Déclaration
du groupe pour la construction du parti ouvrier révolutionnaire,
de l’internationale ouvrière révolutionnaire
Les agents de la SNCF et de
la RATP ont rejeté les négociations-trahison
proposées par B.Thibault (CGT)
Sarkozy (+206%)
martèle : « je ne reculerai
pas » et envoie ses flics tabasser les étudiants en grève.
L’enjeu est crucial, et
l’Elysée l’a fait savoir :
« si on ne fait pas cette réforme des régimes
spéciaux,
autant tout arrêter car nous n’en
ferons aucune »
Le gouvernement Sarkozy-Fillon a en effet planifié au compte des
capitalistes français dans les mois qui viennent la « réforme du marché du
travail » accroissant la précarité et facilitant les licenciements, une
nouvelle « réforme » des retraites avec l’allongement à 41, puis 42
annuités pour tous et la baisse des pensions, la casse du statut de la fonction
publique avec ses traductions immédiates aux Finances, à l’Hôpital
public et dans l’enseignement public.
Pour Sarkozy et Fillon,
ouvrir la voie à ces « réformes » exige de briser les régimes
spéciaux. Voilà
pourquoi le gouvernement, le patronat, la majorité UMP, relayés par leurs
chiens de garde médiatiques, sont acharnés à en finir avec la grève à la SNCF
et la RATP. Mais la vérité exige de dire
que le gouvernement comptait et compte surtout sur la politique des dirigeants
syndicaux. A la veille de la grève, B.Thibault et D. Le Reste (suivis par les
autres directions syndicales) ont en effet pris l’initiative de se rendre au
ministère poignarder la grève dans le dos en « échange » de
« négociations tripartites » dans chaque entreprise. Le ministre
Bertrand a pu déclarer publiquement, sans démenti, « j'attends tout simplement que l'on fasse ce qui m'a été dit dans mon
bureau, à savoir que l'on appelle à la suspension du conflit ». C.Guéant,
conseiller spécial de Sarkozy, a carrément remercié Thibault ! Ces
« négociations », a précisé Bertrand, ne peuvent remettre en cause la
« réforme »-destruction des régimes spéciaux, la liquidation des 37,5
annuités, point d’appui de tous les travailleurs contre l’allongement de la
durée de leur cotisation retraite.
En
exigeant maintenant l’arrêt de la grève pour reprendre les concertations, le
gouvernement, flanqué de ses agents de la CFDT, apporte la démonstration
éclatante que le « dialogue social » est le terrain des briseurs de
grève.
Mais les travailleurs de la
SNCF et de la RATP se sont opposés à la manœuvre de Thibault. Ils ont rejeté la position
de la direction confédérale des « négociations d’entreprise »,
conspué même les tenants de cette position en Assemblée générale. Ils ont reconduit
leur grève et interdit jusqu’ici aux directions des syndicats CGT SNCF et RATP
d’appeler à la reprise. Mais ils se
battent dans des conditions hostiles. Ils sont fragilisés en particulier par la
« grève reconductible » localement et par tranches de 24 heures,
donc, une grève morcelée ce qui laisse les mains libres aux appareils syndicaux.
C’est pourquoi, dans plusieurs attachements de la RATP s’est exprimée et a été
votée l’exigence que les dirigeants syndicaux CGT, FO, etc.
refusent toute négociation d’entreprise, et qu’ils appellent à la grève
générale jusqu’au retrait du projet gouvernemental. Alors que le gouvernement
propose d’ouvrir ces « négociations » dès mercredi, la volonté des
travailleurs doit s’imposer, non celle des directions syndicales : aucune négociation, grève jusqu’au
retrait !
Les cheminots, les
travailleurs de la RATP, aspirent aussi à briser l’isolement dans lequel les confinent
l’ensemble des appareils syndicaux et auquel contribuent sur leur propre plan
le PCF et le PS (qui est pour la liquidation des régimes spéciaux). Voilà
pourquoi nombre d’entre eux ont en ligne de mire la journée du 20 novembre,
choisie par les directions des syndicats de la fonction publique pour une journée
d’action à l’occasion du vote du budget, lequel supprime près de 23 000
postes, gèle les salaires des fonctionnaires, et octroie 15 nouveaux milliards
de cadeaux aux patrons alors que le retour à 37,5 annuités pour tous coûterait
6 milliards selon les centrales syndicales.
Mais les mêmes directions
syndicales de la fonction publique sont engagées dans les quatre « conférences »
sur la fonction publique du gouvernement, qui sont un instrument préparant la
casse du statut annoncée dès le 19 septembre par Sarkozy. Combattre contre les
suppressions de poste, pour le rattrapage du pouvoir d’achat implique de
boycotter ces conférences !
Le 20 novembre
manifesteront également les étudiants, qui se sont engagés par dizaines de
milliers dans la grève pour l’abrogation de la loi Pécresse
dite « LRU », loi de privatisation de l’enseignement supérieur
public.
Ils ont face à eux le
gouvernement, ses flics, les présidents d’université et leurs conseils
d’administration qui ont déjà engagé la mise en œuvre de cette loi. Dans cette
situation tendue et périlleuse, plusieurs centaines d’étudiants de Clermont-II réunis en Assemblée générale ont indiqué la
voie du débouché : ils se sont adressés aux directions syndicales de
l’enseignement supérieur, d’abord à celle de l’Unef,
pour qu’elles exigent l’abrogation de la
loi, rompent les discussions avec le gouvernement et dans les CA, et appellent
à la grève générale des universités !
Cheminots,
agents de la Ratp, étudiants, sont en première ligne face au gouvernement Sarkozy-Fillon. Ils ne doivent pas rester isolés :
l’ensemble des travailleurs doit pouvoir intervenir à leurs côtés pour faire
capituler le gouvernement !
Les
dirigeants CGT, FO, FSU, UNEF ont la possibilité et les moyens d’appeler dans
l’unité, tant qu’il en est temps, à la grève pour :
La
manifestation centrale, nationale, de millions de travailleurs et de jeunes
à Paris, au
siège du pouvoir, sur le mot d’ordre
retrait des « réformes » Sarkozy !
(aux
confédérations, aux fédérations des transports, d’organiser la descente à
Paris)
Paris, le 17 novembre