Le devoir
des directions du mouvement ouvrier, c'est de se situer inconditionnellement:
Aux
côtés de l'Irak et du peuple palestinien
Non à l'intervention
impérialiste en préparation contre l'Irak, avec ou sans mandat de l'ONU
Quels
que soient les délais, il est clair et net que l'impérialisme américain a
décidé d'engager une nouvelle offensive militaire contre l'Irak. Le
commandement militaire opérationnel a déjà été transféré depuis la Floride
jusque dans le Golfe persique.
Quel
en est le prétexte? Que l'Irak disposerait d'un armement chimique voire
nucléaire et constituerait une "menace". Compte-tenu de l'embargo
assassin dont souffre le peuple irakien depuis plus de dix ans, et qui a causé
vraisemblablement des centaines de milliers de morts, on peine à y croire. Mais
de toute façon, ça ne changerait rien à l'affaire. Il est de notoriété publique
qu'au Moyen-Orient, un seul Etat dispose d'un gigantesque arsenal meurtrier et
poursuit officieusement des programmes d'armement chimiques: l'Etat d'Israël,
vassal des Etats-Unis.
Les
objectifs de guerre américains sont limpides: il s'agit, quel qu'en soit le
prétexte, de s'assurer le contrôle de l'Irak, de lui dénier toute souveraineté
(ce à quoi participe la présence dans ce pays d'inspecteurs/espions de l'ONU
devant laquelle le régime de Saddam Hussein s'est incliné une nouvelle fois),
d'en faire un simple protectorat américain.
Il
s'agit encore d'affirmer la prépondérance de l'impérialisme américain, son
droit à mener les guerres "préventives" (sic!) qu'il souhaite quand
il le souhaite, quoiqu'en pensent ses "alliés" membres du conseil de
sécurité de l'ONU. La guerre en préparation contre l'Irak s'inscrit dans la
continuité de celle menée en Afghanistan sous le prétexte de la "lutte
antiterroriste", avec les mêmes objectifs qu'alors. Elle en prépare
d'autres, ouvertes ou larvées, en particulier contre l'Iran d'où les Etats-Unis
ont été expulsés par la révolution de 1979, quand bien même celle-ci a été étouffée ultérieurement par les mollahs
et par … la guerre dans laquelle l'Irak s'est engagé dès 1980 sous l'impulsion
des USA, de la France ou de l'Allemagne notamment.
Dans
la ligne de mire de l'impérialisme US: les ressources pétrolières immenses de
l'Irak, motif qui a aussi poussé Washington à fomenter il y a quelques mois un
coup d'Etat contre le régime de Chavez au Vénézuéla. A l'évidence, la situation
économique difficile pousse d'autant plus le gouvernement Bush à s'engager dans
la guerre, tant pour fournir ainsi un débouché artificiel à l'industrie
d'armement que pour s'assurer une totale maîtrise du Moyen-Orient, qui serait
ainsi pris dans une tenaille dont l'autre pince est l'Etat d'Israël.
Halte au massacre du peuple
palestinien! A bas l'Etat d'Israël !
Engagée
il y a maintenant deux ans, l'offensive de l'Etat sioniste, raciste, d'Israël
contre le peuple palestinien s'est intensifiée depuis le 11 septembre 2002,
toujours au nom de la "lutte anti-terroriste". Ce sont par milliers
que les Palestiniens ont été tués, c'est systématiquement qu'Israël et le
gouvernement Sharon-Péres cherche à en faire un peuple de mendiants errant dans
des ruines ou prenant la route de l'exil, comme des millions y ont été
contraints depuis 1948. Après avoir obtenu une déclaration de reddition en
bonne et due forme de la part des organisations nationalistes palestiniennes
reconnaissant Israël et acceptant une "souveraineté" illusoires sur
des miettes de territoires en Cisjordanie, dans le cadre du défunt "processus de paix" d'Oslo et
Washington, Israël pousse maintenant son avantage, avec le soutien total de
Washington et malgré la résistance héroïque des Palestiniens et le soutien dont
ils disposent parmi les masses arabes. L’objectif du gouvernement sioniste est
maintenant la destruction pure et simple des organisations palestiniennes, la
reprise en main directe des confettis en Cisjordanie et à gaza délégués un
temps à l'autorité palestinienne. La prise de contrôle US sur l’Irak serait
évidemment un point d’appui pour une telle opération
Fondamentalement,
aucune issue positive ne peut s'ouvrir sans en finir avec l'existence de
l'excroissance coloniale sur le Moyen-Orient qu'est l'Etat raciste d'Israël,
aucune issue positive n'existe en dehors du combat pour l'expropriation des
colons, le retour des réfugiés dans le cadre d'une République unifiée de
Palestine sur tout le territoire historique de celle-ci, instaurée par une
Assemblée constituante palestinienne. Une telle République n'aurait d'avenir
durable que dans le cadre d'une Fédération socialiste du Proche et
Moyen-Orient.
