Les militant interviennent et informent Combattre pour le Socialisme
Intervention à la CE de l’Union
Départementale CGT-FO de la Loire le 11 octobre
au nom du syndicat de la métallurgie
Camarades, notre réunion se tient alors
que, à Marseille, des milliers de travailleurs et leurs familles sont pris à la
gorge, sous la menace du dépôt de bilan de la SNCM, après que, à plusieurs
reprises, les troupes d’élite de la République soient intervenues pour briser
la grève à la SNCM mais aussi sur les docks.
Cette
grève de la SNCM, autour de laquelle se sont agrégées contre tous les obstacles
les salariés du port autonome, des docks, de la Régie des Transports
Marseillais, a pris une importance extrême pour toute la classe ouvrière. Les
marins de la SNCM sont en effet sous le feu d’une opération de bradage
concentrant tout ce qui s’abat contre les travailleurs de ce pays :
privatisations, plans sociaux, casse des statuts, chantage à l’emploi.
Ils
sont confrontés, comme tous les travailleurs
de ce pays, au gouvernement Chirac-Villepin et
sa politique à la solde du Medef. Dès que Parisot exige qu’on dégage l’accès du
port autonome de Marseille, le gouvernement envoie la troupe le soir même. Sur
la SNCM, la confédération a donné des éléments permettant de comprendre comment
on en est arrivé là. Mais on ne peut en rester là. Il est indispensable, face à
une répression d’une ampleur inégalée ces dernières années, devant les
répercussions qu’aurait une défaite des marins marseillais, que la
confédération prenne position nettement, en s’adressant au gouvernement pour le
sommer : « Bas les pattes devant la SNCM ! » Ce qui
veut dire :
·
arrêt immédiat des poursuites engagées par l’Etat contre les grévistes !
·
retrait total du plan de privatisation, aucune
privatisation, ni partielle, ni totale !
·
aucun licenciement, aucune suppression d’emploi
·
maintien intégral du statut !
Je
propose que notre réunion adopte, en présence du camarade Mailly, cette
position et qu’elle s’adresse à la confédération CGT, aux autres confédérations
ouvrières pour que l’unité se réalise sur ces mots d’ordre.
Car
les travailleurs de la SNCM sont aussi confrontés à un fait qui est hélas
familier : on voit des représentant syndicaux se prononcer en faveur d’une
privatisation partielle de l’entreprise, pour un plan social acceptable. On voit des dirigeants syndicaux aller de
concertation en concertation alors que ce plan de bradage de la SNCM n’est ni
négociable, ni amendable. On voit Bernard Thibault, se rendre en urgence à
Matignon le soir même de l’intervention du GIPN et des commandos de marine
contre les grévistes. Alors que l’armée et la police traitent les grévistes,
les marins, les dockers comme des terroristes, Bernard Thibault discute avec
Villepin.
Camarades,
voilà d’ailleurs fondamentalement pourquoi notre Syndicat des Métaux avait appelé
sans ambiguïté le 29 mai dernier à voter « Non au projet de Constitution
Européenne ». Nous avons estimé que l’indépendance syndicale, ce n’était
pas l’indifférence syndicale, que le projet de TCE constituait une menace pour
les travailleurs, qu’il était nécessaire que soit condamné la politique du
gouvernement. Nous sommes heureux que les adhérents, les sympathisants de FO
aient voté massivement NON. Nous aurions préféré que la Confédération appelle à
voter NON. Néanmoins, nous apprécions le fait qu’elle se soit félicitée du
résultat. Quel fut le sens du vote NON ? Ce fut un vote contre le TCE,
mais surtout un vote contre le gouvernement Chirac qui depuis 3 ans multiplie
les mauvais coups contre les salariés. Or, le nouveau gouvernement à peine
formé, la position de notre confédération fut de dire « rendez vous aux
cent jours ». Pendant ces cent jours, le gouvernement a multiplié les
mesures anti-ouvrières, parmi lesquelles le contrat nouvelle
embauche pour généraliser les salariés kleenex.
