"On ne peut aller de l'avant si l'on craint d'aller au socialisme" (Lénine)

CERCLE pour la construction du Parti et de l'Internationale ouvriers révolutionnaires

Supplément à CPS n°16  - 16/09/2004

 

Pour stopper l’offensive généralisée du gouvernement Chirac-Raffarin

 contre les travailleurs et la jeunesse, agir pour :

- la rupture des directions des confédérations et fédérations (CGT, FO, FSU) avec le gouvernement et le patronat

- le front unique des organisations ouvrières (syndicats, partis)
pour les combattre et les vaincre

Le gouvernement UMP-UDF Chirac-Raffarin y va « vite et fort » (Seillière)


En juin dernier, stimulé par l’approche des « réformes » de l’assurance-maladie et du statut d’EDF-GDF, Seillière au nom du Medef invitait le gouvernement à « mettre en œuvre l’ensemble des réformes à faire » en ces termes : « allons-y vite ! allons-y fort ! ». Joignant les actes aux paroles, le patronat lançait l’offensive pour allonger sans frais le temps de travail. Le gouvernement UMP-UDF a pris le relais : il élabore un projet de loi à cette fin, projet qui vise aussi à faciliter les licenciements et laminer le code du travail.

 

En cette rentrée, c’est dans tous les domaines que le gouvernement UMP-UDF satisfait les desiderata patronaux. Ainsi, le projet de loi de « cohésion sociale » de Borloo, dont Raffarin se vantait ouvertement (dans le figaro fin août) : « Ce plan rompt avec le traitement social du chômage ». Il s’agit en effet de priver les chômeurs de tout droit en les obligeant à accepter tout, jusqu’à des contrats au rabais sous payés (mal) nommés « contrats d’avenir »

 

Ce n’est pas tout : des milliers de bureaux de poste (et d’emplois) devraient être supprimés parallèlement à l’examen par l’Assemblée du projet de loi de « régulation des activités postales » qui met en musique les directives européennes d’ouverture à la concurrence du secteur. Le gouvernement de Chirac cherche aussi à interdire le droit de grève, pour commencer dans les transports publics. De son côté, le projet de budget prévoit encore des milliers de suppressions de postes, des milliards d’exonérations de charges pour le patronat (maintenant sous prétexte de lutter contre les délocalisations), tandis que le statut de la fonction publique est dans le collimateur avec un projet de loi de « modernisation » que le plan Borloo esquisse avec l’instauration de l’alternance comme moyen de recrutement dans la fonction publique.

 

Quant à l’enseignement public, le ministre Fillon, l’étrangleur des régimes de retraite, concocte un projet de loi d’orientation dont les éléments sont parfaitement connus, donnés par le rapport Thélot : casser le statut des enseignants et les caporaliser, généraliser l’autonomie des établissements, accroître les inégalités scolaires. D’ores et déjà, la loi de « décentralisation » permet aux collectivités territoriales de créer dans le premier degré de véritables établissements soumis aux pouvoirs locaux et dotés de petits chefs à leur botte.

 

Face à cette nouvelle vague d’assaut, une seule préoccupation devrait habiter les directions des organisations syndicales ouvrières, enseignantes, étudiantes, le PS et le PCF: tout faire pour stopper l’offensive ultra réactionnaire de ce gouvernement.


 « Je suis frappé par la lucidité des sommets syndicaux » (Seillière)


Or en cette rentrée, c’est Seillière qui se dit certain de pouvoir compter sur les directions syndicales :

« Je suis frappé par la lucidité des analyses faites au sommet dans les syndicats sur la nécessité de réformer par le dialogue social. Alors, bien sûr, il demeure - et c'est compréhensible - bien des résistances à la base. Mais l'attitude actuelle des syndicalistes français nous donne le sentiment que l'on pourra amplifier, comme c'est le cas dans toute l'Europe, des négociations de partenariat. » (Figaro magazine du 28 août)

 

Et c’est un fait : alors qu’un déluge d’attaques s’abat sur les travailleurs et leurs familles, les directions des confédérations et fédérations syndicales, et aussi le PS, le PCF, s’associent à la mise en place de cette politique.

« Où sont passés les syndicats ?» fait mine de s’interroger Libération du 10/09, soulignant à l’envi « l’atonie » et la « passivité » des directions syndicales (celle de la CGT a même annoncé qu’elle ne mènerait aucune campagne à a rentrée).

« Où sont passés les syndicats ? » Dans les couloirs des ministères. Les directions confédérales CGT et FO se sont rendues aux discussions sur la limitation du droit de grève dans les transports, la direction CGT cheminots affirmant partager l’objectif de « faire baisser la conflictualité » et affirmant « ne pas fuir ses responsabilités ». Les directions confédérales n’ont pas émis d’opposition au plan Borloo, y pointant des « insuffisances » (Thibault, CGT) et ont participé aux discussions sur l’allongement de la durée du travail, proposant leurs bons offices, tel J-C.Mailly (FO) : « nous allons dire au ministre des Relations du travail que des assouplissements existent déjà, et qu'ils sont d'ailleurs très peu utilisés par les branches professionnelles. » (Libération du 30/08). Le tout en qualifiant d’acquis les lois Aubry de flexibilité à outrance, lois dont se félicite publiquement le patron de PSA. Dans l’enseignement, la direction de la FSU veut s’engager dans la concertation sur le projet de « loi d’orientation ».

