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Le 28 décembre 2007

Nouvelle crise financière, vers la crise économique :

c ’est le mode de production capitaliste qui est en cause

Une crise financière qui touche au cœur du mode de production capitaliste

Depuis la mi-juillet, les principales places financières sont saisies de convulsions régulières, qui ont pu prendre la forme de mouvements de panique sur les marchés boursiers. Ni les interventions à un niveau sans précédent des banques centrales, ni les baisses successives des taux d’intérêt pratiqués par la réserve fédérale américaine n’ont réussi à faire retomber durablement la fièvre, qui se manifeste encore régulièrement sous forme de brusques rechutes à l’heure où ces lignes sont écrites. Signe que l’infection est sérieuse.

Ce n’est certes pas la première des crises financières qui secouent le mode de production capitaliste depuis que, dans les années 80, les gouvernements bourgeois ont pris les mesures de déréglementation des marchés à même d’élargir la sphère financière pour faire face aux déficits chroniques du capitalisme. Après la crise de la dette des pays dominés au début des années 1980, puis le krach de New-York en 1987, ce furent l’effondrement de la bourse de Tokyo au début des années 1990, la crise qui frappa le Mexique en 1995, celle partie des pays de l’Asie du sud-est en 1997 qui s’étendit à la Russie et au Brésil, puis la crise financière argentine de 2001, et enfin le dégonflement brutal de la bulle des « nouvelles technologies » avec le développement de la récession économique aux Etats-Unis à partir de 2000-2001, pour ne citer que les plus saillantes. 

Aucune de ces crises n’a été une simple répétition des précédentes. Mais la crise actuelle a ceci de particulier qu’elle touche au cœur du système capitaliste, les grandes banques. Lénine soulignait déjà dans L’impérialisme, stade suprême du capitalisme que :

 « Au fur et à mesure que les banques se développent et se concentrent dans un petit nombre d'établissements, elles cessent d'être de modestes intermédiaires pour devenir de tout-puissants monopoles disposant de la presque totalité du capital-argent de l'ensemble des capitalistes et des petits patrons, ainsi que de la plupart des moyens de production et de sources de matières premières d'un pays donné, ou de toute une série de pays. »

Depuis ces écrits, avec le développement extraordinaire du crédit pour repousser les limites du mode de production capitaliste, cette domination des banques n’a fait que se renforcer. Ce qui pousse à son paroxysme cette contradiction que Marx avait noté :

« la banque et le crédit [sont] le moyen le plus puissant de faire dépasser à la production capitaliste ses propres limites et en fait un des véhicules les plus efficaces des crises et de la spéculation. » (le Capital, livre 3, chapitre 36).

Car ce sont bien les banques, les « institutions financières » au sens large, qui sont au cœur de la crise ouverte cet été, dont un des symptômes les plus frappants est que les différentes grandes banques rechignent à se prêter les unes aux autres les milliards nécessaires quotidiennement pour assurer leurs opérations courantes sur les divers marchés financiers.  Autrement dit, l’immense et complexe machine de la finance mondiale s’est grippée et a même frôlé plusieurs fois l’arrêt brutal, la panne. Seule l’ont évitée, jusqu’ici, les interventions des banques centrales, donc, des Etats bourgeois.

Le déclencheur de cette crise financière a été la révélation de pertes d’ampleur sur le marché des prêts immobiliers dits « à risques », les subprimes. Selon une étude de la Deutsche Bank, publiée le 12 novembre, les pertes subies par le secteur bancaire mondial sur ce seul marché atteindraient 400 milliards de dollars. Le même jour, les analystes de la Royal Bank of Scotland estimaient eux les pertes directes à 500 milliards. La combinaison du secret bancaire et de la complexité du système financier expliquent autant ces approximations que l’absence de confiance que se font les banques est fondée. C’est un véritable vertige qui a saisi l’ensemble du secteur bancaire, lequel marche aujourd’hui d’un pas chancelant et risque la chute à chaque pas.

Le catalyseur de la crise financière : la crise de l’immobilier américain

A l’origine immédiate de la crise financière, on trouve donc la défaillance de fonds spécialisés dans l’investissement immobilier aux Etats-Unis, en particulier de deux fonds de la banque d’affaire Bear Stearns qui étaient estimés jusque là à 1,5 milliards de dollars et dont la maison mère annonça le 18 juillet qu’ils ne valaient plus rien, engendrant la première des secousses boursières à répétition.

La crise du marché immobilier américain en tant que tel était largement prévisible : il y a eu surproduction de logements, non pas par rapport aux besoins, mais par rapport à la seule demande qui compte pour les capitalistes, la demande solvable.

Mais le retournement de ce marché a pris un caractère particulièrement brutal à cause des moyens mêmes employés pour nourrir le boom de l’immobilier, élargir artificiellement la demande solvable, au premier chef ces prêts « à risques » dits subprimes.

