COMMUNIQUE DU COMITÉ POUR LA CONSTRUCTION DU PARTI OUVRIER
RÉVOLUTIONNAIRE,
DE L’INTERNATIONALE OUVRIÈRE RÉVOLUTIONNAIRE (3 janvier
1998)
Le lundi 1er décembre 1997, les vingt-trois membres
de la direction collégiale d’Herri Batasuna ont été condamnés par la Cour suprême
à sept ans de prison et 20 000 F d’amende pour « collaboration
avec une organisation armée ». C'est un événement dont l'importance doit
être soulignée: pour la première fois en Europe depuis la révolution au
Portugal en 1974-75 et la fin du franquisme, un parti politique est proscrit.
C'est une atteinte fondamentale aux libertés démocratiques de tous les
travailleurs.
Herri Batasuna (« Unité populaire ») est
un parti qui a obtenu 12,2 % aux élections générales de 1996, qui dispose
de 650 élus, dont 18 députés régionaux et 2 députés nationaux. Il regroupe le
syndicat LAB, le mouvement de jeunes Jarrai, le mouvement écologiste Eguzki et
un mouvement de soutien aux prisonniers et leurs familles). Le "Parti
Populaire" au pouvoir, les héritiers du franquisme, assassin du
prolétariat espagnol, oppresseur du peuple basque, ont emprisonné sa direction
pour « avoir voulu céder, lors de la
campagne électorale de mars 1996, leur temps d’antenne pour diffuser deux
cassettes vidéo réalisées par l’ETA. » (Le Monde, 3 décembre 1997).
Le très réactionnaire Parti populaire d’Aznar,
premier ministre de la monarchie espagnole, et ses juges décident quel parti
existe et quel parti est dissout. L'État bourgeois piétine les libertés
démocratiques au nom de la « lutte anti-terrorriste », tandis que les
bourreaux des GAL et leurs complices dans l’armée et la police ne sont pas
inquiétés, tandis que l'appareil d'État espagnol torture dans les prisons où
sont enfermés 600 militants basques.
Le Comité pour la construction du Parti ouvrier
révolutionnaire, de l’Internationale ouvrière révolutionnaire, considère que
c’est la tâche historique du prolétariat espagnol, des ouvriers et des paysans
basques et des autres nationalités opprimées, que d’abattre l'État bourgeois
oppresseur, de prendre le pouvoir, d’établir leur gouvernement. Seul un tel
gouvernement, appuyé sur des millions de prolétaires, de jeunes, garantira les
droits des nationalités, le droit du peuple basque à disposer de lui-même, au
sein des États-Unis socialistes d'Europe. Pour cela, les travailleurs et la
jeunesse de l'État espagnol auront à construire un parti ouvrier
révolutionnaire.
L'impérialisme français apporte son soutien plein et
entier au gouvernement Aznar. Le même jour que la condamnation des
nationalistes basques, Chirac participait à Salamanque au « 11° sommet
franco-espagnol ». Il rappelait « la
collaboration précieuse des polices » des deux pays. Jospin déclarait
dans une interview au quotidien El Pais :
« Cette coopération doit se
maintenir, quels que soient les gouvernements en France et en Espagne ».
En d’autres termes, avec Gonzalez et Juppé, ou avec Aznar et Jospin, l’ordre
bourgeois doit être maintenu. Quant à Chevènement, qui donne son nom au projet
gouvernemental visant à pérenniser en les aggravant les lois Pasqua et Debré,
il annonçait « un séminaire commun
des services anti-terroristes français et espagnols au début de 1998 ».
C'est la responsabilité immédiate
du PS, du PCF, des dirigeants de la CGT, de FO, de la FSU, de la FEN, de l’UNEF-ID
et de l’UNEF-se, que de se prononcer pour:
· LA LIBÉRATION
IMMÉDIATE DES 23 DIRIGEANTS D’HERRI BATASUNA ET LA LEVÉE DE TOUTES LES
POURSUITES À LEUR ENCONTRE,
· LA LEVÉE DE TOUTES
LES POURSUITES EN FRANCE POUR HÉBERGEMENT OU AIDE AUX MILITANTS BASQUES,
· LE DROIT
D’ASILE POLITIQUE POUR TOUS CEUX QUI EN FONT LA DEMANDE
Le 3 janvier 1998