Déclaration
du Cercle pour la construction du parti et de l’internationale ouvriers
révolutionnaires
Le 29 mai, Chirac a été
défait !
La responsabilité des directions syndicales
CGT, FO, FSU, du PS, du PCF,
c’est de rompre avec Chirac et
son gouvernement, de convoquer dans l’unité :
Manifestation centrale à un
million et plus à l’Assemblée nationale
pour exiger « Dehors
Chirac, son gouvernement, sa majorité UMP »
Le verdict du référendum est clair et net :
dehors Chirac et la majorité UMP
Le 29 mai, Chirac a pris de plein
fouet le projectile du « non ». Ouvriers, employés, personnels de
santé, de l’éducation, jeunes, le prolétariat dans son ensemble a voté
« non à Chirac », à ses contre-réformes ; « non » aux salaires
comprimés, aux loyers exorbitants ; « non » à la destruction du
secteur public, à la privatisation d’EDF-GDF ; « non » au
matraquage des lycéens et à la loi Fillon, « non » au chômage et à la
précarité.
En votant « non » à la
constitution européenne, ils ont aussi voté contre un instrument et une
expression de cette politique, « non » à tous les traités antérieurs
de l’UE, élevés au rang de « constitution » pour codifier et
sanctifier les politiques menées au sein de « l’Union Européenne » au
compte du capital financier.
Ils ne se sont pas « trompés
de scrutin », comme dit Hollande, dirigeant d’un PS en crise pour
avoir voulu à nouveau faire voter Chirac.
La crise gouvernementale,
précipitée par le résultat du référendum, leur donne raison. Il y a eu un
vaincu : Chirac. Mais encore faut-il un vainqueur.
Et tout devrait continuer comme avant ?
Chirac a chargé son majordome, Galouzeau de Villepin, de
constituer un gouvernement de crise. La mission de ce gouvernement resserré,
des « cent jours », si toutefois Chirac parvient à se
ressaisir, a été donnée par Seillière au lendemain du référendum :
« la
mise en oeuvre immédiate et accélérée d'un programme de réformes ».
Sarkozy rentre au
gouvernement ? C’est après avoir tenu un discours de guerre contre le
« système social français », avoir annoncé au soir du
référendum qu’il voulait « des remises en causes profondes, rapides et
vigoureuses, un tournant majeur ».
Or, les projets de contre-réforme
sont déjà prêts ! Villepin a affirmé qu’il
voulait « lever les obstacles » sur le marché du
travail ? La casse du droit du travail, la remise en cause des contrats de
travail, du code du travail, sont en chantier sous la houlette de Borloo, dans
le « dialogue social ».
Le statut de la fonction publique
est menacé de mort dans des négociations associant les fédérations syndicales.
Breton a planifié la
privatisation d’EDF-GDF et se vante déjà d’engager une nouvelle étape de la
« réforme de l’Etat », la suppression par milliers de postes de
fonctionnaires. Les décrets d’application de la réforme Fillon sont prêts,
tandis que les leaders lycéens sont condamnés à des peines scandaleuses. Un
nouveau pas est à l’ordre du jour vers l’instauration du service garanti dans
les transports à Paris.
Un projet scélérat contre les
travailleurs immigrés a été annoncé par Villepin,
alors à l’Intérieur.
Tout cela se prépare depuis des
semaines, ce sont les mêmes ministres, la même politique brutale qui se
concocte dans les marmites gouvernementales.
Mais comment une telle politique
pourrait-elle se mener après une telle défaite ?
Sans le secours des directions
syndicales, de celles du PS (y compris les partisans du « non »),
celle du PCF, Chirac serait réduit à l’impuissance.
L’unité des organisations du mouvement ouvrier peut se
réaliser
dans le combat pour chasser Chirac, De Villepin-Sarkozy
et la « majorité » UMP-UDF.
En convoquant les dirigeants
syndicaux à Matignon le 6 juin, comme pour préparer avec eux son discours de
politique générale, De Villepin leur a demandé un
vote de confiance anticipé, plus précieux pour lui que celui de sa propre « majorité » parlementaire.
Chirac avait appelé, lui, lors de
son intervention télévisée : « les syndicats à agir
ensemble » avec le Medef et le gouvernement « pour gagner la
bataille de l’emploi».
En acceptant l’invitation du
gouvernement et de Chirac, affirmant même « il faut attendre et
voir» (Mailly, FO) les dirigeants syndicaux se
dressent contre la volonté exprimée par les travailleurs le 29 mai, au lieu de
refuser d’aller discuter, remettre en selle, légitimer Chirac et son
gouvernement, archi-battus le 29 mai.
De même, comment Chirac
pourrait-il se maintenir dans ces circonstances si les dirigeants PS (notamment
ceux qui ont appelé à voter « non ») et PCF appelaient dans l’unité
au combat pour en finir avec Chirac ? Mais ils disent vouloir attendre
2007.
Buffet Emmanuelli, Mélanchon affirment eux que Chirac aurait été « mandaté »
par le référendum pour « renégocier » lors du sommet européen du 16
juin. Chirac, porte-parole du « non » ?!
