"On ne peut aller de l'avant si l'on craint d'aller au socialisme" (Lénine)

CERCLE pour la construction du Parti et de l'Internationale ouvriers révolutionnaires

Supplément à CPS n°19 - 29/04/2005

 

 16 mai : A bas la « corvée » ! Non à l’instauration du travail non payé !

Les dirigeants des confédérations et fédérations syndicales doivent appeler à la grève générale

 

29 mai : Non à Chirac à son plébiscite, et à la « constitution européenne » !

 

A la veille du référendum, les dirigeants syndicaux vont-ils laisser le gouvernement instaurer le travail gratuit ?


Dans tous les secteurs, le refus de la corvée du lundi de Pentecôte s’exprime. Dans nombre d’entreprises (Shell, Basf), les patrons y ont renoncé et paieront. Ailleurs, (SNCF, Renault), la direction applique le plan du gouvernement sous des formes détournées : ils ont peur de la grève. Dans la fonction publique, le gouvernement a fait savoir sur le ton du défi qu’il veut y maintenir la corvée.

 

Les travailleurs rejettent la corvée, le « plan dépendance » : ils ont raison ! Le gouvernement Chirac-Raffarin poursuit en effet la politique qui a causé le drame de l’été 2003 : fermetures de services, suppressions de milliers de lits et de postes dans les hôpitaux, mise en pièces du système public de Santé sous prétexte de rentabilisation (avec la « tarification à l’activité »).

Le « plan dépendance » participe de cette politique. Il crée une nouvelle caisse décentralisée pour dépecer la Sécurité Sociale. Il concourt à l’allongement du temps de travail. Il instaure un précédent : le travail non payé, la corvée au compte du patron, pour extorquer aux salariés … l’équivalent des baisses d’impôts octroyées aux riches. C’est la « solidarité » ... avec la bourgeoisie, le Medef !

La responsabilité des directions confédérales CGT, FO, de la FSU, est immense. Alors que dans toutes les entreprises, dans la fonction publique, les travailleurs refusent la « corvée », il leur appartient d’appeler à une véritable grève générale le 16 mai pour l’abrogation du « plan dépendance » et de la « journée de solidarité ».

 

13 jours avant le référendum convoqué par Chirac, un tel appel à affronter le gouvernement aurait un impact immense. Or les directions confédérales et fédérales n’ont pour l’instant lancé aucun appel en ce sens, et renvoient au contraire les salariés à des appels locaux dispersés. Ils proposent même– comme les dirigeants FSU – leurs bons offices pour « organiser autrement la solidarité ». Enfin, tandis que de leur côté nombre d’élus PS ou PCF entendent faire de ce jour une journée travaillée, les directions syndicales (CGT, FSU…) noient dans d’autres revendications la seule exigence qui justifie l’appel à la grève ce jour-là: l’abrogation du « plan dépendance », le refus du travail gratuit – revendication qui, comme celles sur les salaires ne peut aboutir qu’en infligeant une défaite au gouvernement et au patronat.

 


Pour arracher les revendications salariales : rompre avec le gouvernement, le Medef, et les combattre


 

En manifestant à un million le 10 mars, à l’appel unitaire de leurs organisations syndicales, suivies par le PS et du PCF, les travailleurs ont montré qu’ils étaient prêts à combattre pour ne pas se laisser étrangler par l’inflation, la vie chère, pour rattraper le pouvoir d’achat perdu depuis des années et notamment depuis l’introduction de l’euro et la mise en œuvre des lois Aubry, lois de baisse des salaires réels. Qu’ont fait de cette force les directions syndicales ?

 

Dans le privé, ils se sont félicités de l’annonce de l’ouverture de négociations dans certaines branches et attendent maintenant gentiment un bilan pour le mois de juin… après le référendum. Mais c’est maintenant, alors qu’à leur tour, les salariés d’une filiale de Carrefour, outrés à bon droit par les 39 millions d’euros d’indemnité touchés par l’ancien dirigeant du groupe, sont entrés en grève, qu’il faut organiser le combat, dans l’unité des organisations, pour le rattrapage du pouvoir d’achat perdu. Le 10 mars l’a montré : les travailleurs y répondraient positivement.

