On nous communique :
20 °congrès de la CGT- Force Ouvrière (2-6
février 2004)
Nous
reproduisons ci dessous l’intervention faite à la tribune du congrès par un délégué
du syndicat de la métallurgie de Saint-Étienne et environs, ainsi que sa contribution à la discussion préparatoire.
Camarades,
Notre
congrès se tient alors que se lève une nouvelle vague d'assaut contre des
positions vitales pour la classe ouvrière: l'assurance-maladie, le code du
travail, suite au plan de guerre contre les travailleurs servi par Chirac en
guise de vœux.
C'est
d'abord une attaque frontale contre l'assurance-maladie, dont la voie s'est
ouverte avec l'annonce d'un « diagnostic partagé » autour du rapport
Fragonard. Il faut être clair: notre congrès ne doit pas entériner une seule
seconde l'idée qu'il y ait « diagnostic partagé » entre le
gouvernement, le Medef, et les confédérations ouvrières. Il doit dénoncer le
rapport Fragonard.
Car
ce rapport permettra au gouvernement d'emprunter la voie qui lui a permis de
remporter sa victoire contre nos retraites au printemps dernier. Ce rapport
affirme un accord général sur la nécessité d'une « réforme » qui serait nécessaire,
en utilisant comme dit Raffarin, « tous les leviers », pour être
« équilibrée ». Tous les leviers, cela veut dire: cotiser d'avantage
pour être remboursé moins, et ainsi faire une grande place aux assureurs
privés.
Le
rapport Fragonard affirme qu'il s'agit de « responsabiliser » les
assurés sociaux. Mais qui est responsable du déficit ?
Si
les patrons ne bénéficiaient pas de plus de 20 milliards d'euros d'exonération
chaque année, si l'Etat et les patrons payaient leurs dettes, s’il n’y avait pas
10% de chômeurs, il n'y aurait pas de problème de financement ! Il n'y a pas de
déficit de l'assurance-maladie, mais un détournement de fonds, conjugué aux
effets dévastateurs des licenciements – que précisément le gouvernement et le
Medef ont l'intention de faciliter et d’organiser !
Le
rapport Fragonard pose aussi les bases pour faire exploser l'organisation de la
Sécurité sociale, pour mener à son terme ce que Juppé n’avait pas réussi à
faire en 1995. Ainsi, il n'y a qu'à lire le projet de loi sur la « dépendance »
déposé par le gouvernement à l'Assemblée nationale, et susceptible d'être voté
dès avril. C'est là la première étape de la contre-réforme de
l'assurance-maladie et son résumé : on vole le lundi de la Pentecôte aux
travailleurs pour en faire la journée du Medef, on commence à dépecer
l'assurance-maladie, on créé le prototype des futures caisses: décentralisées,
gérées par les élus locaux, les associations, etc.
Alors, des décisions d'urgence
s'imposent. Le 9 février, au lendemain de notre congrès, le ministre Mattéi organise un sommet sur l'assurance maladie. Le
congrès doit mandater la future direction confédérale pour qu'elle:
rejette totalement le rapport Fragonard ;
-
boycotte et appelle au boycott uni du sommet sur la santé du 9 février ;
-
exige le retrait du projet de loi sur la dépendance et appelle au combat dans
l'unité des organisations du mouvement ouvrier contre celui-ci, par exemple en
préparant une manifestation centrale à l'Assemblée lors de sa discussion, pour
arracher son retrait.
De
la même manière: le congrès doit
affirmer que le rôle des organisations syndicales ouvrières n'est pas de
collaborer à la transcription législative du rapport de Virville,
qui, en plus des CDD de longue durée, prône la destruction par voie d'ordonnances
de l'essentiel des garanties contenues dans le code du travail, complétant la
loi Fillon votée en janvier qui a détruit le principe de faveur.
Le
ministre de Chirac, Fillon, a annoncé la mise en place de trois groupes de travail
pour aller vers sa future loi (dite) pour l'emploi. Le congrès doit affirmer:
« La CGT-Force Ouvrière n'ira pas ! »,
et s'adresser à la direction CGT pour qu'elle fasse de même.