Que sont ces subprimes ? Des crédits à taux variables, qui peuvent monter jusqu’à l’usure, après avoir débuté relativement bas. Ils sont octroyés le plus souvent sans condition de revenu (pour la moitié de ces crédits, aucun justificatif de revenu n’a été demandé aux emprunteurs !). Comme l’essentiel du crédit à la consommation aux Etats-Unis repose sur la valeur de marché du logement (prêts hypothécaires), « l’astuce » des spécialistes en subprimes était de « vendre » ces prêts aux masses en leur promettant une hausse continue de la valeur de marché de leur logement – donc de leur capacité à rembourser les échéances en s’endettant à nouveau.

Cette cavalerie financière, directement inspirée des méthodes par lesquelles le capitalisme se maintien en vie depuis des décennies, s’est heurtée au mur de la réalité du marché du logement, car dès 2006, les prix de l’immobilier on commencé de chuter. Résultat : rien que cette année, environ deux millions de familles ouvrières (surtout des afro-américains et des hispaniques) devraient être expulsées, jetées à la rue, victimes de ce qu’il faut caractériser comme une scandaleuse escroquerie.

Libération du 14 novembre écrit par exemple au sujet de Cleveland qu’il s’agit par endroits d’une « ville fantôme »:

« La crise du crédit immobilier a laminé Cleveland. A cause des subprimes, des quartiers entiers ont été pratiquement vidés de leur population. Les fenêtres et les portes des maisons sont clouées avec des planches en contreplaqué, comme pour parer à une tempête. Elles n’appartiennent plus à leurs occupants expulsés, mais aux banques qui s’en sont saisies. Des amas de meubles abandonnés gisent sur les pelouses. Des dizaines de milliers de logements sont ainsi laissés aux pillards qui arrachent la plomberie en cuivre, les portes, les fenêtres, les parements en aluminium, pour les revendre au prix de la ferraille. »

La frénésie spéculative a amené les organismes de crédit à distribuer ces prêts à hauteur de 2 450 milliards de dollars (selon l’agence Moody’s), soit l’équivalent du PIB de la France, dont le quart au moins serait susceptible de ne jamais être remboursé. Toutes les expulsions et saisies de biens devenus invendables ne peuvent compenser les pertes colossales que cela implique. Mais ces pertes sont loin d’être circonscrites aux seules sociétés spécialisées dans ces prêts hypothécaires.

« profiteurs, voleurs, spéculateurs et imbéciles » : un portrait du capital financier dans son ensemble


Dans Le Monde  du 8 septembre, Eric Le Boucher vitupérait contre les « profiteurs, spéculateurs et imbéciles » qui seraient responsables de la crise financière, qu’il entend circonscrire à une accumulation d’erreurs de gestion des subprimes, réaffirmant son credo : « La crise n'est pas due à une néfaste "financiarisation" de l'économie. La finance moderne, libéralisée, globalisée, a des vertus immenses. » Les vertus… des voleurs : car Le Boucher, qui connaît bien les cercles dirigeants du capital financier français, en dresse malgré lui un portrait fidèle.

La première raison pour laquelle la crise du marché immobilier américain s’est étendue, c’est qu’en réalité toutes les banques se sont impliquées dans ce système d’escroquerie spéculative. En effet la dette hypothécaire des ménages américains a été traitée comme une marchandise, placée sur les marchés financiers (« titrisée ») à des rémunérations variant selon le risque estimé  de défaillance de l’emprunteur. Cette titrisation a été accompagnée de l’essor de multiples produits dérivés.Directement (via les fonds de pension qu’elles ont créées) ou indirectement, toutes les banques en ont croqué, donc, à commencer par le numéro 1 mondial Citygroup, qui a affiché des pertes records et licencié son PDG, mais aussi bien la BNP-Paribas (n°6 mondial) ou le Crédit Agricole (n°2), ont connu et vont connaître des pertes significatives, d’autant que le pic prévus des remboursement (et donc des défaillances) des subprimes est prévu pour 2008.

Reprenons. Non seulement toutes les banques, à commencer par les plus grandes, sont mouillées jusqu’au cou dans la crise de l’immobilier américain, mais en plus « On découvre avec stupeur, dans cette crise, que les plus grands noms de la place ignorent scandaleusement ce qu'il y a dans leurs livres. » s’indigne Le Boucher, qui poursuit :

«Les banques savent qu'elles vont devoir sortir beaucoup d'argent mais sont incapables de savoir combien ! Elles empruntent des milliards aux banques centrales et, saisies d'horribles craintes sur leur propre santé et sur celle de leurs consoeurs, elles refusent de se prêter entre elles. D'où une vive montée des taux sur le marché interbancaire très pénalisante pour le bon fonctionnement de l'économie réelle. Peur sotte, exagérée, mais éclairante sur la faible confiance de nos banquiers en eux-mêmes. C'est rassurant... »

Que cette peur soit « sotte, exagérée », c’est une appréciation qu’il faut laisser à Le Boucher. Pour preuve, la multitude des faillites bancaires déclarées depuis le mois de juillet. Deux banques allemandes, IKB puis Sachsen, mais surtout la banque britannique Northern Rock, n’ont dû leur salut qu’à l’intervention de banques publiques, ou, dans le dernier cas, de la Bank of England.

