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"On ne peut aller de l'avant si l'on craint d'aller au
socialisme" (Lénine) |
GROUPE pour la construction du Parti et de
l'Internationale ouvriers révolutionnaires Supplément
à CPS n°31 - 23 février 2008 |
Pressé par la crise économique, Sarkozy
concocte déjà, dans la « concertation » avec les appareils syndicaux,
une nouvelle vague de contre-réformes pour après les municipales.
La question de l’heure pour les travailleurs
et la jeunesse, c’est, en brisant la collaboration des directions syndicales
avec le gouvernement UMP, en leur imposant le front unique:
Faire barrage au gouvernement Sarkozy-Fillon
Le FMI vient d’abaisser considérablement sa
prévision de croissance pour la France en 2008. Pour le prolétariat, cela
annonce une vague de fermetures d’usines, de suppressions de postes dans tous
les secteurs comme chez Mittal-Arcelor, Michelin, et
autres Alcatel. La crise économique,
précipitée par la crise financière, signifie licenciements en cascades, allongement
de la durée du travail et « modération salariale » (pas pour les
patrons du CAC 40), alors que l’inflation s’accélère, que les conditions
d’existence de l’immense majorité de la population deviennent chaque jour plus dures.
Mais pour les capitalistes français, en difficulté
sur le marché mondial comme le montre le déficit du commerce extérieur, la
récession qui s’amorce, les dangereuses oscillations des marchés financiers, sont
autant d’aiguillons qui les poussent à exiger séance tenante, que soient réalisées
toutes les contre-réformes nécessaires pour faire baisser le prix de la force
de travail (que le « rapport Attali » rassemble). Voilà la mission
essentielle que leur commis Sarkozy et son gouvernement entendent mener à bien
dans les mois qui viennent, et qu’ils préparent d’ores et déjà sans relâche.
Pour
le gouvernement, plus que jamais, 2008
doit être « l’année des (contre)
réformes sociales »…
Dès le lendemain des municipales, le gouvernement
et sa majorité parlementaire UMP-NC seront à pied d’œuvre pour faire de 2008
l’année de « toutes les réformes sociales» (Fillon), « l’année décisive» (Balladur). Ils ont en
effet prévu : d’allonger encore la durée de cotisation retraite ; de remettre
en cause fondamentalement l’assurance-maladie au profit des assurances
privées et d’engager la liquidation de l’hôpital public ; d’ accélérer la casse
du statut de la fonction publique, celui des enseignants ; et, après avoir
ratifié l’accord pourri sur le « marché
du travail », aller vers la liquidation de la durée légale du temps de
travail (en permettant, sous couvert de « réforme de la représentativité »des accords d’entreprise
permettant d’y déroger).
En attendant, le gouvernement s’efforce de
rassembler derrière lui tous les éléments les plus réactionnaires du pays en
multipliant les signes politiques à leur endroit, de la descente massive de
flics à Villiers-le-Bel à la poursuite du harcèlement des ouvriers
sans-papiers, en passant par la promotion répétée de l’obscurantisme religieux
le plus crasseux, la loi sinistre de « rétention de sûreté » que le
pouvoir voudrait même rétroactive, sans oublier une nouvelle intervention
militaire aux côtés du dictateur tchadien pour défendre les intérêts de
l’impérialisme français en Afrique.
Que l’agitation effrénée de son président inquiète
jusque dans les rangs de son propre parti, est une certitude. Mais l’exacerbation
par Sarkozy du caractère bonapartiste de la 5ème République, celle
du « coup d’état permanent », ne peut s’exprimer impunément en tous
domaines que grâce à l’appui que trouve en tous domaines le gouvernement dans
le « dialogue social » avec les dirigeants syndicaux – ainsi que le
refus du PS, du PCF, de le combattre.
…
« réformes » préparées en concertation étroite
avec les directions syndicales CGT, FO, ou FSU
Il est significatif que la « réforme du marché
du travail » soit l’un des premiers projets sur l’agenda parlementaire
après les élections. C’est la preuve que c’est l’engagement total des appareils
syndicaux dans les « négociations » qui permet au gouvernement et au Medef
d’avancer leurs pions. Ainsi, cet accord, qui rallonge les périodes d’essai,
crée de nouveaux contrats précaires, et autorise les licenciements express (la
« séparation à l’amiable » chère à Laurence Parisot), est le fruit de
mois de discussions menées sur le terrain des revendications patronales, et n’a
acquis sa force que d’une part par la signature des dirigeants confédéraux FO,
et d’autre part le soutien tacite des dirigeants CGT qui se félicitent d’avoir
« rendu l’accord signable
par les autres » ainsi que l’a rapporté la presse. Le gouvernement Sarkozy-Fillon avait déjà pu mesurer sur la réforme-destruction des régimes spéciaux à quel point la
« concertation », le « dialogue social », étaient des armes
décisives entre ses mains. Sarkozy ne saluait-il pas cette réforme en novembre
dernier en ces termes : « on a
été heureux de trouver des partenaires sociaux qui ont pris les
responsabilités » ? Il n’en va pas autrement pour la
« réforme » de privatisation des universités, passée grâce au soutien
apporté par la direction de l’Unef (liée au PS),
« réforme » que mettent en œuvre les dirigeants syndicaux FSU, UNEF,
CGT, etc. au sein des conseils d’université ou en
participant au plan « réussite en licence ».
Le gouvernement a donc décidé d’accroître encore
l’association des dirigeants syndicaux à la mise en œuvre de sa politique. Fin
décembre dernier Sarkozy les recevait pour qu’ils s’inscrivent dans son « agenda 2008 » de contre-réformes,
avant de réitérer début février sur l’assurance-maladie. Les directions
syndicales siègent aussi au Conseil d’Orientation des
Retraites, ce qui cautionne l’allongement de la durée de cotisation que ce
dernier préconise.