Agir
ainsi, ce serait tirer les leçons de la dure défaite subie au printemps dernier
sur les retraites. La voie de cette défaite a été pavée par la collaboration
permanente avec le gouvernement UMP, la participation à tous les organismes,
sommets, réunions qu'il convoquait pour faire passer sa politique, sous couvert
de prétendues « réformes nécessaires » en de « prétendues
concertations ». En tirer les leçons, c'est comprendre que le gouvernement
Chirac-Raffarin-Seillière, est notre ennemi, et qu'il
faut non point collaborer avec lui mais rompre avec lui pour le combattre.
En
tirer les leçons c'est comprendre qu'avec ce gouvernement, chargé d'affaire de
la classe capitaliste, aucune position n'est à l'abri, et qu'aucune position ne
peut être défendue sans que ce gouvernement ne subisse une défaite nette.
Marc
Blondel a dit le 26 janvier dernier, l'avalanche de contre-réformes oblige à se
« mettre sur le terrain politique ». Soyons clairs: pour notre
congrès joue un rôle positif aujourd'hui, il doit œuvrer au rassemblement au
grand jour de la seule force capable de mettre le gouvernement hors d'état de
nuire: la classe ouvrière, les travailleurs salariés.
Le
congrès devrait lancer un appel clair à toutes
les forces (confédérations, fédérations, PS, PCF) dont l'unité peut permettre
de mettre un terme à la politique gouvernementale au plus vite, peut permettre
de mettre le gouvernement hors d'état de nuire. Le congrès doit proposer, à
Bernard Thibault pour la CGT, à Hollande et à Buffet, de constituer un front
uni contre le gouvernement Chirac-Raffarin.
Ce
serait un encouragement formidable dans les combats qui s'annoncent et que
notre congrès devrait préparer, à commencer par celui pour empêcher la mort de
la Sécurité Sociale.
(Ndlr : lors de la retranscription de cette
intervention sur le site internet de FO, deux passages
ont été significativement écartés : celui contenant l’exigence du boycott
du sommet sur l’assurance-maladie du 9 février – qui a reçu l’assentiment de
nombreux délégués - et celui en faveur
du front uni contre le gouvernement UMP. )
A quelques semaines de
l'ouverture de notre congrès, aucune discussion d'orientation n'a eu lieu. Les
syndicats, les syndiqués, n'ont pas eu de texte d'orientation ou de bilan à
discuter. Dans le même temps, le mauvais remake "d'un fauteuil pour
deux" (ou trois) prétendants à la succession contribue à escamoter la
discussion de fond au lieu de l'organiser, comme nécessaire.
Or notre congrès se tient à un moment bien
particulier: le gouvernement UMP Chirac-Raffarin et le Medef, une fois passées
les élections régionales et cantonales, s'apprêtent à engager une nouvelle
phase de leur politique réactionnaire.
C'est d'abord, la nouvelle remise en cause de
l'assurance-maladie, des caisses de Sécurité Sociale, dont la première échéance
est le "plan dépendance" que le gouvernement veut faire voter
rapidement. Ce plan vole le lundi de pentecôte aux travailleurs, sans aucune
compensation ("la journée du Medef", comme l'a écrit Marc Blondel),
mais crée également une
"caisse" d'un genre nouveau: décentralisée, gérée par les
élus, les associations (dans le droit fil de la loi sur "l'acte 2" de
la décentralisation). C'est un coup violent contre l'assurance-maladie.
Derrière ce test de la capacité du gouvernement UMP à
voler cette journée, est en jeu sa capacité à casser l'assurance-maladie, à
boucler le plan "hôpital 2007" contre le système de santé public,
mais aussi à réaliser la “loi (dite) pour l'emploi” annoncée le 31 décembre par
Chirac comme loi pour les patrons, privatiser EDF-GDF, avancer dans le
démantèlement de l'enseignement public avec le projet de "loi
d'orientation", parachever l'autonomie des universités, etc.
Tel est l'enjeu des semaines et des mois qui vont
suivre notre congrès. Notre congrès doit répondre à la question que tous les
syndiqués se posent : comment le congrès peut-il servir de point
d'appui pour briser cette offensive
conjointe du gouvernement et du MEDEF ?
Pour sa part, notre syndicat a repris l'appel suivant
adressé à Bernard Thibault et Marc Blondel ainsi qu'à François Hollande (PS) et
Marie-Georges Buffet (PCF), appel qui se conclut
ainsi :
Alors comme le gouvernement annonce un projet de loi
d'ici quelques mois, et des négociations nationales comme dans chaque branche,
nous vous disons:
Exigez le retrait du projet de loi Chirac-Raffarin sur
la dépendance!
