Suite à la série d'articles consacrée
au 80° anniversaire de la révolution d'octobre 1917, qui ont abordé les
développements de la révolution jusqu'à la prise du pouvoir par le parti
bolchévique, CPS publie dans ce numéro une contribution des étudiants révolutionnaires
regroupés autour du bulletin l'Insurgé.
80° anniversaire de la
révolution russe:
Vive la révolution
d'octobre !
Vive le parti bolchévique
!
"Le
marxisme a trouvé son expression historique la plus élevée dans le bolchévisme.
C'est sous le drapeau du bolchévisme qu'a été remportée la première victoire du
prolétariat et fondé le premier État ouvrier. Rien, jamais, n'effacera de
l'histoire ces faits." (Léon Trotsky)
Révolution victorieuse, marxisme,
classe ouvrière, voilà leurs ennemis !
La
"commémoration" du quatre-vingtième anniversaire de la révolution
d'Octobre a donné lieu à un déchaînement sans précédent de la part des
intellectuels bourgeois et petits-bourgeois, déchaînement permis par le soutien
que leur apportent le PS et le PCF. Livres, articles, émissions, colloques, se
sont accumulés et s'accumulent encore comme autant de discours prononcés sur ce
que tous ces gens espèrent -en quoi ils se trompent- un tombeau définitif.
Cette
offensive politique a pour objectif de faire disparaître toute trace de la
victoire de la révolution russe, de sa signification historique. Il faut à la
bourgeoisie et à ses valets, dans un moment où jamais l'alternative socialisme
ou barbarie n'a été aussi pressante,
tout faire pour tenter d'effacer de la mémoire des hommes en général, et
de la classe ouvrière en particulier, ce fait qu'une révolution prolétarienne,
conduite par un authentique parti révolutionnaire c'est à dire un parti
marxiste, a été possible, a bien eu lieu, et a même constitué l'événement
majeur de ce siècle.
Il lui
faut tout faire pour tenter d'ôter au prolétariat jusqu'à l'idée qu'il peut,
qu'il doit, arracher le pouvoir des mains séniles et mortelles du Capital, et,
s'en emparer, briser l'État bourgeois, pour construire le sien et aller au
socialisme.
Il ne s'agit pas, bien entendu, d'une
offensive nouvelle. Elle utilise un arsenal d'arguments éculés, éventés, déjà
combattus et dénoncés depuis des décennies par les révolutionnaires. Mais elle
est ravivée aujourd'hui par la défaite historique, que représente pour le
prolétariat mondial tout entier la restauration du capitalisme dans l'ex-URSS. Cette
offensive s'appuie sur ce coup terrible qui désarme politiquement la classe
ouvrière, qui semble signifier que rien d'autre que le capitalisme n'est
possible, que l'expropriation du capital est une impasse.
Elle
s'appuie sur la confusion savamment entretenue, et d'abord par les PS et les
PC, entre l'URSS dominée, dégénérée depuis des décennies par le stalinisme, et
la réalité: la construction d'un authentique État ouvrier par un authentique
parti révolutionnaire, le parti bolchévique dirigé par Lénine.
Aux
historiens bourgeois (à commencer par Le Livre Noir du Communisme, ouvrage publié
sous la direction de Stéphane Courtois), il revient de mettre dans un même sac
Lénine et Staline, d'accuser la révolution socialiste de millions de morts dans
lesquels ils font entrer pêle-mêle les victimes de la guerre organisée contre
l'URSS par les pays impérialistes coalisés ou encore celles du sanglant
Thermidor stalinien.
Mais
les écrits contre la Révolution prolétarienne n'ont pas manqué depuis (et même
avant) 1917. L'impact qu'ils ont aujourd'hui découle fondamentalement du
soutien apporté à cette entreprise par les PS et les PC.
Au
héritiers du stalinisme, aux fossoyeurs suivant logiquement les égorgeurs de
l'avant-garde bolchévique, revient la tâche d'"accompagner"
habilement le cercueil. Robert Hue:
"Il
y a eu, dans les conséquences de la révolution bolchévique - immédiatement après,
d'ailleurs - des conséquences lourdes, y compris sous forme de terreur, qu'on ne
peut pas accepter (...) Personne, pas même Lénine, ne peut être tenu à l'écart
de l'analyse historique' (émission de RTL citée par le Monde).
Roland
Leroy (ex-directeur de L'Humanité):
"L'apport
du "Livre Noir" est indéniable (...) Le communisme n'a pas commencé
avec Staline, et n'a pas fini avec lui." (L'Humanité du
12/11/97).
Quant
à Henri Weber actuel membre de la direction du PS et ancien dirigeant de la JCR
en 1968, il "invite" à relire le Kautsky de 1918, alors
dirigeant contre-révolutionnaire des lambeaux de la IIème Internationale:
"La
prétention (sic) des bolchéviques d'édifier le socialisme dans le cadre de la
Russie arriérée, écrit dés 1918 le "pape du marxisme", relève d'un
volontarisme débridé et ne peut conduire qu'à la catastrophe." (Le Monde du
7/11/97)
Il
s'agit donc bien d'un même coup d'effacer la formidable puissance de la
révolution russe -et avec elle l'instrument de sa victoire historique, le
marxisme, le parti bolchévique. Il s'agit bien de nier la dégénérescence
stalinienne, de condamner le marxisme en lui attribuant la paternité des
monstres qui ont usurpé son nom. Il s'agit enfin, et en fait, de condamner le
prolétariat tout entier à la relégation définitive et sans appel au rang
d'exploité. Car, pour l'"historien" Marc Ferro par exemple, c'est le
prolétariat tout entier qui est coupable:
"L'idée
centrale de mes travaux, c'est de montrer que la société "en bas" a
participé aussi bien à la terreur qu'à la suppression de la démocratie, sans
que les bolchéviques y soient pour quoi que ce soit" (interview
dans l'Humanité du
7/11/97).
Pour
parachever la curée, quelques "récupérateurs" (sait-on jamais, ça
pourrait encore servir): Georges Labica, "philosophe" officiel du
PCF, choisit l'autre aile de l'attaque, et voit en Engels, ce "type épatant", pas moins qu'un
"stimulateur de nouvelles recherches",
à "la pensée toujours en
mouvement" et "dont le
"Testament" est un "hymne à la démocratie". (L'Humanité du 28/10/97). Pas moins!
Quoi
de plus utile pour des fossoyeurs armés d'une pelle appelée "citoyenneté" et d'une pioche nommée
"démocratie" destinées à
recouvrir de leur tombereaux de boue tout à la fois la réalité de la classe
ouvrière et la nécessité de sa dictature! Quoi de plus nécessaire pour affirmer
: plus rien n'existe ni n'est possible que l'État bourgeois et le maintien à
tout jamais, pour le pire et pour l'encore pire, de la domination du capital
sur le monde!
Restent
encore ceux qui, tout en prétendant se revendiquer toujours du marxisme,
rejettent le "léninisme" ou le "trotskysme" comme des
déviations ou des "erreurs".