Voilà aussi pourquoi la casse du statut de la
fonction publique passe par la tenue de « conférences » associant les
directions syndicales. Ces mêmes directions ont accepté le cadre des « négociations »
salariales qui aboutissent à un nouvel affront pour des millions de fonctionnaires
en terme de baisse du pouvoir d’achat, alors que l’inflation bat des records, et
à la fois à la remise en cause de la grille salariale, du statut. Dans
l’enseignement, alors que le gouvernement met en musique la liquidation de
dizaines de millier de postes dans le secondaire et d’heures de cours dans le primaire,
le ministère a ouvert une concertation sur l’objectif de casser définitivement
les statuts des professeurs.
Cette concertation tout azimut est d’autant plus
nécessaire au gouvernement que dans le pays les travailleurs cherchent, malgré
les défaites de l’automne, les voies du combat contre les licenciements, les
suppressions de postes, de l’augmentation générale des salaires – comme
l’attestent plusieurs grèves récentes. La grève dans le commerce en particulier
l’a à nouveau montré : dès lors qu’une esquisse de front unique des
organisations syndicales se forme, les travailleurs répondent à leur appel. A
l’Oréal, un responsable syndical cité par Le
Monde déclare même avoir été « débordé
par la base ».
La ligne à suivre pour stopper l’offensive du
gouvernement et du Medef est donc claire : militer pour briser la
collaboration étroite des appareils syndicaux avec le gouvernement, pour le
front unique des organisations du mouvement ouvrier (syndicats et partis) pour
affronter le gouvernement.
Municipales, cantonales : comment voter pour le front unique contre le gouvernement Sarkozy-Fillon
Mais à la politique des dirigeants syndicaux se
combine celle du PS et du PCF, qui s’ingénient à barrer toute issue politique
aux travailleurs. Alors que les travailleurs s’apprêtent à se tourner vers les
candidats et les listes présentés par le PS et le PCF aux élections municipales
et cantonales, S.Royal, B.Delanoë (PS), A.Gérin ou
J-P.Brard (PCF) viennent-ils de signer un appel aux
côtés des Bayrou (Modem), Villepin (UMP), Chevènement ou Leroy (NC) pour
inviter Sarkozy à inscrire son action dans la continuité de « cinquante ans » de 5ème
République, Royal précisant dans Le Monde le
sens de ce texte : «c’est précisément
parce que je suis pour les réformes qu’un bon fonctionnement des institutions
est indispensables ». Le PS a également majoritairement permis que
soit adopté sans coup férir le traité de Lisbonne, remake de la
« constitution européenne ».
Aux municipales, cette orientation se traduit par
la recherche générale d’alliances avec des formations bourgeoises, non
seulement les habituels résidus radicaux, citoyens, les Verts, le PS les
poussant parfois jusqu’au semi-cadavre du Modem de
Bayrou. Ces listes d’alliance avec les partis bourgeois reçoivent de plus ici ou
là le renfort dès le 1er tour des candidats d’extrême-gauche
(LO, mais aussi PT).
Or, il est impossible de réaliser un seul pas en
avant vers la satisfaction de besoins les plus pressants de la population
laborieuse sans rejeter les exigences des capitalistes, de la bourgeoisie
française décadente et corrompue. Pour rattraper le pouvoir d’achat perdu et le
garantir par l’indexation des salaire sur les prix, pour en finir avec les
licenciements, et assurer le droit au travail en diminuant la durée du temps de
travail jusqu’à embauche de tous les chômeurs, sans flexibilité, et créer les
emplois nécessaires dans la fonction publique, pour abroger l’arsenal de
mesures réactionnaires et policières de la 5ème République, pour
garantir le droit à la santé, à une retraite digne, bloquer les loyers,
exproprier les logements vacants et construire les immeubles nécessaires pour
en finir avec la crise du logement, il faut combattre pour que vienne au
pouvoir un gouvernement révolutionnaire s’engageant dans la voie de
l’expropriation du capital, pour organiser la production en fonction des
besoins des masses, mettre à bas la 5ème République, aller vers les
Etats-Unis Socialistes d’Europe.
Cette politique, qui fait retomber sur les
capitalistes les conséquences de leur crise et non pas sur le prolétariat et la
jeunesse, a comme premier mot le combat pour l’unité des seules organisations
du mouvement ouvrier (syndicats, partis) contre le gouvernement Sarkozy, pour
un gouvernement émanant du front unique. Dans les élections municipales, cette
exigence ne peut se traduire qu’en
rayant, sur les listes présentées par le PS et le PCF les noms des candidats
des partis et formations bourgeois, et en votant aux cantonales pour les
candidats de ces partis (ou ceux de LO ou de la LCR).
Alors que la crise économique n’en est qu’à ses
débuts, alors que le gouvernement prépare dans la concertation avec les
appareils syndicaux une nouvelle vague de « réformes », l’approche
des municipales souligne l’absence d’un parti ouvrier révolutionnaire
représentant les intérêts des ouvriers, employés, travailleurs de la fonction
publique, de la santé, travailleurs immigrés, jeunes. Le devoir des prolétaires
et des jeunes les plus conscients est de se regrouper, de s’organiser pour
construire un tel parti, dont les éléments pourront se réunir dans le combat
uni contre le gouvernement de Sarkozy. C’est ce à quoi les
invite le Groupe pour la construction du parti ouvrier révolutionnaire.