Annoncez d'ores et déjà que vous refuserez de
participer aux négociations à tous les niveaux.
Si le gouvernement persistait malgré cela, alors
préparez et appelez une montée nationale en masse à l'Assemblée, lors de sa
discussion pour son retrait."
C'est une telle position que nous souhaitons voir
adoptée par le congrès.
De la même manière, pour enrayer la contre-réforme
annoncée de l'assurance-maladie (qui vient “d'ici six mois” a dit Chirac
le 31 décembre), le congrès doit décider que la place de la CGT-Force
Ouvrière n'est pas dans le "haut conseil" installé par le
gouvernement . Notre Congrès doit s'adresser à la direction confédérale CGT, à
toutes les organisations du mouvement ouvrier, pour qu'ensemble nous le
boycottions.
Le congrès doit s'inspirer à cet égard de la position
qu'ont prise en 2002 nos camarades de la fédération énergie en refusant
alors de participer aux
"négociations" ouvertes par la direction d'EDF-GDF pour remettre en
cause leur régime de retraites. Loin de s’isoler, ils ont contribué (malgré la
direction CGT-Energie) à ce que la majorité des
salariés rejettent cette “réforme”!
Une telle prise de position signifierait que le
congrès a correctement tiré
le bilan de la défaite subie sur la question des
retraites au printemps dernier.
En juin dernier, le gouvernement Chirac-Raffarin a
fait passer sa loi sur les retraites qui liquidait les 37,5 annuités pour les
fonctionnaires (et donc le point d'appui pour y revenir dans le privé), qui
organise l'allongement de la durée passée au travail vers les 42 annuités, et
qui ouvre en grand la porte aux fonds de pension. Il l'a fait malgré le plus
grand mouvement de grève et manifestations que le pays ait connu depuis novembre-décembre 1995. Or, il faut le dire, dans cette
défaite, la direction confédérale a une grande
responsabilité.
Qui a oublié qu'elle a participé jusqu'au bout aux
"négociations" organisées par le gouvernement au lieu de sonner
l'alarme? Qui a oublié la déclaration commune du 6 janvier (avec la CFDT qui a
signé le plan Fillon) qui passait les 37,5 annuités aux oubliettes, et
demandait une "réforme"?
Qui a oublié encore, alors que nombre de structures
syndicales FO (dont notre syndicat, dont notre UD), avec des centaines de
milliers de travailleurs demandaient l'appel à la grève générale, le refus
affiché par Marc Blondel devant toutes les caméras le jour de la gigantesque
manifestation du 25 mai à Paris en ces termes: "ça voudrait dire que
j'appelle à faire sauter le gouvernement"?!
De ce point de vue, le revirement, verbal, imposé à la
direction confédérale et annoncé au meeting du 12 juin à Marseille prenait un
caractère singulièrement manœuvrier et tardif, comme s'il ne s'était agi que de
faire porter à la seule direction CGT le chapeau de la défaite qui se
profilait.
En exigeant par centaines de milliers l'appel à la
grève générale, en cherchant aussi à atteindre l'Assemblée nationale, les
travailleurs ont demandé aux directions confédérales d'aller à l'affrontement
avec le gouvernement. Ces dernières s'y sont refusées, ne voulaient surtout pas
“faire sauter le gouvernement”. Là est la raison de la défaite. Tirer
les leçons du printemps 2003 signifie comprendre ceci:
pour défendre les intérêts des travailleurs, il faut combattre le gouvernement Chirac-Raffarin,
pour en finir avec sa politique, au lieu d'en "débattre" avec lui.
Mais c'est une orientation contraire qui a été suivie
par la direction confédérale dès la rentrée. Ainsi, en ce début 2004 s'achève
une seconde phase de l'offensive gouvernementale, avec le vote de deux projets
de loi qui sont de puissants leviers en matière de déréglementation, de
destruction des garanties collectives de la classe ouvrière:
·
le projet de loi
Fillon sur la négociation collective et la formation professionnelle, qui
détruit le "principe de faveur", simplifiant ainsi encore plus les
licenciements par exemple; qui développe la formation professionnelle hors
temps de travail; qui pousse, avec le principe "majoritaire", à la
destruction du syndicalisme ouvrier.
·
le projet de loi
de "décentralisation", transférant aux Régions et Départements nombre
de compétences, vers leur privatisation, s'en prenant aux statuts des
fonctionnaires d'Etat, etc.