À
tous ceux-là, Trotsky a déjà répondu par avance, et notamment dés 1937 :
"Les
grandes défaites politiques provoquent inévitablement une révision des valeurs,
laquelle se réalise généralement selon une direction double. D'une part,
enrichie par l'expérience de la défaite, la véritable avant-garde défend bec et
ongles l'héritage de la pensée révolutionnaire, et, sur cette base, s'efforce
d'éduquer de nouveaux cadres pour les luttes de masse à venir. D'autre part,
les routiniers, les centristes et les dilettantes effrayés par la défaite font
de leur mieux pour détruire l'autorité de la tradition révolutionnaire et
revenir loin en arrière, à la recherche d'une "Foi nouvelle".
(Bolchévisme et Stalinisme - Tome 14
des Oeuvres)
Ce qu'ils veulent effacer
Ce
que l’on veut faire disparaître, c’est que la révolution d’Octobre a ouvert aux masses la seule issue politique
à même de répondre à leurs revendications et à leur aspirations historiques. “Avant même que le prolétariat fût au
pouvoir, écrivait Trotsky, toutes les
autres variantes de développement politiques furent soumises à l’expérience de
la vie et rejetées comme inapplicables.”
Les
"démocrates" installés au pouvoir après Février ne devaient leur pouvoir qu'à l'appui servile
des dirigeants des Soviets - mencheviks et socialistes-révolutionnaires - qui
trompaient les masses en usurpant le drapeau du socialisme. Contre les
revendications des ouvriers, des soldats et des paysans, la politique du
Gouvernement Provisoire bourgeois et de ses lieutenants "ouvriers"
dans les soviets se résumait à la défense des intérêts des classes dominantes :
poursuite de la guerre impérialiste, défense de la propriété privée des moyens
de production et des propriétés nobiliaires, maintien de l'État tsariste et de
ses hiérarchies militaires et ecclésiastiques, maintien du carcan impérialiste
russe.
Contrairement
à ce que martèlent les "intellectuels" bourgeois à présent totalement
rejoints par la meute, l'alternative qui était posée en 1917 ne se situait pas
entre "démocratie" et "coup d'État" mais elle opposait deux
classes fondamentales aux intérêts antagoniques: la bourgeoisie appuyée sur les
débris de l'ancien régime d'une part, de l'autre la classe ouvrière, et
derrière elle l'ensemble des exploités.
Pour répondre aux aspirations de ces
derniers, les bolchéviques ont démasqué les dirigeants traîtres qui bradaient
la révolution à l'ennemi de classe. Les bolchéviques ont montré qu'il fallait
exproprier les parasites sociaux qui subordonnaient la production à leurs
intérêts, fermaient les usines pour faire refluer le mouvement des masses,
profitaient de la guerre qu'ils avaient lancée comme d'une entreprise commerciale,
montaient à leurs frais des milices privées pour écraser les Soviets. Contre
eux, les ouvriers devaient exiger des Soviets, organes de leur propre pouvoir,
qu'ils rompent avec la bourgeoisie et ne soient responsables que devant les
masses. Ce n'est qu'en montrant cette voie aux masses russes, en gagnant pas à pas leur confiance et leur
soutien, en devenant majoritaires dans le prolétariat et dans sa représentation
organisée en soviets, en devenant parti dirigeant de la classe ouvrière, que
les bolchéviques ont pu permettre au prolétariat russe de renverser l'ordre
ancien, en prenant le pouvoir.
Les bolcheviques au pouvoir
Ce
qu'ils veulent effacer, c'est que, au pouvoir, les bolchéviques, dans des
conditions extrêmement pénibles, ont pris en quelque mois des mesures qu'aucun
autre gouvernement dans l'histoire n'a jamais prises, au compte de toute la
population laborieuse, des ouvriers et des paysans.
Au
pouvoir, les bolchéviques ont immédiatement (le 8 novembre 1917) aboli la
diplomatie secrète, combattu pour la fin immédiate de la boucherie
impérialiste, annulé les dettes des paysans, exproprié sans indemnité tous les
grands propriétaires terriens, satisfaisant la revendication des paysans du
partage des terres. Tout cela lors de la première séance du nouveau
gouvernement ouvrier, le conseil des commissaires du peuple.
Ils
ont ensuite aboli les inégalités de grade, de rang, de titre, et proclamé comme
droit fondamental le droit des peuples à l'autodétermination, jusqu'à la
sécession avec la Russie soviétique. Puis ils ont instauré le contrôle ouvrier
dans toutes les entreprises de plus de cinq salariés, créé un organisme pour
orienter la production en fonction des besoins des masses: le Conseil supérieur
de l'économie nationale.
Dès
décembre 1917, ils établissaient le droit des soldats à élire leurs officiers,
le principe de l'élection des juges, l'alignement des salaires des
fonctionnaires, y compris des commissaires du peuple, sur ceux des ouvriers.
Ils autorisaient le divorce (quasiment impossible avant), reconnaissaient pour
valable le seul mariage civil, au lieu du mariage religieux.
Fin
décembre, début janvier, ils nationalisaient sans indemnité le secteur
bancaire, annulaient la dette de l'État. En février, ils séparaient l'Église de
l'État, l'école et l'Église. Au printemps, c'était la nationalisation du
commerce extérieur, avant celle de la grande industrie, toujours sans indemnité
pour les capitalistes.
Voilà
donc ce qu'ils veulent effacer: au pouvoir, les bolcheviques ont pris les
mesures contre les capitalistes et l'aristocratie décadente! Ils ont gouverné
au compte des masses laborieuses de Russie.
Et
l'offensive pour effacer ce fait fondamental ne date pas d'aujourd'hui: les
plumitifs d'aujourd'hui trempent leur plume dans le sillon sanglant des armées
impérialistes d'alors.
Dès
la fin de la première guerre mondiale, l'ensemble des puissances impérialistes
ont lancé en une sainte croisade contre-révolutionnaire leurs troupes contre le
pouvoir des soviets, pour tenter de les détruire, de leur interdire de survivre
à ce "crime".
Cette
croisade impérialiste allait dévaster le pays, semer ruine et famine. La
vitalité de la révolution lui permettra de résister, appuyée sur le soutien
croissant du prolétariat mondial. Mais les impérialistes avaient mis la Russie
révolutionnaire à genoux, préparant ainsi le terrain pour le développement
ultérieur du cancer bureaucratique, du stalinisme.
La révolution russe a
démontré la nécessité d'un Parti Ouvrier Révolutionnaire
Octobre
1917 l'a montré, prouvé, confirmé: pour que le mouvement spontané trouve une
issue, il faut un parti révolutionnaire, une internationale ouvrière
révolutionnaire. Ceux qui, aujourd'hui, s'en prennent au Parti Bolchévique
parce qu'il aurait "confisqué" ou "dévoyé" la révolution
russe ne font qu'exprimer l'effroi de leurs maîtres bourgeois: ils voudraient interdire
aux prolétaires et aux jeunes le droit de s'organiser contre les organisations
et institutions bourgeoises.
Les
prolétaires et les jeunes, eux, le savent: chacun de leurs mouvements, chacune
de leurs luttes se heurte à l'absence d'une véritable direction politique à
même de les armer politiquement, de les orienter, de les unifier derrière son
drapeau et qui ne soit responsable que devant eux. C'est ce rôle qu'a joué le
Parti Bolchévique en 1917. Sans prétendre jamais se substituer aux masses,
véritables acteurs de la révolution russe. Trotsky l'exprime ainsi :
"Le
Bolchévisme lui-même, en tout cas, ne s'est jamais identifié ni à la révolution
d'octobre, ni à l'État qui en est sorti. Le bolchévisme se considérait comme un
des facteurs de l'histoire, son facteur conscient, facteur très important, mais
nullement décisif. Nous voyons le facteur décisif -sur la base donnée des
forces productives- dans la lutte des classes et, non seulement à l'échelle
nationale, mais internationale."