Où tout cela mène-t-il ? Le gouvernement Chirac-Raffarin est un gouvernement de guerre contre les travailleurs, la classe ouvrière. Va-t-on discuter avec l’état major ennemi de la manière dont il doit réaliser ses objectifs ?

 

Où tout cela mène-t-il ? Aux pires défaites, à la liquidation des acquis les plus fondamentaux.


Militer pour imposer aux directions syndicales que cesse la politique
qui a permis la casse de l’assurance-maladie et du statut d’EDF GDF


L’été dernier, le gouvernement a porté des coups décisifs à deux positions cruciales arrachées par la lutte des classes du prolétariat il y a plusieurs décennies : l’assurance-maladie et EDF-GDF. Poussant le plan Juppé de 1996 à son terme, l’assurance-maladie new look va devenir un organisme d’application des coupes dans les dépenses de santé votées par le Parlement (déremboursements, fermetures de services, d’hôpitaux, flicage des assurés, des arrêts maladie), laissant le champ libre aux complémentaires, c’est-à-dire au capital financier. Pour bien le marquer, Douste-Blazy a nommé comme directeur de la nouvelle structure, l’UNCAM, un ancien dirigeant des assurances Axa.

 

Comment cela a-t-il été possible après la raclée électorale de l’UMP et l’UDF aux Régionales ? Les appareils syndicaux, le PS et le PCF, se sont associés dès le début à cette « réforme » par un « diagnostic partagé » prélude à des concertations ininterrompues se poursuivant jusqu’à l’Assemblée nationale, qui ont pavé la voie au vote du plan Douste-Blazy.

A EDF-GDF, alors que les agents avaient manifesté massivement leur volonté de combattre, les directions des fédérations se sont refusées à appeler à la grève générale pour le retrait du projet de loi Sarkozy, rééditant la politique néfaste qui avait permis au gouvernement de casser les régimes de retraites à l’été 2003. Ils ont ainsi permis au gouvernement, à Chirac, de surmonter sans encombres sa cuisante défaite électorale.

 

Au contraire, la seule voie pour défendre les revendications, sauver les acquis restants, c’est de se regrouper et militer pour que cesse la « concertation », les tractations, la collaboration des appareils syndicaux avec le gouvernement et le Medef.

C’est d’agir pour que les directions CGT FO (et FSU) rompent les discussions sur les restructurations et l’allongement de la durée du travail, le plan Borloo, le service minimum, refusent de s’engager dans la concertation sur la loi d’orientation sur l’éducation, afin de combattre pour le retrait de ces projets.


Pour combattre le gouvernement Chirac-Raffarin et lui porter un coup d’arrêt décisif,
front unique CGT, FO, FSU, PS PCF


Chirac, Seillière, le gouvernement, n’ont d’autre politique que la destruction aussi rapide et systématique que possible des acquis de la classe ouvrière. Contre eux, les travailleurs, la jeunesse ont besoin d’un front uni, celui des organisations du mouvement ouvrier (partis, syndicats), pour le combattre, le vaincre, lui infliger une défaite le mettant hors d’état de nuire.

 

Alors que se profile l’échéance de la discussion du budget 2005 à l’Assemblée, budget qui est un concentré de toute la politique du gouvernement, s’engager dans cette voie, c’est exiger que, dans l’unité, dirigeants CGT, FO et FSU, avec le PS et le PCF appellent à une manifestation centrale et nationale à Paris, pour le rejet de ce projet de budget.

C’est sur cette orientation qu’il faut agir, prendre des initiatives pour en finir avec la collaboration des directions syndicales, du PS et du PCF avec ce gouvernement ultra réactionnaire, pour que PS, PCF, CGT, FO et FSU, forment un front uni pour combattre le gouvernement de Chirac et sa majorité UMP-UDF.

 

Ainsi serait ouverte immédiatement la possibilité de chasser le gouvernement Chirac-Raffarin et sa majorité parlementaire, de porter au pouvoir un gouvernement issu de ce front dont les travailleurs pourraient exiger qu’il satisfasse les revendications.


 

Il existe une politique qui permettrait d’en finir avec les licenciements et d’assurer le droit au travail dans le respect des qualifications, le droit à la santé, au logement, à l’éducation, de procéder aux embauches massives nécessaires dans les services publics... Il faut pour cela rompre avec les exigences du Medef, de la bourgeoisie, et, pour organiser la production en fonction des besoins des masses, sous le contrôle des travailleurs eux-mêmes, procéder à l’expropriation des grands groupes capitalistes et financiers, dénoncer la dette publique. Cela exige de rompre avec l'Union Européenne, de renverser la Cinquième République, pour aller de l’avant vers le socialisme. C’est ce pour quoi lutte le Cercle pour la construction du parti ouvrier révolutionnaire. Prenez contact, participez aux réunions qu’organise notre Cercle !

 

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