Certes, dans les éditoriaux de FO-Hebdo,
on a pu voir Marc Blondel critiquer le projet Fillon sur "la formation
professionnelle et le dialogue social" ("Le Medef en rêvait, le
gouvernement l'a fait" dans FOH du 20 novembre 2003),
soulignant à juste titre nombre d'aspects néfastes de ce projet de loi. Mais
comment passer outre le fait que la direction confédérale a apposé sa signature
en octobre 2003 au bas de l'accord sur la formation professionnelle, accord
"historique" selon Fillon pour qui: "Les syndicats ont
compris qu'on ne pouvait imposer systématiquement et les 35 heures et la
formation à l'intérieur du temps de travail"! Or, cet accord est transposé dans le projet
de loi. Ce n'est pas tout: c'est l'accord signé par notre confédération en
juillet 2001 avec le Medef dans le cadre de sa "refondation (démolition)
sociale"qui sert de point d'appui à la remise en cause du principe de
faveur.
Enfin, et en tant que syndicat des Métaux, nous y
sommes particulièrement sensibles, alors que les licenciements battent leur
plein, le projet Fillon renvoie au niveau de l'entreprise la définitions des
règles en matière de plans sociaux, vers les "turbo licenciements".
Comment accepter dans ces circonstances, alors que pleuvent les licenciements,
que la confédération continue de participer aux discussions avec le Medef sur
les restructurations, discussions-alibis qui couvrent
le vote du projet de loi Fillon, et la future loi (dite) “pour l'emploi” de
Chirac?
Notre syndicat des Métaux a pris clairement position:
"Les syndicats n'ont pas
à se faire les agents de la remise en cause de nos conventions collectives,
mais combattre contre les licenciements
qui nous jettent à la rue et nous obligent à tout accepter pour retrouver du
travail.
Nous prenons l’initiative, en tant que syndicat de la
Métallurgie, de vous dire :
Pour l'interdiction des licenciements,
Il faut exiger le retrait du projet de loi sur la
négociation collective !
Il faut arrêter de participer aux négociations sur les
"restructurations" !
Partout en France, face aux licenciements, les
travailleurs aspirent à ne pas rester isolés entreprise par entreprise. Le
passage du projet de loi Fillon à l'Assemblée en décembre peut être l'occasion
de manifester tous ensemble au grand jour la force des travailleurs.(…)"
Ce qui vaut pour nous dans la métallurgie vaut pour
tous les secteurs. Marc Blondel souligne de manière récurrente dans notre
presse que nous sommes en présence d'un "détricotage"
des garanties collectives des travailleurs, pour lequel le gouvernement a
besoin de "partenaires".
Alors le congrès confédéral doit déclarer que la CGT
Force Ouvrière ne participera pas à ce "détricotage":
qu'il décide de retirer sa signature de l'accord sur la formation
professionnelle, de rompre les concertations ouvertes par le
gouvernement pour mettre en œuvre sa politique et notamment de quitter le
"haut conseil" à l'assurance maladie, mais aussi les groupes
de suivi du plan "hôpital 2007", de boycotter le " débat
national" sur l'école, de rompre les négociations sur les
restructurations avec les responsables du chômage et de la misère, ceux
pour qui même le RMI et l'ASS sont de trop : le Medef et son gouvernement; et
qu'il s'adresse à la CGT pour ensemble s’adresser à tous les salariés pour
organiser la riposte.
Une échéance immédiate se
présente. Chirac dans ses voeux a annoncé une loi (dite) “pour l'emploi” qui
viserait à “alléger les procédures inutiles et les charges excessives qui
entravent leur dynamisme et qui suscitent, chez trop d'entre elles, une sorte
de réticence à embaucher “, en clair, du cousu main pour le patronat.
Chirac a annoncé: “J'ai
demandé au Gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN d'ouvrir, dès le début de
l'année, les concertations avec les partenaires sociaux en vue de faire voter
par le Parlement une grande loi de mobilisation pour l'emploi. “
Le congrès doit affirmer que le rôle de Force Ouvrière
n'est pas d'aider le gouvernement UMP à faire voter sa loi (dite) pour
l'emploi, et donc décider de refuser la “concertation” annoncée, et s'adresser
à la direction CGT pour qu'elle fasse de même.