Le
Parti Bolchévique se définissait lui-même comme étant “l’avant-garde” de la
classe ouvrière. Mais l'avant-garde n'est pas une fraction distincte du prolétariat:
le combat, le programme du Parti Bolchévique étaient au contraire le produit et
l'expression la plus aboutie de décennies de luttes ouvrières. Ses acquis
politiques trouvaient leurs racines dans les plus grands combats de la classe
ouvrière, fécondés par l'analyse marxiste: c’était l’héritage des mouvements
révolutionnaires de 1848, de la Commune de Paris et de 1905; celui de Marx et
Engels, de la Ligue des Communistes, des combats de la Ière et de la IIème
Internationale.
Dans
son histoire de la Révolution russe, Trotsky
explique la différence fondamentale qui sépare le bolchévisme des partis
petits-bourgeois, "démocratiques", comme des anarchistes,
maximalistes et socialistes-révolutionnaires de gauche de l'époque:
"Le
Bolchévisme se distinguait en ceci qu'il avait subordonné son but subjectif -
la défense des intérêts des masses populaires- aux lois de la révolution
considérée comme un processus objectivement conditionné. La déduction
scientifique de ces lois, avant tout de celles qui gouvernent les masses
populaires, constituait la base de la stratégie bolchéviste. Dans leur lutte,
les travailleurs se guident non seulement sur leurs besoins, mais sur leur
expérience de la vie. Le bolchévisme était absolument étranger au mépris
aristocratique de l'expérience spontanée des masses. Au contraire, les bolchéviques
partaient de cette expérience et bâtissaient sur elle. En cela était un de
leurs grands avantages."
Ainsi,
représentant l'expression consciente du mouvement de l'histoire mondiale de la
lutte des classes, le parti bolchévique ne pouvait prétendre en dominer les
flux et les reflux. Après la prise du pouvoir, il dut compter avec les
séquelles monstrueuses d'une société arriérée, aggravées des destructions
massives de la guerre. Il a dû s'engager dans la construction de la nouvelle
société sur les décombres encombrants de l'ancienne, avec les matériaux du
"vieux monde".
Le parti de la jeunesse, un
parti vivant...
Parti
révolutionnaire, le parti bolchévique était nécessairement le parti de la
jeunesse. Dans Staline, Trotsky le
souligne:
"La
jeunesse de la génération révolutionnaire coïncidait avec celle du mouvement
ouvrier. C'était l'époque des hommes âgés de dix-huit à trente ans. Les
révolutionnaires plus âgés se comptaient sur les doigts de la main et
paraissaient des vieillards.
Le
mouvement ignorait complètement l'arrivisme, il vivait de sa foi en l'avenir et
de son esprit de sacrifice. Il n'y avait ni routine, ni formules
conventionnelles, ni gestes théâtraux, ni procédés oratoires. Le pathétique
naissant était timide et maladroit. Les mots même de "comité "et de
"parti" étaient encore neufs, avec leur fraîche auréole, et ils
avaient pour les jeunes gens une résonance attirante et troublante.
Celui
qui entrait dans l'organisation savait que la prison et la déportation
l'attendait dans quelques mois.
On
mettait son point d'honneur à tenir le plus longtemps possible avant
l'arrestation; à se comporter avec fermeté en présence des gendarmes; à
seconder le plus possible les camarades arrêtés; à lire en prison le plus grand
nombre de livres; à s'évader au plus vite de déportation pour gagner
l'étranger; à y faire provision de science pour rentrer et reprendre le travail
révolutionnaire.
Les
révolutionnaires professionnels croyaient ce qu'ils enseignaient; rien d'autre
n'aurait pu les inciter à entreprendre leur chemin de croix"
Autre
conséquence: le Parti Bolchévique n’était pas, et ne pouvait chercher à être,
un parti “monolithique”. Les principes de sa construction avaient été posés par
les conditions du combat politique lui-même. Les sociaux-démocrates, divisés en
groupes épars fondés sur des bases politiques et organisationnelles très
relâchées, étaient incapables d’opposer un front organisé à la répression et de
donner une expression centrale aux luttes ouvrières. Les bolchéviques ont
construit un parti unifié et discipliné, solide, capable de remplir ses tâches.
Pour résister aux reflux de la lutte des classes, pour préparer de nouvelles
luttes, il ne suffisait pas de regrouper des sympathisants: il fallait de
véritables révolutionnaires professionnels formés par le parti, conscients et
déterminés, tels que Lénine en jetait les bases dans "Que faire?" dés
1902.
Le
centralisme démocratique du parti bolchévique se situe aux antipodes de la
monstrueuse et mortelle caricature que la bureaucratie a fait régner dans les
partis staliniens. La discussion politique était dans le parti bolchévique
permanente, la démocratie dans le parti comprise comme un instrument
indispensable d'éducation révolutionnaire, comme tout aussi indispensable pour
arriver à apprécier collectivement la situation, arriver à homogénéiser
politiquement le parti. C'était un parti vivant.
Ainsi,
bien après encore la prise du pouvoir, la discussion sur toutes les questions
est menée publiquement, devant tout le parti, dans sa presse. Des groupes se
forment sur la base de plates-formes, s'expriment publiquement. Au 10° congrès
du parti, en mars 1921, alors même que les fractions sont interdites dans le
parti, le Comité central est élu à la proportionnelle sur la base du vote du
parti sur les trois plates-formes existantes sur la question de la place des
syndicats dans l'État ouvrier.
... le parti de la
révolution
Trotsky
, dans son article Bolchévisme et
Stalinisme rédigé en Août 1937,
synthétise parfaitement le rôle fondamental du Parti bolchévique, face à tous
ses ennemis et ses détracteurs :
"Le
Parti bolchévique a montré dans l'action la combinaison de l'audace
révolutionnaire la plus grande et du réalisme politique. Il a, pour la première fois, établi, entre
l'avant-garde et la classe ouvrière, l'unique rapport qui puisse assurer la
victoire. Il a prouvé par l'expérience que l'alliance entre le prolétariat et
les masses opprimées de la petite bourgeoisie rurale et urbaine n'est possible
qu'à travers la défaite politique des partis petits-bourgeois traditionnels. Le
parti bolchévique a montré au monde entier comment mener à bien une
insurrection armée et prise du pouvoir."
Les
articles parus dans CPS 68, 69 et 70 ont donné les éléments de fait permettant
d'apprécier comment, en combattant pour devenir majoritaires, en combattant sur
la ligne du front unique, au travers d'un réarmement politique impulsé par
Lénine, le parti bolchévique a pu parvenir au pouvoir. Ils ont démontré que toutes
les péroraisons sur le "coup d'État bolchévique" sont des
falsifications.