C’est la première fois de l’histoire que la Banque d’Angleterre sauve une banque privée, alors que devant ses agences s’allongeaient des files de clients venant retirer leurs économies, dans des scènes qui évoquaient la crise argentine de 2001, sinon les années 1930.

Le fait demeure : depuis la mi juillet les annonces de pertes dans le secteur financier s’accumulent, les taux interbancaires (celui auquel les banques se prêtent les unes aux autres) restent élevés, signe de défiance, et les banques centrales continuent ce qu’elles ont entamé en juillet dernier, à savoir l’injection massive de liquidités pour permettre aux principales banques du monde de se refinancer.

Les Etats bourgeois et leurs banques centrales interviennent

Ce sont des montants en effet sans précédent sur ont été déversés par les banques centrales sur les marchés financiers. La BCE a par exemple injecté 94 milliards d’euros le 9 août, puis 61 le lendemain, tandis que la réserve fédérale américaine mettait sur la table les mêmes jours respectivement 24 et 35 milliards de dollars, sans compter les interventions parallèle des banques centrales britannique, suisse ou japonaise. Ces interventions continuent régulièrement depuis l’été, pour des montants équivalents à ces records de l’histoire de la finance.

La nature de ces interventions doit être précisée. Il s’agit de prêts consentis en dessous du taux interbancaire aux institutions financières qui en font la demande, dont l’essentiel sont des prêts à 24 heures. Autrement dit ce ne sont pas des « cadeaux » pour renflouer les caisses des grandes (et petites) banques, mais une sorte de ballon d’oxygène d’urgence qui vise à empêcher l’asphyxie des banques. Ces interventions n’ont pourtant pas été suffisantes pour faire cesser la panique qui s’était emparée des marchés cet été, et c’est pourquoi le 17 août la banque fédérale a baissé son taux d’escompte d’un demi point (dans la foulée d’une nouvelle chute spectaculaire des marchés boursiers), pour faciliter le refinancement des banques, d’une part, mais aussi pour soutenir le marché des actions. En effet, la baisse des taux d’intérêts a tendance à faire baisser le rendement des placements sur les obligations et donc à rendre comparativement plus juteux le marché des actions.

Il faut par contre insister : les banques centrales ne sont pas « indépendantes » des gouvernements, des Etats, du capital financier. Y compris la Banque Centrale Européenne dont le conseil de gouvernance est composé majoritairement de représentants des banques centrales des pays de la zone euro. Leur intervention concertée au mois d’août, tout comme l’intervention du gouvernement allemand pour empêcher la faillite d’IKB et de Sachsen, ou celle du gouvernement britannique s’agissant de Northern Rock (pour un montant de 80 milliards), est illustrative d’une tendance de fond qui n’a cessé de s’accentuer ces dernières décennies, au contraire de ce que prétendent les tenants de la « mondialisation » : l’intervention sans cesse croissante des Etats dans l’économie, directement et indirectement (par les subventions et autres baisses des « charges sociales » qui signifient la pise en charge par l’Etat d’une part croissante du salaire différé), ou encore en  développant le colossal volant d’entraînement de l’économie qu’est le secteur des forces de destruction, de l’armement.

Ces nouvelles interventions, sur le marché du crédit, pour éviter les faillites indiquées plus haut, et en baissant les taux d’intérêts de la réserve fédérale américaine, ont incontestablement limité les effets de cette crise, même si, nous y reviendrons, elles en préparent d’autres plus explosives encore.  Mais ces effets n’en sont pas pour autant éteints, d’autant que cette crise financière est un signe précurseur, autant qu’un catalyseur, d’un ralentissement économique qui se manifeste d’ores et déjà aux Etats-Unis.

En toile de fond : le ralentissement économique aux Etats-Unis…


Ce n’est pas une nouveauté que les crises dans le secteur de l’immobilier soient des oiseaux de mauvais augure pour l’ensemble de l’économie. Il n’en va pas autrement cette fois-ci puisque les différents « experts » en économie qui sévissent outre-atlantique prévoient tous une année 2008 particulièrement mauvaise économiquement.

Les chiffres publiés par le FMI dans son dernier rapport semestriel permettent de comprendre que la crise de l’immobilier n’intervient pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. En effet, ces données montrent que dès 2006, la croissance de l’investissement productif aux USA était revenue à moins de 3%, et qu’en 2007 elle sera négative. Or ces investissements sont en relation directe avec le taux de profit attendu par les capitalistes. La production industrielle quant à elle avait commencé à donner des signes d’essoufflement fin 2006. Il est remarquable que cet infléchissement à la baisse de la croissance économique des Etats-Unis se soit manifesté finalement si peu de temps après l’enclenchement de la reprise de 2002-2003 – un temps plus court que celui qui avait séparé les précédentes récessions (environ 10 ans).

