Pour la satisfaction des revendications, pour en finir avec les
contre-réformes:
L’ennemi qu’il faut combattre et défaire,
c’est le gouvernement Chirac-Raffarin
Le 10 mars, à l’appel commun de
leurs organisations, plus d’un million de travailleurs et jeunes ont manifesté
leur volonté de combattre le gouvernement Chirac-Raffarin et sa politique. Ce
n’était pourtant pas le but des organisateurs, qui ne formulaient ni vraie revendication
ni objectif, sinon celui, répété à l’envi au soir du 10, de se faire « entendre ».
Mais le gouvernement n’est pas
sourd : il est à l’écoute et au service du capital financier, du Medef.
Au lieu de chercher à
« s’entendre » avec lui les dirigeants syndicaux, le PS, le PCF,
doivent rompre avec lui et lui opposer leur front uni pour le combattre et le
vaincre. C’est la clé de la situation.
Une première échéance : le projet de loi Fillon
sur l’éducation doit être voté le 24 mars !
En manifestant à 200 000 le
8 mars, les lycéens ont maintenu leur revendication : retrait du projet
de loi Fillon. Le gouvernement a reporté la « réforme » du bac,
parce que le combat des enseignants et des lycéens a amené les directions
syndicales à quitter le groupe de travail chargé de l’appliquer. Mais le projet
de loi maintien le principe du contrôle continu pour tous les examens, dont le
bac !
La « réforme » du bac
est la partie émergée de l’iceberg du projet de loi, qui vise à atomiser et
contractualiser les moyens, les programmes, et les services des enseignants établissement
par établissement.
Mais alors que depuis des
semaines des centaines d’enseignants, la « coordination lycéenne »,
ont indiqué l’objectif : manifester centralement à l’Assemblée nationale,
les directions syndicales ont multiplié les journées d’actions éclatées,
régionales, et se sont opposées à ce que les manifestants aillent à l’Assemblée
(notamment le 15 février à Paris lors de sa discussion), pour la protéger des
jeunes et des personnels. C’est aussi dans ce but que le gouvernement a
supprimé la seconde lecture de ce projet.
Cependant, il doit être voté
définitivement par la « majorité » UMP le 24 mars. Or les directions
syndicales appellent à une énième journée d’action le 15 mars et veulent
préparer une « manifestation nationale »… pour avril, après le vote
final ! Leur responsabilité est totale : ou ils appellent toute la
profession à monter à Paris le 24, à l’Assemblée pour interdire à la
« majorité » UMP de voter le projet de loi, ou ils prendraient
l’entière responsabilité de ce coup porté à l’enseignement public, aux
personnels.
A un million, les manifestants ont dit : assez de
la politique du gouvernement !
Le gouvernement Chirac-Raffarin
continue d’appliquer son programme : il applique la « réforme »
de l’assurance maladie, celle d’EDF-GDF, poursuit les privatisations, bloque
les salaires des fonctionnaires, étrangle les hôpitaux, accroît la misère.
Alors que le chômage est massif, il fait voter le projet de loi Morange, qui allonge pour la première fois depuis Pétain la
durée du travail.
Mais les directions syndicales,
le PS et le PCF, qui disent rejeter cette politique, s’y associent partout,
négocient son application. Ainsi le plan Borloo qui aide les licenciements, le
projet Morange d’allongement du temps de travail, ne
peuvent s’appliquer qu’au travers d’accords majoritaires de branche,
d’entreprise. Alors les directions confédérales doivent exiger l’abrogation
de la « réforme » du temps de travail, appeler au boycott à tous les
niveaux des négociations d’application de ces textes !
Les travailleurs veulent aussi,
nombre de grèves ouvrières récentes (PSA Aulnay, Airbus) l’attestent, que soit
rattrapé le pouvoir d’achat perdu notamment avec la baisse des salaires réels fruit
des lois Aubry, l’instauration de l’euro, la spéculation immobilière, la hausse
des impôts locaux.
Les directions syndicales
doivent revendiquer : rattrapage du pouvoir d’achat réellement perdu, combattre dans l’unité à cette fin. Cela implique
que les directions des fédérations de fonctionnaires doivent refuser de
rencontrer le ministre Dutreil qui les invite à discuter
« sans tabou » des « pistes de réforme »,
c’est-à-dire de la destruction de la grille des salaires de la fonction
publique.
On ne peut obtenir satisfaction
de ces revendications, en finir avec cette politique, qu’en infligeant une défaite
au gouvernement, au Medef. Là est la responsabilité des dirigeants des
organisations du mouvement ouvrier.
Et maintenant ?
Thibault (CGT) a annoncé des
« suites » au 10 mars. Les appareils dressent pourtant déjà le
couvert des journées d’actions à répétition qui a mené à la défaite en mai juin
2003. Pourquoi ce dispositif, sinon parce que chez les dirigeants syndicaux, le
PS, le PCF, « personne ne remet en cause la légitimité du
parlement » (Mailly, FO) ? Le Monde
du 11 mars souligne : « Le gouvernement a la « chance »
d’avoir face à lui des organisations syndicales responsables ».
Le devenir du gouvernement est
entre les mains des directions syndicales, du PS, du PCF. Et le
camouflet de la direction CGT sur la « constitution » européenne l’indique :
les directions syndicales ne font pas ce qu’elles veulent.
Le 10 mars, les travailleurs
ont répondu en masse à l’appel de leurs organisations. Nul doute qu’ils
répondraient positivement l’appel des directions CGT, FO, FSU, du PS, du PCF,
dans l’unité, à la montée de la classe ouvrière, de tous les travailleurs, de
la jeunesse, à un million et plus à l’Assemblée nationale pour exiger: assez de
cette politique ! Dehors la « majorité » UMP-UDF
et Chirac!
La rupture des organisations
ouvrières avec le gouvernement, la réalisation de leur front unique contre lui
permettrait de le balayer, et que vienne au pouvoir un gouvernement issu de ce
front, appuyé sur la mobilisation des masses, pour appliquer une politique
conforme aux besoins des travailleurs, de leurs familles. Pour cela, il
faut rompre avec les exigences du capital et s’engager dans la voie qui mène au
socialisme. C’est pour quoi combat le Cercle pour la construction du parti
ouvrier révolutionnaire. Prenez contact, Rejoignez-nous !