Le congrès confédéral doit
affirmer: tout doit être mis en oeuvre
pour mettre le gouvernement Chirac-Raffarin hors
d'état de nuire.
Pour cela, encore faut-il être clairs. On ne peut
prétendre, comme pourtant les syndiqués peuvent le lire régulièrement dans les
colonnes de notre hebdomadaire, que le gouvernement serait en quelque sorte
"prisonnier de l'idéologie libérale", ou encore "otage de
Bruxelles" (il n'y a qu'à voir la gifle infligée à la commission sur le
pacte de stabilité et l'échec des négociations sur le projet de
"constitution" de l'UE). Le gouvernement est tout simplement le fondé
de pouvoir du Medef, des grands groupes capitalistes français. Ce qui ne trompe
pas, c’est la présence de Francis Mer, recordman es licenciements,
négociateur du MEDEF pour la Formation Professionnelle, aux Finances. C'est à
ce titre que le gouvernement agit.
Or, la crise économique qui frappe aujourd'hui notre
pays est l'une des plus profondes depuis la guerre et depuis les années 70, les
intervalles séparant les moments d'arrêt économique n'ont eu aucune conséquence
positive sur la classe ouvrière. Historiquement, les travailleurs n'ont jamais
obtenu comme acquis que ce qu'ils arrachaient dans la lutte. Mais aujourd'hui
pour les capitalistes il n'y a plus de "grain à moudre" à lâcher pour
acheter la paix sociale.
Le pourrissement en profondeur de l'économie, les crises
financières à répétition, les défaillances spectaculaires (Enron
ou Parmalat en passant par Alstom),
intiment aux détenteurs des capitaux des exigences sans cesse croissantes pour
repousser une crise majeure vers laquelle roule pourtant l'économie capitaliste
mondiale. Voilà pourquoi, sur tous les continents, dans tous les pays, ce ne
sont que contre-réformes, précarité et chômage de masse qui s'abattent
sur les travailleurs.
Alors l'ennemi, qu'il faut combattre et chercher à vaincre
car l'avenir des travailleurs de ce pays en dépend, c'est le gouvernement
Chirac-Raffarin.
Non au “syndicalisme d’accompagnement” dont la CFDT
nous donne un exemple lumineux. Non au "syndicalisme de proposition"
promu depuis quelques années par la direction confédérale CGT. Non à la
poursuite de la collaboration avec le gouvernement ou le Medef dans des
"discussions" qui ne font que chloroformer les travailleurs et
permettent aux capitalistes d'avancer dans leurs objectifs. L’heure est à
l’organisation de la force unie des travailleurs pour se défendre, pour
défaire le gouvernement et le MEDEF.
Pour cela, pourquoi le congrès ne prendrait-il pas
l'initiative de s'adresser publiquement à toutes les forces (confédérations,
fédérations, partis issus du mouvement ouvrier) dont l'unité peut permettre de
mettre un terme à cette politique, sans être condamnés à attendre les échéances
électorales de 2007? Pourquoi ne pas proposer, et d'abord à la direction de la
CGT, la constitution d'un front uni contre le gouvernement Chirac-Raffarin? Un
tel front, s'il se constituait, ébaucherait une alternative gouvernementale
favorable aux travailleurs et hâterait la fin du gouvernement en place.
Au programme du gouvernement, du Medef, il faut opposer les
revendications les plus vitales pour les travailleurs:
·
le droit au
travail, par l'arrêt des licenciements, la réduction massive du temps de
travail et des embauches massive dans les services publics;
·
le retour aux
37,5 annuités pour une retraite à taux plein, public, privé, ce qui veut dire
abrogation des mesures Balladur et Fillon ;
·
le rattrapage du
pouvoir d'achat perdu et sa garantie par l'indexation des salaires sur les
prix;
·
l'abrogation de
l'arsenal législatif généralisant la flexibilité (lois Balladur, Aubry, etc.),
la précarité;
·
le démantèlement
des lois policières, anti-démocratiques (type Vaillant et Sarkozy); l'arrêt des
privatisations, etc.
Mais en tout état de cause, aller dans cette direction,
aller dans une direction favorable aux travailleurs signifie d'abord et avant
tout pour le congrès prendre position contre la politique du gouvernement
Chirac-Raffarin, contre ce gouvernement, ce qui signifie décider la rupture
avec lui et de tout faire pour le mettre hors d'état de nuire.
Saint
Etienne, le 9 janvier 2004