Un secteur économique en particulier retient l’attention : celui de l’automobile dont le poids reste considérable. General Motors cumule les pertes, notamment un record de 10 milliards de dollars en 2005, un record que Ford de son côté a battu en 2006 (record historique de 12,7 milliards de dollars). Quant à Chrysler, également récidiviste en matière de pertes, le groupe Daimler s’en est débarrassé et c’est un fonds d’investissement spécialisé dans la vente à la découpe, Cerberus, qui s’en est emparé.

Ce sont sans aucun doute ces prémisses d’un ralentissement économique (la baisse des taux souvent est synonyme, disait Marx, d’une baisse du taux de profit) qui ont accéléré la venue d’une crise immobilière qui aurait eu lieu de toute façon comme nous l’avons vu plus haut. Mais à son tour, cette crise de l’immobilier est un véritable catalyseur d’une crise économique aux Etats-Unis. En effet, la « consommation des ménages » a été soutenue ces dernières années (participant de manière décisive à l’augmentation soutenue du PIB). Or cette consommation effrénée était possible sur la base de la hausse des prix de l’immobilier, puisque c’est sur celle-ci, nous l’avons mentionné, et non sur les salaires, que sont basés les crédits à la consommation (au point que, en 2005, le taux d’épargne des ménages est devenu … négatif !).

Le retournement du marché de l’immobilier signifie donc une contraction plus ou moins brutale des crédits à la consommation, de la capacité d’endettement (déjà poussée très loin) et donc de consommation des « ménages » américains, laquelle absorbe jusqu’ici le flot des marchandises venues du monde entier.

La crise de l’immobilier est donc un catalyseur d’une crise économique qui couvait, et elle en est aussi un prodigieux accélérateur (ainsi que nous l’avions apprécié dès 2005 dans CPS nouvelle série n°21).

…et ses conséquences probables

C’est une certitude : le ralentissement de l’économie américaine va se propager à l’ensemble de l’économie mondiale en quelques mois, comme ce fut le cas lors de chaque récession précédente, naturellement dans la mesure où le marché intérieur US est un des principaux débouchés pour les marchandises venues du monde entier. Cette fois-ci ce devrait être plus rapide encore, dans la mesure où ce sont les banques, non seulement américaines, mais des principaux pays capitalistes, qui sont touchées de plein fouet par la crise financière, et que cela implique une restriction plus ou moins grande des crédits que ces banques injectent dans l’économie.  D’ores et déjà on peut constater que les prévisions pour 2008 augurent d’un net ralentissement de la croissance des principaux pays capitalistes, sous les 2%.

Dans ce cadre, l’un des pays sur lequel de sérieuses menaces planent est la Chine, devenue ces dernières années en apparence un eldorado pour les capitalistes, et qui est devenue le théâtre d’une véritable orgie de surinvestissement et de surspéculation. Il n’est d’ailleurs pas inutile de rappeler que le premier krach boursier de l’année 2007 s’est produit en février, à Shanghai. Certes, la Chine connaît une croissance spectaculaire, produit des conditions exceptionnelles que la bureaucratie chinoise a réunies au compte des investissements étrangers : une main d’œuvre qualifiée et bon marché maintenue sous la botte de l’appareil d’Etat (et du parti). La restauration du capitalisme en Chine a transformé ce pays en paradis pour les capitaux (et en enfer pour les masses précipitées par la dictature corrompue dans une exploitation d’une brutalité inouïe dont les exemples abondent).

Mais c’est une croissance totalement déséquilibrée qui peut l’entraîner droit dans le fossé. Non seulement les différenciations sociales dans le pays, notamment entre villes et campagnes, entre la côte et l’intérieur, continuent d’y engendrer d’importantes tensions (auxquelles le dernier congrès du PC Chinois a entièrement été consacré), mais encore cette croissance repose fondamentalement sur les exportations de produits de consommation. Certes, ces dernières années, la bureaucratie de l’Etat a réussi à étendre la gamme de « l’atelier du monde »  à des produits technologiquement de plus en plus sophistiqués, du textile et des jouets aux produits de la téléphonie et de l’informatique, par exemple. Elle s’est aussi employée et s’emploie à utiliser sa position concurrentielle pour obtenir d’importants transferts de technologies, ou encore investir en Afrique, dans le but de diminuer sa dépendance vis-à-vis des grands groupes capitalistes qui ont en partie colonisé le pays (les investissements directs en Chine ont été en moyenne ces trois dernières années de 70 milliards de dollars par an).

Mais aujourd’hui, l’économie chinoise dépend pour 70% de ses exportations, dont la moitié est absorbée par les Etats-Unis et le Japon. Dans ces conditions, le ralentissement économique de ces deux pays, la baisse attendue de la consommation, ne peut qu’avoir des effets potentiellement dévastateurs sur l’économie chinoise, et y précipiter à son tour, sinon un krach monétaire (contrairement aux pays d’Asie du sud-est en 1997, les réserves de change de la Chine sont colossales), du moins un krach boursier ou … immobilier, secteur où une bulle spéculative importante est formée aussi en Chine.

