Il a déclaré à son
tour: « il ne doit y avoir ni
vainqueur, ni vaincu ». Mais la loi est promulguée : le CPE est
maintenu !
Si, il
doit y avoir un vaincu : Chirac, son gouvernement, sa
« majorité » UMP. Voilà ce que veulent l’immense majorité des
travailleurs et de la jeunesse. En engageant la préparation d’une nouvelle loi, ce
que cherche Chirac, c’est à ce que soit renoué le « dialogue social ». Villepin, désireux de renforcer le
caractère bonapartiste de la 5ème République en prenant appui sur
les défaites infligées à la classe ouvrière à l’automne, s’était dispensé, pour
passer en force. Mais la démonstration a été faite : sans concertation
avec les directions des organisations syndicales le gouvernement peut se
trouver face aux plus grandes difficultés politiques. Chirac a chargé Accoyer, chef du groupe parlementaire UMP, d’engager la
concertation pour associer les directions syndicales, le PS, le PCF, à la
future loi. Accoyer et Sarkozy ont déjà cherché à
prendre contact.
La première responsabilité des dirigeants
syndicaux, c’est de refuser toute concertation, toute coopération avec le
gouvernement ou ses chargés de mission de la « majorité » UMP, ultra-minoritaire dans le pays.
Le gouvernement veut faire voter une deuxième fois
le CPE, relooké, à l’Assemblée nationale ? On
peut l’en empêcher !
Pour cela, la jeunesse, les
travailleurs, doivent imposer aux directions syndicales tant qu’il en est
temps :
Aucune concertation avec la « majorité »
UMP, avec le gouvernement
Appelez à la manifestation nationale, à l’Assemblée,
pour l’abrogation du C.P.E.
Appelez immediatement pour vaincre le gouvernement À
la grève générale
Etudiants, travailleurs, jeunes. Les revendications ne s’arrêtent pas à l’abrogation du
C.P.E. Mais si le gouvernement ne
capitule pas en retirant le C.P.E., alors aucune revendication ne pourra être
satisfaite. S’il ne subit pas une défaite, alors inévitablement il reprendra
l’offensive et continuera de semer le malheur et la misère dans le pays. S’il est battu, les conditions seront
propices pour chasser Chirac, son gouvernement, sa « majorité »
UMP, sans attendre 2007, porter au pouvoir un autre gouvernement, un
gouvernement d’unité des organisations du mouvement ouvrier, sans représentants
de la classe capitaliste.
Assurer le droit au travail, c’est possible. Les besoins sont immenses.
Orienter la production de façon à les satisfaire, recruter massivement dans les
secteurs utiles, interdire les licenciements, diminuer le temps de travail pour
que tous travaillent, avec un CDI pour tous, sans flexibilité ni
précarité, voilà comment on peut vaincre le chômage ! Pour cela, il faut
porter au pouvoir un gouvernement qui rompe avec la loi du profit, rejette les
exigences des patrons et des marchés financiers, n’hésite pas à les exproprier.
Dans le combat pour infliger une défaite au
gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy, pour imposer
l’abrogation du C.P.E, peuvent se regrouper ceux qui contribueront à construire
le parti nécessaire pour défendre cette orientation, le parti révolutionnaire,
pour le socialisme.
Ne restez
pas isolés ! Prenez contact !
Supplément à Combattre pour le Socialisme n°24
Cercle pour la construction du parti ouvrier
révolutionnaire, de l’internationale ouvrière révolutionnaire