 

Quant à la fonction publique, après avoir « pris acte » de l’aumône lâchée par Dutreil – qui ne représente même pas le maintien intégral du pouvoir d’achat sur 2004 – toutes les directions des fédérations se sont engagées dans un cycle de discussions avec le gouvernement. Mais, au travers de celles-ci, le gouvernement veut aboutir, et Dutreil ne s’en cache pas, à la destruction des corps statutaires et des garanties collectives qui y sont liées – même s’il n’a pu faire passer au cou aux syndicats la corde de « l’accord de méthode » qu’il voulait faire signer aux dirigeants. La satisfaction des revendications des travailleurs de la fonction publique, le rattrapage du pouvoir d’achat perdu depuis 2000, la défense du statut, exige que soient rompues ces discussions, et que l’unité des organisations syndicales se réalise à cette fin.

 

Mais dans le privé comme dans la fonction publique, un constat s’impose. A moins que les travailleurs parviennent à l’empêcher par leur intervention, tant sur les salaires que face à la « corvée » du 16 mai, le dispositif des directions CGT, FO, FSU, repose sur le principe de ne pas affronter le gouvernement, et de reporter autant que possible les échéances au lendemain du référendum…à l’occasion duquel aucune n’appelle ouvertement à voter « non» !  

 

Or, l’enjeu principal de ce référendum rejoint le combat pour arracher les revendications et en finir avec les contre-réformes : c’est infliger une défaite à Chirac et son gouvernement UMP-UDF.

 


Ce que Chirac attend du référendum : les moyens de poursuivre sa politique ultra-réactionnaire


 

Pourquoi Chirac a-t-il organisé le référendum du 29 mai – une fois assuré du soutien du PS ? Pour faire ratifier la « constitution» ? Il lui suffisait de réunir les parlementaires en congrès. Pour la « démocratie » ? Ce référendum est une escroquerie politique et anti-démocratique puisqu’il s’agit de faire voter sur un texte quasi-illisible et interminable.

 

Chirac veut un « oui ». Il veut un succès politique pour relancer son offensive après le 29 mai, avec en ligne de mire le code du travail, le statut des fonctionnaires, la recherche publique, la privatisation d’EDF-GDF, et dès le 31 mai, la « réforme » du baccalauréat.

De son côté, l’Etat-major du PS le mesure très bien : si les travailleurs votent « non », ce sera d’abord contre Chirac et sa politique. Voilà pourquoi ils répètent que cela ne serait possible qu’en 2007. Mais c’est archi-faux : si le « non » l’emporte, Chirac aura subi une brutale défaite politique.

 

Voilà pourquoi les directions des organisations syndicales devaient appeler à voter « non à Chirac » le 29 mai, ce qu’elles se sont refusées à faire - alors qu’elles n’avaient pas hésité sauf exception à appeler à voter Chirac en mai 2002, de même qu’aucune n’a remis en cause le « droit » de Chirac à organiser ce référendum-plébiscite.

De son côté le PCF, associé à la LCR et à une ribambelle d’ex-ministres « gauche plurielle », dit « non » … à la « constitution Giscard », au lieu de combattre l’ennemi que les travailleurs chercheront à atteindre le 29 mai en votant « non » : Chirac, son gouvernement, sa politique.

 

Tous se situent ainsi sur le terrain que voudrait imposer la propagande officielle : « pour ou contre l’Europe ». Mais qu’y a t’il donc dans ce nouveau traité constitutionnel de « l’UE», ce cartel des capitalismes européens que promeut Chirac? C’est un texte réactionnaire de bout en bout.