Un bilan du tournant de la politique financière américaine de 2001


On ne peut saisir pleinement la portée de la crise financière et économique actuelle sans revenir sur le tournant engagé e, 2001 dans la politique économique des Etats-Unis. Rappelons ce qu’il en a été : pour faire face à la récession qui s’annonçait dans l’industrie dès la fin 2000, et mettant à profit l’impact des attentats du 11 septembre, la bourgeoisie américaine (le gouvernement, la réserve fédérale), ont diminué à grande vitesse les taux d’intérêts, ouvrant ainsi en grand les vannes du crédit pour permettre aux entreprises de repousser les échéances ; parallèlement, les déficits budgétaires qui avaient diminué les années précédentes ont à nouveau été creusés, la dépense publique servant de volant d’entraînement à l’ensemble de l’économie, à commencer par les dépenses militaires qui ont fait un nouveau bond en avant pour mener les guerres impérialistes d’Afghanistan et d’Irak.

Le simple fait que la phase de croissance ainsi engagée soit parvenue à son terme en quelques années vaut bilan. Comme le soulignait Stiglitz dans une interview aux Echos en août:

« Le fort surinvestissement des années 90 ayant été l’une des causes de la récession, la baisse des taux n’a pas tellement stimulé l’investissement. L’économie a prospéré, mais essentiellement parce que les familles américaines ont été incitées à s’endetter davantage ».

Stiglitz tord le bâton : si l’on se réfère aux chiffres donnés par le FMI dans son rapport d’octobre, l’investissement productif a redémarré en 2003-2004 aux Etats-Unis, mais autour de 6%, soit effectivement bien moins que les taux atteint vers la fin des années 90. Et dès 2006 ce taux (de « formation brute de capital fixe ») était redescendu à 2,6%. Et c’est donc bien en effet l’endettement des familles américaines (dont le taux d’épargne, on l’a vu, est devenu négatif – de même qu’en Grande-Bretagne) permis par la baisse des taux, et notamment dans le secteur immobilier, qui a soutenu la croissance.

Autrement dit, l’ampleur de la crise des subprimes découle directement  du tournant pris dans la politique économique de l’impérialisme américain, tournant que la bourgeoisie US a tenté de clore en remontant ses taux, mais dont le bilan s’avère un échec, et qui, de plus, a engendré de nouveaux problèmes dont la crise du subprime n’est qu’un des aspects.

Un nouvel afflux de capital fictif, flottant et spéculatif…

En diminuant brutalement les taux d’intérêt à partir de fin 2001, la bourgeoisie américaine a facilité le recours à l’emprunt, ce qui a engendré la création d’un nouveau torrent de dollars cherchant à s’investir partout où cela leur était possible pour être rentabilisés, tandis que le nouveau recours aux déficits publics ajoutait à cette masse de monnaie de crédit un nouvel afflux de titres d’emprunt d’Etat libellés en dollar placés sur les marchés financiers à des taux eux aussi relativement bas. Cette masse de capital fictif, flottant, spéculatif, ne s’est donc on vient de le voir que partiellement investie dans la production. Leur mise en valeur s’est donc effectuée ailleurs. Une part de ce flux s’est dirigée vers les marchés boursiers, qui en ont été soutenus, certes, mais cette part a été limitée par le souvenir cuisant des débâcles boursières de la fin des années 90, qu’il s’agisse de l’effondrement des « marchés émergents », de la faillite du fonds LCTM,  ou enfin de l’effondrement du Nasdaq, marché boursier des valeurs des « nouvelles technologies ». Ce flux vers les marchés financiers a été néanmoins suffisant pour que reviennent à la mode les immenses opérations de fusion/acquisition, de rachat d’entreprises financés par le recours à l’emprunt (« LBO »), bref pour nourrir l’activité des divers fonds de pension. Ces derniers, il faut le souligner, sont montrés régulièrement du doigt par les appareils syndicaux de tous pays à cause de leurs exigences particulièrement élevées de retour sur investissement (15%). Il s’agit en fait pour les bureaucraties syndicales d’opposer le « bon » capitaliste traditionnel, aux nouveaux acteurs de la finance mondiale, alors que cette dernière s’est développée précisément pour permettre à l’accumulation productive de se poursuivre. Mais cette exigence de retour sur investissement si élevée est d’abord un indice de ce qui est nécessaire aujourd’hui au capital financier pour éviter que l’immense masse de capital fictif accumulé ne s’effondre comme un château de cartes.

Ce sont donc de nouveaux terrains de chasse que les rapaces de la finance ont cherché à investir. Les investissements directs se sont aussi déversés comme on le sait vers des pays comme la Chine ou l’Inde. Mais la spéculation financière s’est surtout emparée d’autres secteurs.