Inlassablement,
au contraire, les bolchéviques ont mené le combat pour unifier les masses,
recueillir leur soutien majoritaire. Ils n'ont pas non plus mené le combat dans
la seule perspective de construire leur parti, mais ont au contraire offert de
s'unir avec tous les militants honnêtement révolutionnaires et ont remporté
l'appui de larges fractions d'autres organisations ouvrières - comme
l'"organisation inter-rayons" de Léon Trotsky, les
socialistes-révolutionnaires de gauche et les anarchistes sincères, dont un
grand nombre finirent par rejoindre le parti bolchévique.
Ce
n'est que lorsqu'ils ont convaincu la majorité des ouvriers et paysans que les bolchéviques
ont pris le pouvoir, l'histoire de la révolution russe le prouve: dès juillet
1917, à Petrograd, les ouvriers et les soldats s'étaient mobilisés par
centaines de milliers pour exiger des Soviets qu'ils prennent le pouvoir. C'est
à la jonction de la compréhension par la majorité du prolétariat russe qu'il fallait
tout le pouvoir aux soviets et que ce pouvoir ne pouvait être atteint que si
les bolchéviques prenaient la direction des soviets, que s'opère la possibilité
de la victoire de la révolution russe. D'Avril à Octobre 1917, la tâche des bolchéviques
peut se résumer dans l'opération de cette jonction. Ainsi, le parti bolchévique
a permis que la révolution soit victorieuse, dans le rapport que souligne
Trotsky:
"Ceux
qui opposent l'abstraction des soviets à la dictature du parti devraient
comprendre que c'est seulement grâce à la direction bolchévique que les soviets
ont été capables de sortir de la boue réformiste et d'atteindre la forme d'État
du prolétariat."
(article cité).
Octobre 1917, premier chapitre
de la révolution mondiale
Au
pouvoir, les bolchéviques ont combattu pour la victoire de la révolution
prolétarienne mondiale, non seulement en défendant becs et ongles la révolution
russe, dont l'écrasement eût été une défaite écrasante pour l'ensemble des
prolétaires du monde entier, mais dans le même temps en tentant, par la
constitution de la III° Internationale, de former des partis révolutionnaires
dans tous les autres pays.
C'est
en mars 1919 que se tient le premier congrès de l'Internationale, malgré le
blocus organisé par les impérialistes contre la Russie des soviets. En effet,
le mot d'ordre des staliniens, celui du “socialisme dans un seul pays”, n’a
jamais été celui du Parti Bolchévique.
Ce
qui a commencé avec 1917, avec la rupture du "maillon le plus faible de l'impérialisme" (Lénine), c’est la révolution mondiale pour
l’édification du socialisme, pour la socialisation mondiale des moyens de
production et l’organisation de cette production en fonction des besoins des
masses.
Les
conditions qui avaient conduit en Russie à l’effondrement du tsarisme n’étaient
pas propres à la seule Russie: pour les soldats envoyés au front au compte des
seuls intérêts bourgeois, pour les ouvriers et ouvrières surexploités des
usines au nom de "l’effort de guerre", alors même que les profiteurs
de guerre exhibaient leur patriotisme cynique, la première guerre mondiale
avait été l’illustration brutale et meurtrière de ce qu’est l’impérialisme
analysé par Lénine, l’époque du capitalisme pourrissant, voué aux crises et aux
guerres... mais aussi aux révolutions.
Pour
les ouvriers du monde entier, “vainqueurs” comme “vaincus”, rien n’avait été
gagné. Dans le même temps où la révolution triomphait en Russie, une vague
révolutionnaire déferlait sur l’Europe: crises révolutionnaire en Allemagne
(1918 et 1923), en Italie (1919), constitution d'un gouvernement ouvrier en
Hongrie (1919), grève générale en Grande-Bretagne (1919), grandes mutineries en
France (1917)... Lénine et Trotsky, les dirigeants de la révolution russe, ont
toujours, et dés avant la victoire en Russie, considéré que la victoire du
prolétariat dans un pays capitaliste avancé, à commencer par l'Allemagne, était plus essentielle encore que ce qui se
passait en Russie. Lénine a répété qu'il était prêt à "sacrifier" la
révolution russe à la victoire de la révolution en Allemagne.
Les
bolchéviques savaient qu'une Internationale Ouvrière Révolutionnaire était
nécessaire. Ils savaient que la révolution d’Octobre ne se suffisait pas à
elle-même, et ne survivrait pas si elle n'était pas suivie d'autres à brève
échéance.
"Toutes
les déclarations à ce sujet des
dirigeants bolchéviques de 1917 à 1923, écrit encore Trotsky, conduisent à une
seule conclusion : sans révolution en Occident., le bolchévisme sera liquidé,
soit par la contre-révolution intérieure, soit par l'intervention étrangère ou
par la combinaison des deux".
Dès
la faillite de la IIème internationale, qui avait voté les crédits de guerre en
1914, leur combat avait été de regrouper les révolutionnaires à l’échelle
mondiale.
Les
conditions de la guerre ne leur ont pas permis de forger à temps une direction
révolutionnaire mondiale de la trempe du Parti Bolchévique, ce qui explique
pour une large part le reflux de la vague révolutionnaire.
Les puissances impérialistes avaient bien
compris ce à quoi elles devaient faire face: dès la fin de la guerre, à la
conférence de Versailles, Lloyd George pouvait dire avec l’assentiment de tous
que “le principal ennemi, c’est le
spartakisme".
Le
sort de la révolution mondiale se concentrait en Allemagne: cependant,
l'organisation révolutionnaire allemande, la Ligue Spartakiste de R. Luxembourg
et K. Liebknecht, ne comprenait pas la tactique employée par les bolchéviques.
Elle menait le combat en s'appuyant sur la seule fraction avancée du
prolétariat - ceux qui comprenaient la nécessité de la prise du pouvoir. Dans
ces conditions, la bourgeoisie allemande, s'appuyant sur la participation
active des dirigeants social-démocrates majoritaires, a pu écraser la
révolution, assassiner les révolutionnaires allemands, à commencer par
Luxembourg et Liebknecht.
Le
reflux de la vague révolutionnaire a permis à l'impérialisme de mener
l'offensive contre la Russie soviétique: la paix de Brest-Litovsk (mars 1918) a
été imposée par l'impérialisme allemand au prix de territoires immenses et très
productifs.
Mais
la bourgeoisie entendait bien procéder à l'éradication totale du pouvoir
ouvrier: avec l'appui de toutes les grandes puissances, la guerre civile
(1918-1921) a été provoquée. Elle a entraîné plus de 7 millions de morts,
autant que la guerre mondiale. Et aujourd'hui, notamment le "livre noir du communisme" à l'aplomb inouï d'attribuer
ces morts au "communisme"! Crapules!
"terreur rouge" contre
terreur blanche
La
Terreur Blanche a commencé avec l'appui direct, matériel et militaire, de
toutes les plus grandes puissances. Pour la seule Sibérie, dès 1918, les forces
impérialistes en présence se dénombraient par dizaines de milliers ( 73000
japonais, 60000 tchèques, 8000 américains, 2500 britanniques, 1500 italiens,
1000 français!). Dans le même temps, l'arrêt total des échanges avec la Russie
était décrété. Les massacres systématiques perpétrés par les armées blanches
s'apparentaient à ceux des Versaillais contre les Communards et préfiguraient
les pires méthodes du fascisme et du nazisme: élimination des juifs, apparentés
aux bolchéviques (150000 juifs massacrés par les Blancs en Ukraine pour la
seule année 1919); dépérissement intentionnel des prisonniers de guerre (de mai
à août 1918, en Finlande, 11783 prisonniers sont morts de cette "négligence"
délibérée); massacres de masse (comme celui de Tavastehus qui fit 10000
victimes); viols collectifs; politique de "terre brûlée"...