Mais
le premier acte dans cette voie est le combat uni pour l'arrêt immédiat du
massacre du peuple palestinien, combat qui recoupe aujourd'hui contre toutes
les agressions impérialistes dans la région, celui contre l'intervention réactionnaire
annoncée contre l'Irak.
Le "droit
international", c'est le "droit" des oppresseurs et l'ONU est
leur Assemblée générale
A
l'heure actuelle, d'incessantes tractations diplomatiques ont lieu entre les
puissances impérialiste de second rang et les Etats-Unis. L'impérialisme
français, bien que condamné à s'aligner, cherche à garder une petite place à la
table des "grands" (et l'accès au pétrole irakien) en tentant
d'éviter le scénario de l'Afghanistan dont l'impérialisme US s'est fait une
chasse gardée, et a affirmé son droit à intervenir militairement quand bon lui
chante, y compris sans l'accord du conseil de sécurité de l'ONU (conformément à
la nouvelle doctrine militaire américaine qui lui fixerait volontiers le rôle
de chambre d'enregistrement). L'impérialisme allemand, pour ses propres
intérêts, a décidé de s’opposer à toute
intervention contre l'Irak, même sous couvert de l'ONU (Schröder).
Les
travailleurs et la jeunesse ne peuvent, eux, que rejeter les références quasi
religieuses au droit international. C’est en effet ce "droit" qui
permet à l'Etat d'Israël de spolier et
massacrer sans vergogne les Palestiniens, à l'impérialisme US flanqué de son
supplétif britannique de bombarder sans relâche l'Irak, d’imposer un embargo qui a fait des victimes par
centaines de milliers. C’est ce "droit" qui est aujourd'hui invoqué
par l'impérialisme français pour tenter de défendre ses propres intérêts au
Moyen-Orient ou en Côte d’Ivoire. Le
"droit international" doit donc être dénoncé pour ce qu’il est :
la couverture juridique des opérations de brigandage des grandes puissances
impérialiste.
Or,
force est de constater que l'appel à la "journée d'action" du 12
octobre 2002 à Paris du PS, du PCF, de la CGT et de la LCR (mais aussi des
Verts, du MRAP, etc.) reprend pour l'essentiel l'argumentaire diplomatique de
l'impérialisme français.
Reprochant
à la guerre annoncée de "fragiliser encore le système de sécurité
mondial", de ne pas effectivement "s'attaquer au problème du
terrorisme international", d'être "contraire à la charte des
nations-unies", elle demande à Chirac ("la France")
de "faire usage de son droit de veto" – tout en se situant
dans la continuité des accords qui ont conduit les Palestiniens dans l'impasse,
demandant "la reconnaissance d'un Etat palestinien, aux côtés de l'Etat
d'Israël " (donc acceptant la spoliation du peuple palestinien).
Lutter
contre le "terrorisme international", c’est le mot d’ordre de
Bush et Chirac. C’est au nom de cette "lutte" que sont menées les
opérations impérialistes dans cette région du monde. Défendre "le
système de sécurité international", c'est pratiquement défendre la
place de l'impérialisme français, membre du conseil de sécurité de l'ONU. C'est
de langage de vulgaires aides de camp du Quai d'Orsay ou de l'Elysée, c'est surtout légitimer par avance une
intervention contre l’Irak. Il suffit de citer Raffarin (à l'Assemblée
nationale le 8 octobre):
"Le
droit n'exclut pas le recours à la force, mais la règle internationale exclut
la force unilatérale telle qu'elle a été codifiée à San Francisco, il y a
bientôt soixante ans, dans la Charte des Nations unies. C'est le message que la
France entend porter"
C’est pourquoi il est indispensable
d’intervenir sur l’orientation suivante :
Pour
le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, les dirigeants de la CGT, de FO,
de la FSU comme le PS et le PCF, sont responsables. Ils doivent se prononcer:
et en
conséquence, agir pour:
Il
est possible d'imposer aux partis et syndicats issus du mouvement ouvrier de
rompre avec l'impérialisme français, d'engager le combat réel contre
l'intervention impérialiste contre l'Irak et pour la défense du peuple
palestinien.
Ainsi,
le 28 septembre, 250 000 manifestants étaient à Londres, dont des pans
entiers du parti travailliste, sur cette exigence. Lors du congrès du Labour
Party britannique, les soutiens de Tony Blair ont dû retirer une motion en
forme de chèque en blanc à la guerre contre l'Irak, et une motion s'opposant à
toute intervention, avec ou sans couvert de l'ONU, a obtenu 40% des votes.
En
Allemagne, Schröder a évité une déroute électorale notamment en prenant
position contre toute intervention, ce qui a rencontré un écho favorable dans
de larges secteurs de la classe ouvrière.
Il
est de la responsabilité du PS, du PCF, des dirigeants des confédérations CGT,
FO, de ceux de la FSU ou encore de l'UNEF d'appeler à une manifestation
centrale et nationale à Paris, en direction et contre l'ambassade américaine,
sur les mots d'ordre:
-
Non à l'intervention impérialiste contre l'Irak, avec ou sans couvert de l'ONU
-
Troupes impérialistes hors du Moyen-Orient