… provoquant une flambée de la pierre, des métaux, des matières premières, flambée criminelle

C’est en effet à partir de 2002-2003 que le cours des matières premières (et aussi de l’immobilier, quoique dans ce cas les ressorts de la hausse soient multiples) s’est mis à flamber. Ainsi, l’indice HWWI des matières premières indique que celles-ci n’ont augmenté en moyenne que de 1,3% sur la période 1996-2002, mais qu’entre 2003 et 2006, leur prix a grimpé 23,5% par an en moyenne, la palme revenant aux métaux qui ont augmenté de 30% en moyenne, avec des flambées fulgurantes pour le zinc ou le cuivre. L’or quant à lui a atteint ses plus hauts niveaux depuis les débuts de la crise économique de 1980 – lorsque le dollar menaçait de s’effondrer et qu’une vague mondiale d’inflation précipita le tournant « monétariste » de la politique économique nord-américaine. Quant aux produits agricoles, restés dans un premier temps un peu en retrait de cette flambée spéculative, ils ont crû globalement sur le seul premier semestre 2007 de 23%. L’économiste Adam Prashak, interviewé par Les Echos du 22 octobre affirme que : « Le panier d'importations alimentaires des pays les moins avancés va coûter 90 % de plus en 2007 qu'en 2000 !

La spéculation joue certes à partir de données objectives, mais pour l’essentiel elle se nourrit d’elle-même. S’agissant des céréales, par exemple, se conjuguent d’une part les mauvaises récoltes australiennes ou ukrainiennes de 2006, mais aussi la production des « bio-carburants » aux Etats-Unis, qui vont accaparer pas moins du tiers de la production de maïs de ce pays. Mais la flambée des cours n’en est pas moins spéculative, poussée notamment par les mouvements sur les marchés des »futures », des contrats à terme sur les céréales. Cette flambée spéculative – et la production de « biocarburants » - est criminelle. La hausse des prix de l’alimentation de base a déjà entraîné des émeutes au Mexique, au Maroc, au Sénégal… Ce n’est qu’un début : ces soulèvements de la faim expriment le fait que les conditions de vie, déjà particulièrement difficiles dans les plus pauvres des pays dominés par l’impérialisme, risque de devenir impossible. De nouvelles victimes risquent de s’ajouter aux 100 000 morts de faim quotidiens dans le monde, victimes du capitalisme pourrissant (dont les dirigeants ne sont pas avares que d’une seule chose : les promesses de lutte « contre la faim dans le monde »).

L’exemple du pétrole illustre parfaitement le caractère spéculatif de la flambée des matières premières. En effet, la demande mondiale de pétrole a crû de 1,7% en 2005, 0,9% en 2006, et la prévision pour 2007 est de 1,7%. Or le cours de l’or noir exprimé en dollar a triplé depuis 2004, du fait de la spéculation mais aussi des calculs de l’Opep visant à limiter la hausse de la production, sans oublier les capacités de raffinage limitées. Comme le rapporte Le Monde du 19 octobre 2007 :

Les achats par les investisseurs étrangers ont fait augmenter les prix, ce qui a attiré de nouveaux spéculateurs sur le marché. "Cela devient une prophétie qui se réalise par elle-même", estime Brad Samples, analyste chez Summit Energy Services à Louisville, dans le Kentucky. Beaucoup estiment ainsi que les fondamentaux du marché ne justifient pas un baril à 90 dollars et que des investissements spéculatifs sont les vrais responsables de la flambée des cours. »

Chute du dollar, risque de crise monétaire aiguë, risques d’une vague d’inflation mondiale


Une dernière conséquence de la nouvelle vague de crédit engendrée par le tournant de la politique économique des Etats-Unis en 2001 doit être soulignée : c’est la chute du cours du dollar, lui aussi revenu à de niveaux proches de ceux du début des années 1980. En effet, l’inflation de monnaie de crédit libellé en dollar, d’une part, la nouvelle expansion des déficits publics d’autre part (la guerre impérialiste en Irak coûte 8 milliards de dollars par mois), conjugué aux colossaux déficits commerciaux des Etats-Unis, ne pouvaient que pousser le dollar à la baisse.

Or la nouvelle baisse des taux d’intérêts de la réserve fédérale américaine (déjà un point depuis l’éclatement de la crise financière) signifie la baisse de la rémunération des placements en dollar, et donc un nouveau facteur poussant à la dépréciation de cette monnaie.Certes, l’avantage compétitif ainsi offert aux groupes capitalistes des Etats-Unis est incontestable. C’en est un signe que l’inquiétude nouvelle de l’ensemble des pays de la zone euro, à commencer par l’impérialisme allemand qui a commencé, fin novembre, à manifester son souci par rapport à la hausse de l’euro, souci jusque lors laissé au seul impérialisme français dont la position sur le marché mondial est effectivement moins confortable. Mais ce serait une erreur de croire que l’impérialisme US manipule le dollar à sa guise ainsi qu’on lance un yo-yo. Ce sont les éléments fondamentaux de la situation économique qui s’expriment au travers de la baisse du dollar, et tout particulièrement l’inflation d’actifs financiers libellés dans cette monnaie, inflation permise par la place centrale qu’occupe le dollar dans le système monétaire international depuis la seconde guerre mondiale, principale monnaie de réserve, ce qui permet à l’impérialisme US de faire prendre en charge ses déséquilibres financiers par ses principaux concurrents.