La "Terreur Rouge" a donc dû être
décrétée dans une situation où la Russie soviétique, largement amputée, était
déjà dévastée par la guerre mondiale. L'État ouvrier devait faire face aux
armées blanches et impérialistes, ainsi qu'au retournement terroriste des Socialistes-Révolutionnaires
de gauche. Il devait faire face à un autre héritage de la Russie tsariste: la
faim, la famine frappant des dizaines de millions d'hommes dans un pays où l'agriculture était profondément arriérée, un
pays dans lequel le règne de l'absolutisme avait interdit qu'ai lieu même une
réforme agraire de type démocratique-bourgeoise.
Ces
fléaux étaient accrus encore après des années de guerre par la volonté
d'asphyxie des affameurs impérialistes pour écraser la jeune république
soviétique. Comment imaginer qu'il puisse être fait face à de tels obstacles
dans la sérénité et la douceur de quelques remontrances! Le jeune État ouvrier
assiégé dans les pires conditions ne pouvait se laisser aller à des
tergiversations prétendument humanistes.
En
réalité, si les "historiens", les "journalistes", les
petits-bourgeois donneurs de leçons ne peuvent pardonner la Terreur Rouge,
c'est précisément parce qu'elle a permis à l'État ouvrier de survivre. Et il en
va ainsi de tout ce qu'ils voudraient présenter comme des épouvantails.
L'armée Rouge? Elle a été la première armée
révolutionnaire! Contrairement aux armées “blanches” qui s'appuyaient sur
l'impérialisme mondial et sur la dictature sanguinaire de ses
"chefs", l'Armée Rouge puisait ses forces vives dans l’enthousiasme
révolutionnaire des soldats bolchéviques et ouvriers, dans le soutien des
populations qu'elle défendait. Ses premiers régiments ont été formés par des
dizaines de milliers de volontaires. Pour la paysannerie que la réaction
dépossédait de ses terres, pour les ouvriers, pour les minorités nationales et
juive que les Blancs traquaient sans merci, l’Armée Rouge offrait un rempart.
Face à l’autoritarisme et à la barbarie qui étaient de mise dans les armées
blanches, l’Armée Rouge forgeait sa discipline dans l’abnégation
révolutionnaire, dans la conscience politique des cadres bolchéviques qui
l'encadraient, cadres auxquels les spécialistes militaires étaient subordonnés.
Trotsky lui-même, en tant que commissaire du peuple, a passé une grande partie
de la guerre à soutenir directement les fronts les plus exposés. L’Armée Rouge
n’avait pas peur d’instruire ses soldats: la culture, l'alphabétisation,
l’approvisionnement du front en livres et brochures étaient considérés comme
des tâches essentielles.
La
Tcheka? Elle était la police politique du gouvernement soviétique, avait pour
tâche de guetter et d'arrêter les infiltrations, les sabotages et les actes de
terrorisme. Elle effectuait la surveillance (et le cas échéant la répression) des anciens fonctionnaires
tsaristes, des terroristes SR, des profiteurs de guerre, des officiers, des
dirigeants bolchéviques eux-même. Ces fonctions étaient évidemment
indispensables; mais la Tcheka n'a jamais eu l'importance d'un KGB au service
de la domination bureaucratique: elle s'appuyait comme l'Armée Rouge sur la
conscience politique de ses meilleurs éléments. Elle s'appuyait sur le soutien
de la population à qui elle rendait des comptes: ainsi, la vague d'exécutions
après l'attentat organisé par le parti Socialiste-Révolutionnaire contre
Lénine, après la signature des accords de Brest-Litovsk, a-t-elle été en bonne
partie le fait des ouvriers et des marins de Cronstadt eux-mêmes. Tout cela ne
fait qu'illustrer ce qu'expliquait Lénine: au contraire des États bourgeois, le
jeune État ouvrier n'est un État fort que de la conscience des masses.
Quant
aux prétendus "goulags" dont les Bolchéviques auraient été les
instigateurs, dés 1918, bien avant Staline, il faut dénoncer là une parfaite
escroquerie. Comme dans toute guerre, où sont faits prisonniers des soldats
ennemis, la guerre à laquelle le jeune État ouvrier dut faire face eut ses
prisonniers, et ses camps de prisonniers. Il est vrai que, du côté des Blancs,
on ne s'embarrassait certainement pas de prisonniers. Les goulags ont
réellement commencé avec Staline, et particulièrement à partir de la fin des
années 20, avec les premières déportations de masse.
La guerre civile
Le
Parti bolchévique a été contraint par toute une série de circonstances à
prendre des mesures coercitives, draconiennes, exceptionnelles, brutales, pour
sauver les conquêtes révolutionnaires en péril. Ces mesures étaient indispensables à la survie de l'État ouvrier.
Le
“communisme de guerre” pratiqué jusqu'à la fin de la guerre civile, en 1921, n’était
pas la "norme" du communisme mais l’instauration d’une rigueur extrême
rendue indispensable par la dévastation totale du pays.
Pour
permettre aux villes de survivre à la famine, des réquisitions forcées ont été
instaurées sous l’égide de brigades d'ouvriers et de petits paysans. Pour
permettre aux usines de tourner, le travail a été rationalisé, presque
militarisé, sous l’égide des syndicats ouvriers. Si la famine, par la suite, a
entraîné des soulèvements paysans contre les réquisitions, la responsabilité en
revient à ceux qui ravageaient les campagnes.
Mais
les révisionnistes zélés qui se disent "historiens" aiment à
rechercher la source du mal en dehors du temps et de l'espace, dans les
"racines" du bolchevisme. Un mélange de références historiques
soigneusement choisies, de citations tronquées et de calomnies pures et simples
permet le plus souvent de soutenir les propos de ces "experts". Et,
de la dictature du prolétariat avancée par Lénine comme une nécessité
incontournable, ils s'empressent de faire l'amalgame avec les mesures dictées par
les conditions de la guerre civile.
Le
supplément à Libération du 6/11/97
donne un exemple parfait de cette thèse grossière:
"Deux
mois après le début de la guerre de 14-18, Lénine n'écrivait-il pas que
"l'essence entière de notre travail (...) est de viser à la transformation
de la guerre en guerre civile." qui n'est elle-même que "la
continuation, le développement et l'accentuation de la guerre de classe."?
La
guerre civile n'est donc pour Lénine qu'une tentative réformiste qu'il faut
dépasser au plus vite si l'on veut brûler l'étape de la "révolution
bourgeoise". D'où le (facile) coup de force bolchevique d'octobre, qui
n'est que le kidnappage de la révolution via l'entourloupe du fameux "tout
le pouvoir aux soviets". La guerre civile chère au coeur de Lénine pouvait
commencer."