A
la rentrée, le rendez vous des cent jours s’est transformé en cent trente. Il
me faut parler de quelque chose qui a jeté le trouble parmi les syndiqués,
parmi les travailleurs. Le camarade Mailly s’est rendu à l’université d’été du
Medef de Mme Parisot. Parisot, c’est le successeur du Baron, c’est elle qui
explique que la « liberté finit là où commence le Code du Travail »,
c’est elle qui clame que « la précarité, c’est la vie », alors que
toute l’activité humaine depuis les premiers hommes jusqu’à nos jours, c’est se
garantir, se protéger des aléas de la vie. Que l’on réfléchisse à ce que
signifie l’instauration de la Sécurité Sociale en 1945 comme combat contre la
précarité. On peut rencontrer le MEDEF lors d’une réunion normale, une
Commission Paritaire, ou quelque chose d’approchant. Mais aller à son
Université d’été, dans son cadre, là où c’est Parisot, Séllières
et consorts qui font la loi. C’est plus qu’une faute de goût, c’est une erreur
et les salariés ne l’ont pas compris.
Le
4 octobre, les organisateurs annoncent qu’il y a eu plus d’un million de
manifestants, un peu moins d’un million trois cent mille. Mais pourquoi
prétendre comme le fait l’éditorial de FO Hebdo que le
gouvernement pourrait « changer de cap » ? Chacun sait
qu’il ne le fera pas. La SNCM en atteste, toute sa politique en atteste, tout
ses choix en attestent : le Contrat Nouvelle Embauche, la chasse aux
chômeurs, les truandages fiscaux pour le budget 2006 comme vient de le dénoncer
le FMI et le Canard Enchaîné, les allègements fiscaux pour les plus riches, les
modifications sauvages dans le Code du Travail comme l’augmentation du mandat
des DP et CE de deux à quatre ans, les 18€ à la charge des assurés,
l’application des réformes de la Sécu, de l’Ecole, la
décentralisation des personnels non-enseignants de l’Education, on pourrait continuer longtemps encore…
Il est clair que pour Chirac-Villepin-Sarkozy,
il n’y aura pas d’autre politique que celle qu’ils font aujourd’hui. Et
à leur façon, ils répondent aux revendications des travailleurs en tapant de
plus en plus fort, en envoyant le GIGN contre les grévistes, en multipliant les
atteintes au Code du Travail, etc…
Sur
la question des salaires, le slogan « Augmentez les salaires, pas les
horaires « va très bien. Mais, tant que le patronat se sentira appuyé et
conforté par le gouvernement, il ne fera pas un geste. Le patronat n’a vraiment
lâché de véritables augmentations de salaires que quand il a eu peur de tout
perdre.
Le
camarade Mailly a donné un nouveau délai de quinze jours. Villepin a proposé le
6 au soir, une nouvelle fois, de recevoir les confédérations et de discuter
avec elles. Il a bien entendu réaffirmé qu’il ne changerait pas sa politique.
Sur les ordonnances, il compte les maintenir. Il ne s’agit pas simplement de
« contester fortement le Contrat Nouvelle Embauche » comme
l’écrit FO Hebdo, mais il faut exiger son abrogation, il faut exiger
l’abrogation de toutes les ordonnances. D’autant plus que la loi leur
permettant d’être validée n’a pas encore été votée, et que donc rien n’est
terminé. Alors, oui, on ne va pas donner encore quinze jours à ce gouvernement.
La
première urgence, c’est de prendre position sur la question centrale de
l’heure, la SNCM, ainsi que je l’ai proposé tout à l’heure. Non parce que nous
sommes marseillais ou parce que nous sommes marins, mais parce qu’elle résume
la situation sociale toute entière.
La
seconde urgence, c’est de répondre « non » à l’offre de Villepin de
repartir pour un tour de concertations. Y participer serait faire accroire que
le gouvernement peut donner satisfaction aux travailleurs, ce serait permettre
à ce gouvernement de gagner du temps et de poursuivre pendant ce temps sa
politique.
Or,
précisément, une échéance centrale de cette politique s’annonce. Je veux parler
de la discussion du budget 2006. Il concentre ce qu’est la politique du
gouvernement : les milliards d’euros d’aides au patronat, les suppressions
de poste dans la fonction publique et la compression des salaires des
fonctionnaires, qui pèse évidemment sur les salaires dans le privé, les cadeaux
fiscaux aux bourgeois, etc… Alors, après le 4 octobre
et ses manifestations décentralisées, la confédération doit prendre
immédiatement position pour l’appel uni à une immense manifestation centrale de
tous les travailleurs du privé et du public, à l’Assemblée
nationale sur un mot d’ordre clair :
Á
bas le budget Chirac-Villepin-Sarkozy !
C’est
la seconde proposition que je soumets à l’approbation de notre assemblée.
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