Seul empêche aujourd’hui l’effondrement de cette monnaie l’achat en masse de titres de la dette publique par la Chine et le Japon, qui en sont les principaux détenteurs aujourd’hui. A vrai dire, ils n’ont pas plus le choix que n’en ont eu les pays capitalistes qui par le passé se sont relayées pour financer les déficits chroniques de l’impérialisme américain, en particulier la Chine, dont la monnaie est indexée sur un panier de monnaies dans lequel le dollar est majoritaire, mais qui surtout serait la première victime collatérale d’un effondrement du dollar avec toutes les conséquences dislocatrices que cela entraînerait sur le marché mondial et des échanges commerciaux. Cet achat massif de titres du trésor américain reflète donc d’abord un lien du subordination et non de domination.

Enfin, l’ampleur actuelle de la baisse du dollar, conjuguée avec la hausse des prix des matières premières, fait se lever une nouvelle menace sur l’économie mondiale, celle d’une vague d’inflation. Ainsi le 17 décembre, les marchés boursiers mondiaux ont à nouveau rechuté, selon une dépêche Afp du même jour, « les investisseurs craignant que l'inflation aux Etats-Unis n'empêche la Réserve fédérale (Fed) de continuer à soutenir l'économie américaine engluée dans la crise du "subprime".»

Significativement, cette baisse des places financières intervenait après que les banques centrales aient, de manière coordonnée, annoncé l’ouverture de lignes de crédit bon marché aux banques qui en feraient la demande, ce qui, selon cette même dépêche, entraîna la réaction suivante des courtiers :

« c'était de penser que le problème devait être vraiment très sérieux pour qu'elles agissent ainsi »

En perspective : l’effondrement brutal du château de cartes de la finance mondiale

Le « problème sérieux » qui est posé par la crise financière actuelle, c’est celui de la pérennité des moyens employés par le capitalisme depuis la seconde guerre mondiale pour repousser sans cesse ses propres limites. En effet, malgré la destruction de l’Europe, du Japon, malgré la place dominante acquise par l’impérialisme US, autour duquel s’est reconstruit le marché mondial, les limites du capitalisme se sont vite manifestées et ont exigé pour ne pas engendrer une crise économique majeure le recours à l’intervention étatique sous la forme notamment de l’économie d’armement, secteur offrant des débouchés artificiels à l’économie, et plus généralement de l’intervention étatique au service des principaux groupes industriels, au centre duquel le recours au crédit. Ce parasitisme économique s’est traduit par la réapparition de déficits publics au sujet desquels ce qu’écrivit Marx dans le capital s’applique parfaitement :

« La dette publique a donné le branle aux sociétés par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l'agiotage, en somme, aux jeux de bourse et à la bancocratie moderne. »  (K.Marx, Le Capital, Livre I, ch. 31).

Le capital fictif (titre de dettes, actions, etc.) s’est mis à couler à flot, d’autant que les limites à son émission ont été levées, d’abord en supprimant toute relation entre le dollar et l’or (le 15 août 1971), puis par la libéralisation des marchés financiers qui a permis d’élargir la sphère de circulation de cette sorte de capital. Or ce capital fictif, « cette espèce de richesse financière imaginaire ne constitue pas seulement une partie fort importante de la fortune des particuliers, c’est aussi, nous l’avons vu, une portion notable du capital du banquier » (Le Capital, livre 3, chapitre XXIX).

L’accumulation de dettes, les crédits de cavalerie sur une échelle gigantesque, dont les banques sont au cœur, ont permis de repousser l’échéance d’une crise dislocatrice du marché mondial… tout en réunissant les conditions pour que cette crise revête les dimensions d’un cataclysme.

On peut aussi retrouver dans Le Monde Diplomatique de novembre 2007, sous la plume de François Chesnais, cette perspective d’une « très grande crise du système capitaliste mondial ».  Mais Chesnais (qui pose parfois au « marxiste ») a sa solution : « l’absolue nécessité d’une responsabilité partagée de la régulation des monnaies », qu’il espère voir se réaliser avant la « très grande crise », mais au pis après une telle crise qui aurait comme conséquence selon lui de « recréer les fondements d’une régulation monétaire et financière », à laquelle ne s’opposerait, poursuit Chesnais, que l’impérialisme US : « les Etats-Unis  s’y sont toujours opposés en raison des privilèges qu’ils tirent du régime de semi-étalon dollar ».

Le b-a ba pour un marxiste est de se situer du point de vue de la classe ouvrière, et non de placer ses espoirs en une « régulation monétaire » dont les gouvernements capitalistes au pouvoir auraient la charge. La crise économique majeure qui est à l’ordre du jour, si elle venait à se produire, aurait des conséquences terribles sur le prolétariat mondial, y compris dans les pays capitalistes dominants. Et une fois de plus, la seule « régulation » que connaît le capitalisme, la crise, ne pourrait être surmontée que de deux façons : soit en expropriant le capital, soit, sous la domination du capital, par la destruction des derniers acquis ouvriers de sorte à baisser encore le prix de la force de travail et de relancer ainsi l’accumulation en accroissant le degré d’exploitation des ouvriers.