Une
telle "méthode" n'a rien à envier à celles des procès staliniens de
Moscou, ni aux pires méthodes policières. Il est vrai que les
"journalistes" de Libération sont
à bonne école : ce journal est à l'origine une feuille de propagande maoïste,
une variante du stalinisme qui n'a jamais été en reste vis-à-vis de ses
homologues du Kremlin quant aux falsifications et à la terreur
contre-révolutionnaire. Comme l'a écrit Souvarine: "Ce n'est pas parce qu'on change de trottoir qu'on change de
métier". Et comme on l'a dit à
propos d'Aragon :"Ce sont les jeunes
putains qui font les vieilles bigotes".
Seuls
en effet des canailles, des ignorants, ou un mélange des deux, peuvent
prétendre ignorer que la ligne des bolchéviques: "la transformation de la
guerre impérialiste en guerre civile", était celle de toute la seconde
internationale! Cette orientation signifie: lutte intransigeante contre la
guerre impérialiste, par les méthodes de la lutte des classes, sur la ligne
synthétisée ainsi par le révolutionnaire allemand K.Liebknecht: "l'ennemi principal est dans notre propre
pays".
Ce
qui était "cher au cœur" de
Lénine et des bolchéviques et de tous les vrais internationalistes, c'était de
hâter la fin de la boucherie impérialiste, des millions d'ouvriers et de
paysans s'entre-tuant en masse pour le compte des intérêts des puissances
capitalistes, qui ne sont pas les leurs.
La
victoire de la révolution d'octobre, puis la révolution allemande de 1918, ont
arrêté la guerre: la guerre impérialiste s'est transformée en guerre civile,
classe contre classe.
La guerre
civile en Russie a été lancée par les grandes puissances capitalistes. Elle a
démontré la nécessité de la dictature du prolétariat instaurée après Octobre
1917.
Car
la prise du pouvoir ne résout pas spontanément les contradictions de classes:
seul le développement de la production sur des bases nouvelles, permettant la
satisfaction progressive des besoins de tous, peut permettre l'émergence d'une
société sans classes. Cela exige l'arrivée au pouvoir du prolétariat à
l'échelle internationale, puis mondiale.
Dans
un premier temps, sur la base de l'État antérieur, la classe ouvrière doit
bâtir son propre État; elle doit imposer sa dictature aux ex-classes
dominantes et face à l'ennemi impérialiste. L'établissement de cette dictature
pouvait être plus ou moins coercitif, et les conditions de la guerre pouvaient
laisser supposer qu'une guerre civile serait nécessaire à la prise du pouvoir -
ce que le pourrissement du régime tsariste avait d'ailleurs écarté.
En
fait, après octobre, l'indigence politique, militaire et numérique de la
contre-révolution avait pour un temps permis l'instauration d'une
"dictature" extrêmement peu contraignante. Mais l'écrasement de la
première vague révolutionnaire allemande et le déclenchement de la Terreur
Blanche ont imposé la nécessité d'une dictature plus draconienne.
La dictature du parti
Un
aspect particulier de la révolution russe, corollaire à la "Terreur
Rouge", constitue la "preuve" favorite des procureurs anti-bolchéviques
pour nier son rôle de défenseur des intérêts ouvriers, comme pour nier toute
différence entre bolchevisme et stalinisme: le passage de la dictature du
prolétariat à celle du Parti Bolchévique, ou plus précisément le fait que c'est
le parti bolchévique seul qui a dirigé l'État ouvrier issu de la révolution, au
compte du prolétariat.
La
guerre civile, remportée par les Bolchéviques, s'était faite au prix le plus
lourd, la Russie était presque agonisante, le prolétariat était pratiquement
détruit physiquement. La révolution ne pouvait plus s'appuyer que sur le seul
parti bolchévique, en comptant une nouvelle vague révolutionnaire en Europe, en
comptant sur l'immense travail accompli sous la direction de ce parti dans les
congrès de l'Internationale communiste pour résoudre la question clé: celle de
la direction révolutionnaire dans les pays d'Europe.
La
dictature du parti avait du être décrétée dans ces conditions critiques. Trotsky
a justifié les mesures d'interdiction envers les autres partis, et
l'interdiction des fractions dans le parti bolchévique :
"En
ce qui concerne l'interdiction des autres partis soviétiques, elle ne découlait
d'aucune "théorie" du bolchévisme, mais constituait une mesure de
défense de la dictature dans un pays arriéré, dévasté, entouré d'ennemis. Pour
les bolchéviques, il fut clair, dés le début, que cette mesure, complétée plus
tard par l'interdiction des fractions à l'intérieur du parti dirigeant
lui-même, signalait un énorme danger. La racine de ce danger ne résidait pas
cependant dans leur doctrine ou leur tactique, mais dans la faiblesse
matérielle de la dictature, dans les difficultés de sa situation intérieure et
extérieure. Si la révolution avait vaincu, il n'y aurait plus eu nécessité
d'interdire les autres partis soviétiques.
Il
est absolument indiscutable que la domination d'un parti unique a servi comme
point de départ juridique au régime totalitaire stalinien. Mais la raison d'un
tel développement ne réside pas dans le bolchévisme ni dans l'interdiction des
autres partis comme mesure de guerre temporaire, mais dans la succession des
défaites du prolétariat en Europe et en Asie." (Texte cité)
Des "invalides moraux"
Mais
pourtant, nombreux sont ceux qui se réclament du marxisme et du trotskysme et
qui "découvrent" avec une touchante naïveté un nombre incroyable
d'erreurs commises par les bolchéviques. Dans le programme de transition, Trotsky qualifiait cette espèce
d'individus "d'invalides moraux".
Il n'est en réalité pas besoin de détailler l'ensemble de ces positions qui
pullulent dans "l'extrême-gauche": en effet, l'ensemble de ces
arguments a été concentré il y a presque trente ans par feu Ernest Mandel,
(dont le pseudonyme était Germain), figure de proue du révisionnisme qui a
liquidé la Quatrième internationale. Il écrivait dans sa brochure: "De la bureaucratie" :
"Si
le parti bolchévique avait compris le problème à temps au début des années 20,
en autorisant l'existence des fractions dans le parti bolchévique et celles de
plusieurs partis soviétiques, s'il avait en même temps systématisé certaines
formes d'autogestion, dans les entreprises, la résistance à la bureaucratie
aurait été infiniment plus grande".
Les
bolchéviques seraient donc responsables en grande partie du stalinisme, même si
c'est involontairement ("trotskysme" oblige). Que répondre à de
telles accusations?
Simplement
ce que Stéphane Just écrivait dans Défense
du trotskysme 2, en 1971 (pp 271-272).
"L'interdiction
des fractions au sein du parti bolchévique, des partis que Janus-Germain-Mandel
appelle "soviétiques" étaient des mesures exceptionnelles, tragiques
mais indispensables au début des années 1920, afin de sauver le cœur de la
révolution, le parti bolchévique.
En
les circonstances historiques données - celle d'un premier reflux du
prolétariat mondial, de l'épuisement physique et psychique du prolétariat de
l'URSS, de sa dislocation, de sa quasi-disparition - le parti bolchévique
concentrait en lui les intérêts historiques du prolétariat de l'URSS et du
prolétariat mondial.