 


La « constitution » européenne : un concentré de la politique du gouvernement Chirac-Raffarin


 

Les Chirac-Raffarin ont négocié, signé et défendent ce traité. C’est bien normal : celui-ci est un instrument au service de la politique qu’ils mènent depuis trois ans, une de destruction du secteur public (EDF-GDF, loi d’orientation contre l’école) et de toutes les garanties collectives arrachées par la classe ouvrière (sécu, retraites).

 

C’est cette politique que « constitutionnalise » la partie III du traité sur plusieurs centaines d’articles. Chirac et Hollande prétendent, mensongèrement, que cette partie ne serait que la reprise des traités existants (pourquoi alors les soumettre au vote ?). Cela n’amène qu’une seule réponse : a bas l’« Union européenne », cette instance de collaboration conflictuelle des principales bourgeoisies européennes qui leur sert à faire passer des mesures scélérates… au nom de « l’Europe ».

Toutes les dispositions de ce traité sont au service du capital financier, jusqu’à l’introduction du « droit » au lock-out patronal dans la « charte des droits fondamentaux », texte indicatif, mais réactionnaire et marqué de l’empreinte de la doctrine catholique.

 

Quant la partie I du traité, qui réorganise les instances de l’UE, et permet d’aller vers l’UE à plusieurs vitesses que veulent les bourgeoisies allemande et française pour gérer à leur aise l’élargissement de l’UE, elle est tout aussi nocive pour les travailleurs. Elle donne l’essentiel des pouvoirs de l’UE au Conseil des gouvernements et à la commission, y compris celui de modifier directement les législations nationales !

 

Le soutien de la majorité des pays de l’UE à la guerre impérialiste contre l’Irak est venu en attester : l’UE n’a rien à voir avec une Europe réellement unifiée, délivrée du joug du grand capital et de la concurrence acharnée que se livrent les grands groupes nationaux. L’unité européenne ne pourra être réalisée que sous la forme des Etats-Unis Socialistes d’Europe – et pour cela, le prolétariat doit prendre le pouvoir dans chaque pays.

 

La constitution européenne, elle, est un texte réactionnaire sur toute la ligne, parfaitement en accord avec la politique du gouvernement Chirac-Raffarin, et avec la politique que mènent contre leurs classes ouvrières les gouvernements des principales puissances européennes.

 


Le 29 mai : non à Chirac à son plébiscite, et à sa « constitution européenne » !


 

Si le « non » l’emporte le 29 mai, ce sera que, malgré la position de l’ensemble des directions des organisations traditionnelles du mouvement ouvrier, militants et sympathisants du PS, du PCF, syndiqués à la GCT, à FO, à la FSU, à l’UNEF, seront allés utiliser le bulletin « Non » pour dire : « Chirac, dix ans, ça suffit ».

 

Cela poserait immédiatement la question de chasser Chirac et sa « majorité » UMP à l’Assemblée, de porter au pouvoir un gouvernement issu du front uni des organisations du mouvement ouvrier, front uni dont les travailleurs ont un impératif besoin pour l’opposer au gouvernement Chirac-Raffarin, en finir avec sa politique.


 

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La politique répondant aux aspirations des travailleurs existe :

Rattrapage du pouvoir d’achat perdu et sa garantie par l’échelle mobile des prix et des salaires ; gel des loyers, interdiction des expulsions, annulation des dettes qui écrasent les familles de travailleurs. Interdiction des licenciements, du travail précaire, diminution massive du temps de travail pour assurer le droit au travail tout en liquidant la flexibilité introduite par les lois Aubry. Abrogation des « réformes » de casse de la Sécu, l’arrêt immédiat des exonérations de charges, dénonciation du paiement de la dette publique pour embaucher massivement dans les secteurs publics. Elaboration d’un plan de production, de construction de logement, pour répondre aux besoins des masses.

Pour cela il faut non seulement rompre avec l’Union Européenne et ses traités, mais rejeter les exigences des capitalistes, s’engager dans la voie de l’expropriation du capital.

C’est sur cette orientation que combat le Cercle.

C’est pourquoi il appelle à voter « non » le 29 mai.

Prenez contact, participez aux réunions qu’organise le Cercle !  


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