Mais le «mandat» du référendum,
ce n’est pas la « renégociation » entre les gouvernements qui
sévissent contre tous les prolétariats de l’UE ! C’est : « Chirac,
dehors»! Et telle est effectivement la première
condition pour que cesse l’avalanche de coups contre la population
travailleuse, pour voir les revendications satisfaites.
Chirac bien entendu ne partira
pas de lui-même, ni sa « majorité » UMP.
Les dirigeants du PS (« oui » comme « non »), du PCF,
n’entendent certes pas remettre en question le fonctionnement de la Vème République. Les directions CGT, FO et FSU fonctionnent
à l’unisson.
Mais, déjà, lors de la campagne
du référendum, tous occultaient la place de Chirac, du plébiscite, et n’avaient
que « l’Europe » à la bouche. Tenants du « non » comme du
« oui » se livraient à de savantes dissections du projet de
« constitution », proposaient leurs bons offices pour
« réorienter » l’édifice réactionnaire qu’est l’Union Européenne –
dont tous les traités ont été battus le 29 mai. Quant à eux, les dirigeants des
confédérations et fédérations syndicales CGT, FO, FSU, se sont refusés à
appeler à voter « non à Chirac». Et pourtant, le résultat est
là : malgré les obstacles, le « non » des travailleurs a ruiné
tous ces artifices, Chirac a été le principal vaincu.
Et de plus, ces dernières
semaines, les centaines de milliers de manifestants du 10 mars, les grévistes
de Citroën Aulnay, de Carrefour, de Total, les manifestations lycéennes ont
traduit la volonté des travailleurs et de la jeunesse de combattre pour en
finir avec cette politique, ce président, cette majorité aux ordres du Medef.
Il y a eu un vaincu : Chirac. Il peut y avoir un vainqueur.
Pour cela il faut imposer aux directions CGT, FO, FSU, au PS, au
PCF :
- Qu’ils constituent un front uni contre Chirac, son gouvernement, sa
majorité UMP-UDF !
- Qu’ils rompent immédiatement à tous les niveaux les discussions et
concertations en cours avec le gouvernement, le Medef, dans la fonction et les
entreprises publiques, qu’ils refusent de se prêter à toute rencontre sous
prétexte de « l’emploi » avec les responsables du chômage et de la
précarité !
- Qu’ils appellent dans l’unité à la montée en masse des travailleurs
et de la jeunesse, à Paris, à l’Assemblée nationale, sur un mot d’ordre
clair :
« dehors Chirac et la
« majorité » UMP-UDF »
Assurément, Chirac, son
gouvernement, sa majorité, n’y résisteraient pas. Assurément, dans ce mouvement
se réuniraient les conditions de la venue au pouvoir d’un gouvernement émanant
de ce front uni, produit de la mobilisation des masses, dont il s’agirait
d’exiger qu’il applique une politique favorable aux travailleurs, la jeunesse.
En votant « non » à Chirac,
« non » à la « constitution européenne », les travailleurs,
la jeunesse, ont voté « non » aux politiques menées au service du
capital
Quel gouvernement assurera le
droit au travail, en interdisant les licenciements, le travail précaire, en
diminuant le temps de travail sans flexibilité pour embaucher les
chômeurs ?
Quel gouvernement assurera le droit
au logement, en décrétant le gel des loyers, l’interdiction des expulsions,
l’annulation des dettes des classes populaires, en mettant en chantier les
logements nécessaires ?
Quel gouvernement procèdera au
rattrapage du pouvoir d’achat perdu depuis 1982, sa garantie par l’échelle
mobile des salaires et des prix ?
Quel gouvernement procèdera aux
embauches nécessaires dans les secteurs publics pour assurer le droit à la
santé, à l’éducation, annulera sans indemnité les privatisations ? Quel
gouvernement abrogera l’édifice des contre-réformes et en particulier rétablira
les 37,5 annuités pour tous, abrogera la contre-réforme de la sécurité
sociale ?
Seul un gouvernement prenant des
mesures radicales, n’hésitant pas à s’affronter au Medef, à la bourgeoisie, à
ses hommes, ses partis. Un gouvernement brisant le carcan de la cinquième
République, rompant avec l’Union Européenne, dénonçant la dette publique,
nationalisant les banques, pour se donner les moyens de sa politique. Un
gouvernement issu de la mobilisation du prolétariat, c’est-à-dire l’immense
majorité des travailleurs, s’appuyant sur eux pour aller de l’avant, vers le
socialisme, pour les Etats-Unis d’Europe.
C’est pour cette politique, pour
le front uni des organisations du mouvement ouvrier (partis, syndicats) contre
Chirac et sa « majorité », pour un gouvernement émanant de ce front
que le Cercle appelle à se regrouper et à combattre, et pour commencer :
pour la réalisation de l’unité des organisations du mouvement ouvrier pour
chasser Chirac, son gouvernement, et la « majorité » UMP-UDF à l’Assemblée.
Paris, le 3 juin 2005
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