D’ailleurs, ces dernières années, si les ralentissements économiques n’ont pas abouti à un krach financier et monétaire, c’est qu’un répit a été obtenu par le régime capitaliste en réintégrant dans le marché mondial les pays où le capital avait été exproprié, et en mettant à profit politiquement cette victoire pour décupler leurs coup contre leurs prolétariats. Et il n’en va pas autrement aujourd’hui. La hantise du krach explique la hâte avec laquelle, dans des conditions politiques déterminées, les gouvernements réactionnaires au pouvoir en Europe, au Japon ou aux Etats-Unis enchaînent les contre-réformes… avec le soutien des appareils syndicaux.

Un exemple frappant vient d’en être fourni à General Motors. La direction de cette entreprise vient d’obtenir la signature de la bureaucratie du syndicat de l’automobile, l’UAW, sur un accord qui permet aux dirigeants de l’entreprise de se débarrasser de toutes les prestations sociales versées aux centaines de milliers de retraités, désormais gérées par un fonds de pension… géré directement par l’appareil syndical, lequel n’a appelé à la grève (2 jours) que pour obtenir un versement « pour solde tout compte» plus important. Ce fonds de pension pour les retraités devient aussi une maison de retraite pour apparatchiks syndicaux, alors que l’organisation syndicale se décompose (les effectifs ont chuté de 30% en 4 ans). Liquider ces prestations était un impératif pour le management afin de restaurer la « compétitivité » de GM (mais l’accord signé servira de modèle pour Ford ou Chrysler). Les dirigeants syndicaux non seulement rendent ce service décisif au patrons, mais prennent eux même en charge la gestion de la liquidation des acquis des ouvriers de l’automobile aux USA. La raison fondamentale en est qu’ils s’inscrivent totalement dans le cadre du capitalisme et en acceptent donc les conséquences ultimes. C’est sur une autre orientation qu’il est nécessaire de combattre.

Face aux conséquences de la crise : une politique ouvrière révolutionnaire

Ce qu’il faut exiger et imposer aux organisations du mouvement ouvrier, partis et syndicats, c’est qu’elles reprennent à leur compte les revendications que la crise actuelle rend vitales, comme le combat contre toute expulsion, ou l’annulation de la dette des familles ouvrières et populaires. Aux escrocs de l’immobilier et du crédit de faire face à leur propre faillite ! C’est aussi d’exiger le blocage des prix des denrées de première nécessité, et le rattrapage du pouvoir d’achat perdu ainsi que sa garantie par l’indexation des salaires sur les prix, étant entendu que ce n’est pas à l’Etat mais aux organisations syndicales d’établir un indice des prix réellement significatif.

Au-delà, la crise bancaire et financière donne une actualité brûlante à ces lignes du programme de transition de la IV° Internationale :

Impossible de faire un seul pas sérieux dans la lutte contre le despotisme des monopoles et l'anarchie capitaliste, qui se complètent l'un l'autre dans leur oeuvre de destruction, si on laisse les leviers de commande des banques dans les mains des rapaces capitalistes.

Afin de réaliser un système unique d'investissement et de crédit, selon un plan rationnel qui corresponde aux intérêts du peuple tout entier, il faut fusionner toutes les banques dans une institution nationale unique. Seules, l'expropriation des banques privées et la concentration de tout le système de crédit entre les mains de l'État mettront à la disposition de celui-ci les moyens nécessaires réels, c'est-à-dire matériels et non pas seulement fictifs et bureaucratiques, pour la planification économique.

L'expropriation des banques ne signifie en aucun cas l'expropriation des petits dépôts bancaires. Au contraire : pour les petits déposants, la banque d’Etat unique pourra créer des conditions plus favorables que dans les banques privées. De la même façon, seule, la banque d'État pourra établir pour les fermiers, les artisans et les petits commerçants des conditions de crédit privilégiées, c'est-à-dire à bon marché. Néanmoins, plus important encore est le fait que toute l'économie, avant tout l'industrie lourde et les transports, dirigée par un état-major financier unique, servira les intérêts vitaux des ouvriers et de tous les autres travailleurs.

Et ce programme conclut sur la nécessité la plus vitale, celle que doit dicter à tout travailleur, tout jeune conscient, la situation actuelle : la prise du pouvoir par le prolétariat

Cependant, l'étatisation des banques ne donnera ces résultats favorables que si le pouvoir d'État lui-même passe entièrement des mains des exploiteurs aux mains des travailleurs.

La nouvelle crise financière qui se déroule aujourd’hui est un élément fondamental qui doit pousser au combat pour la construction de l’instrument indispensable pour cela : le parti ouvrier révolutionnaire.

Le 28 décembre 2007

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