La
contre révolution montait de partout à l'intérieur des soviets; les partis que
Janus-Germain-Mandel appelle "les partis soviétiques" étaient des
agences de l'impérialisme, et s'apprêtaient à détruire l'État né de la
révolution d'octobre. A l'intérieur du parti, les forces centrifuges tendaient
à le disloquer sous la pression de la contre-révolution montante. Des mesures
d'urgence, des mesures d'exception étaient indispensables pour sauver l'État et
sauver le parti, le seul support possible - en raison de la dislocation de la
classe ouvrière, de son épuisement physique, psychique - de l'État ouvrier.
La
dialectique historique a mis le parti le plus révolutionnaire du prolétariat
face à la plus tragique des situations: sauver l'État ouvrier né d'octobre, de
la révolution prolétarienne, alors que la base sociale, par suite de la guerre
civile et de l'isolement de la révolution russe, de cet État se liquéfie,
disparaît presque. N'en déplaise à l'infâme petit-bourgeois
Janus-Germain-Mandel, et à tous ses congénères, la direction du parti
bolchévique y est parvenue.
Elle
ne pouvait cependant faire des miracles. Sous la forme de la bureaucratie
naissantes, l'ennemi était également dans la place.
Privé
de ses fondements sociaux, l'État ouvrier dégénérait. Ses racines politiques
privées du terreau prolétarien, de la substance sociale ouvrière, l'osmose avec
un prolétariat quasi-liquéfié rompue, le parti devenait malade, s'infectait, la
scrofulose bureaucratique se développait, s'emparait de lui, allait finir par
le détruire. La bureaucratie montante se référait aux mesures d'exception, mais
elle modifiait radicalement leur contenu et leurs formes. Elle élaborait la
théorie du "monolithisme du parti", sœur jumelle de la
"construction du socialisme en un seul pays". Du temps de Lénine,
l'interdiction provisoire des fractions n'empêchait pas les plus vives
discussions à l'intérieur du parti, qui de plus s'exprimaient publiquement. Ne
pas prendre ces mesures d'exception revenait à rendre à l'ennemi la place avec
armes et bagages. Il reste qu'elles étaient un remède de cheval, tout aussi
indispensables à l'instant, que dangereuses à la longue. Mais ce n'est pas de
cela que le parti bolchévique est mort.
Ces
mesures évitèrent sa dislocation: le parti, malade certes, envahi par la
bureaucratie certes, continua à vivre. Il fallut plus de dix ans à la
bureaucratie pour le détruire comme parti bolchévique. La bataille politique de
l'opposition de gauche put prendre naissance et se développer à l'intérieur du
parti.
Bien
que finalement défaite, l'opposition de gauche à l'intérieur du parti
bolchévique, partie saine d'un organisme qui se gangrenait, défendit les
intérêts du prolétariat. Elle empêcha la bureaucratie parasitaire de liquider
les conquêtes d'Octobre, la propriété étatique des moyens de production, le
monopole du commerce extérieur. (...) la tradition du bolchévisme fut
sauvegardée, le programme de la révolution prolétarienne fut défendu et
enrichi. De l'opposition de gauche à la IV° Internationale le cadre politique
d'organisation nécessaire au programme se constitua."
Victoire de la contre-révolution
bureaucratique
La
dictature du parti s'était imposée comme une mesure tragique et transitoire,
dans l'attente de la régénérescence du prolétariat. La réaction
petite-bourgeoise se reflétait au sein même du Parti Bolchévique, nécessitant
un durcissement de son fonctionnement interne et l'interdiction des fractions.
Seule l'arrivée au pouvoir du prolétariat dans un autre pays pouvait permettre
aux bolchéviques de remporter une victoire décisive sur la petite-bourgeoisie.
Dans les limites de la seule URSS, inévitablement les contradictions
deviendraient intenables. La nouvelle politique économique, la N.E.P., lancée
en 1921, était un recul nécessaire: appel au marché, fin des réquisitions
contre les paysans et impôt en nature. Avec elle revenaient "messieurs les exploiteurs: spéculateurs,
marchands, concessionnaires" (Trotsky - Ma Vie). Mais ce n'était qu'une solution transitoire.
En
effet, comme Trotsky l'explique dans La
Révolution trahie:
«Le
jeune Marx écrivait deux ans avant le Manifeste Communiste: "...le
développement des forces productives est pratiquement la condition première
absolument nécessaire (du communisme) pour cette raison encore que l'on
socialiserait sans lui l'indigence et que l'indigence ferait recommencer la
lutte pour le nécessaire et par conséquent ressusciter tout le vieux
fatras...". » (« La Révolution Trahie » page 480
du recueil « De
la révolution»).
Donc,
dans le cadre de la seule URSS, seul pouvait réapparaître en bout de compte
"le vieux fatras". Telle est l'explication fondamentale du
développement de la bureaucratie, et en aucun cas le bolchévisme ou sa
politique. Sur la base de la misère, de la liquéfaction du prolétariat, prenant
un élan avec la démobilisation de l'armée rouge qui répandit dans toutes les
sphères de la société les méthodes qui avaient permis de gagner la guerre
civile, "une puissante caste de
spécialistes de la répartition se forma et se fortifia grâce à l'opération
nullement socialiste qui consistait à prendre à dix personnes pour donner à une
seule" (idem).
Tout
dépendait du sort de la seconde vague révolutionnaire qui déferlait en Europe,
donc de l'aptitude des dirigeants de la IIIème Internationale à nourrir et à
orienter le mouvement des masses. Dans une situation où à la fois les partis
communistes étaient encore jeunes et inexpérimentés, imprégnés de
social-démocratisme, et où à la fois s'exprimaient déjà dans l'Internationale
les contradictions qui existaient au sein de l'URSS la seconde révolution
allemande (1923) n'a pas pu aboutir du fait de l'orientation opportuniste
imprimée aux communistes allemands. C'était un tournant décisif: les
bolchéviques comprenaient parfaitement que cela signifiait plusieurs années
d'isolement pour l'URSS.
La
mort de Lénine en 1924 devait porter un coup terrible à l'avant-garde
révolutionnaire. Lénine avait, notamment depuis 1922, au XIème Congrès du parti
bolchévique, dénoncé les progrès de la bureaucratie dans les rangs du parti, et
formé par la suite avec Trotsky une fraction secrète contre Staline, en qui la
bureaucratie naissante reconnaissait de plus en plus son chef, lui qui se
situait à la tête de l'organisme où la jonction entre le parti et la
bureaucratie de l'appareil d'État était la plus forte: le secrétariat à
l'organisation. Tandis qu'enflait une campagne contre le "trotskysme",
exhumant les divergences anciennes et dépassées entre Lénine et Trotsky, prises
hors contexte (ou en inventant au besoin), la bureaucratie montante posait aux
épigones, aux suivistes moutonniers. Staline, bien qu'ayant eu de nombreuses
divergences avec Lénine, s'était bien gardé de les afficher devant le parti. Ce
qui n'avait pas empêché Lénine de saisir le danger et de rompre avec lui peu
avant de mourir.
Privée
de son chef, la direction du parti se voyait ouvertement divisée entre fractions
reflétant les tensions sociales: la bureaucratie, était représentée par
Staline; les "nepmen", les profiteurs de la nouvelle politique
économique, se retrouvaient derrière Boukharine. L'avant-garde révolutionnaire,
derrière Trotsky, puis Zinoviev et Kamenev, se trouvait de plus en plus
cantonnée à l'impuissance. La politique stalinienne d'intégration des
communistes chinois au Kuomintang nationaliste bourgeois de Tchang-Kaï-Tchek sabota
la révolution de 1924-1927 en Chine, portant par là même un coup décisif aux
chances de survie du Parti Bolchévique comme parti révolutionnaire.
Ce n'est pas le socialisme
qui a fait faillite: c'est le stalinisme
Le
stalinisme n’était pas "l’héritier" d’Octobre. Il s’est construit sur
la base de fonctionnaires petits-bourgeois, de bureaucrates qui avaient investi
l'État ouvrier et aspiraient à la “paix”, c’est-à-dire à la contre-révolution.
Cette bureaucratie a trouvé sa principale expression politique dans la théorie du “socialisme dans un seul pays”
totalement étrangère au bolchevisme, qui était l’expression de cette volonté
qu’avaient les bureaucrates de laisser la révolution où elle en était,
c’est-à-dire au point mort. Pour cela, il leur a fallu liquider le bolchevisme.
Le
stalinisme s’est construit en organisant la liquidation du Parti Bolchévique. Une
longue lutte a été menée qui a abouti à l’exil de Trotsky, à la déportation de
milliers de cadres révolutionnaires et aux Procès de Moscou qui, par la
torture, et les falsifications ont cherché à discréditer, et ont exterminé, les
véritables bolchéviques.
Toute
la politique des staliniens a consisté,
de plus en plus consciemment, à saboter les mouvements révolutionnaires. En Allemagne,
en 1933, au nom de la lutte contre la
social-démocratie, rebaptisée "social-fascisme", la bureaucratie interdit
le front unique des organisations ouvrières contre le nazisme, permet
l'écrasement du prolétariat. Le soutien des partis de la III° Internationale à
cette politique criminelle marque son passage décisif du côté de l'ordre
bourgeois.
Même
combat contre-révolutionnaire en Espagne (1936), par l'association sous le
signe du "front populaire" à des dirigeants bourgeois au nom de la
"République", et par la liquidation physique des militants des autres
organisations ouvrières (PSOE, CNT-FAI et POUM). En usurpant le nom de
"communisme" aux yeux des prolétaires du monde entier, la
bureaucratie du Kremlin a en fait systématiquement combattu, en accord et en
subordination à l'impérialisme, toute possibilité pour les ouvriers d'aller
vers le socialisme. Pourquoi? Parce que tout développement sérieux de la
révolution mondiale sapait la base sociale même de la bureaucratie: l'isolement
de la révolution dans un seul pays arriéré, le régime policier inspiré du
fascisme qui lui était nécessaire en tant que caste parasitaire pour maintenir
sa domination contre le prolétariat.
Mais
dans le même temps, les conquêtes sociales d'Octobre subsistaient à travers
l'existence de la propriété étatique des moyens de production qui offraient un
point d'appui aux ouvriers des pays capitalistes pour s'engager vers le
socialisme. C'est ce qui explique que dans de nombreux pays (Europe de l'Est,
Chine, Corée, Vietnam, Cuba), l'expropriation des capitalistes ait été
imposée par des processus au cours
desquels la bureaucratie et les partis
petits-bourgeois qui la défendaient ont confisqué aux masses tous les éléments
du pouvoir auquel celles-ci aspiraient par la répression, la mise en place d'un
cadenassage policier et politique.
La
bureaucratie stalinienne s’est encore illustrée par la répression féroce des
ouvriers de Berlin-Est (1953), de
Hongrie (1956), de Tchécoslovaquie
(1968), de Pologne (1981) exprimant tous le mouvement vers la révolution politique,
pour établir un véritable pouvoir ouvrier.
Les
mouvements qui ont explosé en 1989 procédaient eux aussi d'une vague
révolutionnaire pour le renversement de la bureaucratie stalinienne, dans des
conditions où la pression économique de l’impérialisme et la course aux
armements avaient ruiné les dictatures bureaucratiques. Ce mouvement s’est
appuyé sur la haine des masses à l’égard de ces dictatures staliniennes. Mais
des décennies d'emprise contre-révolutionnaire ont abouti dans ces pays à la
perte totale des traditions politiques du bolchevisme: en Chine, la bureaucratie
a pu écraser le mouvement par la répression sanglante de la place Tien-an-Men;
en RDA, en Roumanie, en URSS... ce sont des franges de la bureaucratie
elle-même qui, faute de Partis Ouvriers Révolutionnaires, ont égaré un
mouvement désorienté. C’est dans l’absence d’une perspective révolutionnaire,
et non par une “victoire de la démocratie”, que la voie a été ouverte à la
restauration capitaliste.
Le prolétariat, la jeunesse,
reprendront la voie du combat pour le socialisme
Quelles
que soient les défaites qui ont été infligées aux masses, la révolution
d’Octobre a ouvert la voie. Octobre 1917 a montré qu’il était possible de
prendre le pouvoir et de construire un État ouvrier dans la perspective de la
révolution mondiale. Toutes les campagnes à la gloire de la “démocratie”
bourgeoise, de "l’économie de marché” triomphante ne peuvent masquer aux
masses la monstrueuse réalité du capitalisme: l’offensive continue contre
l’ensemble des conditions de vie de la classe ouvrière, des chômeurs par
millions, la misère qui frappe les trois quarts de la planète, l'exploitation
de plus en plus intense, l'oppression, les guerres.
La
dislocation de l’URSS constitue une défaite majeure pour la classe ouvrière à
l’échelle mondiale. Il faudra de longues années de lutte pour que se dégagent à
nouveau des organisations de la trempe du Parti Bolchévique.
Mais
la bureaucratie et l'impérialisme conjugués ne sont jamais parvenus à détruire
les acquis politiques et organisationnels du bolchevisme. La IVème
Internationale de Trotsky a réussi à transmettre ces acquis à plusieurs
générations de militants. Malgré la dislocation de cette Internationale, malgré
la liquidation du Parti Communiste Internationaliste qui incarnait la
continuité de la lutte pour sa reconstruction, la lutte pour la construction de
Partis et d'une Internationale Ouvrière Révolutionnaire n'a jamais été
annihilée.
L’ordre
du jour reste celui qui était posé en 1917, parce qu'il est toujours imposé par
l'alternative "Socialisme ou
Barbarie". Le capitalisme a depuis longtemps épuisé ses capacités: "l’utopie"
n’est pas de combattre pour le socialisme, mais de croire que la crise, le
chômage, les guerres et tous les fléaux qui accompagnent l’époque impérialiste
se résoudront d’eux-mêmes, comme des maux aussi inéluctables que passagers.
Pour
répondre aux aspirations de l’humanité toute entière, il est nécessaire d’en
finir avec le capitalisme, de détruire les États bourgeois, d’exproprier la
bourgeoisie sur la base d'États ouvriers. Cela implique de construire un Parti
Ouvrier Révolutionnaire, une Internationale ouvrière Révolutionnaire. "La rénovation du mouvement se fait par la
jeunesse" rappelle le programme
de transition. C’est ce combat, éclairé par l'expérience historique de la
révolution d'Octobre, que mènent les étudiants révolutionnaires regroupés
autour de l’Insurgé.
Le 24/01/98
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